Afin de faire cesser la dissemblance, peu logique et pleine
d'inconvénients en campagne, qui existait entre la tenue en capote des
officiers d'infanterie et celle de la troupe, le ministre de la Guerre a
adopté, pour le cadre, un manteau gris de fer bleuté, de même couleur
que la capote des soldats. Le modèle de ce manteau, établi sur les
données du général Dubail, président de la commission des uniformes, a
été dessiné par M. Georges Carette, le grand tailleur, qui est aussi un
artiste de talent--auteur de l'aquarelle que nous ne pouvons reproduire
ici qu'en soi--et dont les formes de coupe ont été publiées au _Bulletin
officiel_.
Les officiers porteront ce vêtement dans toutes les circonstances où les
hommes seront en capote, par conséquent en campagne. Pour la grande
tenue, les officiers auront les épaulettes sur la capote, avec un
ceinturon or et bleu. Pour la tenue de jour, le ceinturon ordinaire se
portera en dessous, la bélière sortant par une fente verticale pour
soutenir le sabre. En tenue de cheval, l'officier ajoutera une pèlerine
mobile.
Ainsi les troupes d'infanterie, avec leurs officiers, auront désormais
un aspect gris bleu uniforme qui, en temps de guerre, empêchera les
officiers d'être spécialement le point de mire de l'ennemi, et qui, en
temps de paix, rapprochera davantage encore si possible le soldat de son
chef sans que la discipline et le respect hiérarchique aient le moins du
monde à en souffrir.
LA PENTECOTE
DES «ÉCLAIREURS DE FRANCE»
Nos vaillants petits Eclaireurs ont mis à profit les vacances de la
Pentecôte: ayant deux jours entiers de liberté, ils les ont passés,
suivant les bons préceptes du scoutisme, en plein air, dans un camp
improvisé aux environs de Paris. Le ministre de la Guerre avait mis à
leur disposition les terrains du génie militaire situés en bordure de la
route qui mène de Versailles à Saint-Cyr: c'est là que, dimanche matin,
ils plantèrent leurs tentes, et qu'ils furent passés en revue par le
colonel Bouttieaux, représentant le général Hirschauer, inspecteur de
l'aéronautique militaire, et le commandant Richard, accompagnés de M.
André Chéradame, président de l'Association des Éclaireurs. La journée
se termina par une visite au champ d'aviation de Saint-Cyr, sous la
conduite du commandant Richard, qui donna aux boy-scouts toutes les
explications attendues par leurs jeunes curiosités: ils assistèrent à
une ascension en ballon sphérique captif, à une sortie du dirigeable le
_Temps_, piloté par le capitaine Peaucellier, et à de belles envolées
d'aéroplanes.
Le lendemain, après avoir bravement couché à la belle étoile, malgré le
temps peu favorable, les Eclaireurs, réveillés de bonne heure par la
diane, recommencèrent leurs exercices. Les travaux du camp et la visite
de l'École de Saint-Cyr, où les reçut le général Bigot, remplirent la
matinée. L'après-midi, on leur montra un lâcher de pigeons militaires,
puis ils procédèrent eux-mêmes au gonflement et au lancement d'un ballon
sphérique.
[Illustration: La revue des équipes, devant les tentes, par le colonel
Bouttieaux.]
[Illustration: Exercice d'aéronautique: préparatifs de lancement d'un
sphérique.]
AU CAMP DES JEUNES ECLAIREURS DE FRANCE, ENTRE VERSAILLES ET
SAINT-CYR.--Phot. L. Gimpel.