[Note 4: _Histoire de la dernière guerre entre la Grande-Bretagne
et les Etats-Unis d'Amérique, de 1775 à 1783_, par Julien Odet Le
Bouchet. Paris, 1787, in-4°. _Relation des combats et des événements
de la guerre maritime_, par Y.J. Kerguélen, ancien contre-amiral.
Paris, 1796.]
[Note 5: Voir la _Notice biographique_ que j'ai consacrée à l'auteur
de ce journal.]
[Note 6: Voir _Revue militaire française_, 1869.]
[Note 7: Voir _Notices biographiques_.]
Aucune partie de ce journal n'a été publiée, et je n'ai trouvé nulle
part de renseignements imprimés sur l'auteur; mais son petit-fils,
chef actuel de la famille, a bien voulu me communiquer des documents
et des détails importants. Il était aide-major général de l'armée de
Rochambeau (_Blanchard_), mais il fut promu en novembre 1781 au grade
de major-général. Ce manuscrit inédit offre aussi le plus grand
intérêt par une exactitude de détails bien rare dans les écrits de ce
temps qui me sont parvenus.
MÉMOIRES DE GEORGES-ARISTIDE-AUBERT DUPETIT-THOUARS, capitaine de
vaisseau: manuscrit.
Ces mémoires sont relatifs à la guerre d'Amérique de 1779 à 1783, et
leur auteur les destinait à l'impression. Ils ne contiennent que de
faibles lacunes.
La _Biographie maritime_, ouvrage que j'ai utilement consulté[8], dit:
«Dupetit-Thouars a laissé plusieurs manuscrits, que sa soeur, Mlle
Félicité Dupetit-Thouars, a réunis en 3 _volumes in_-8°, sous le
titre de LETTRES, MÉMOIRES ET OPUSCULES d'Aristide DUPETIT-THOUARS,
capitaine de vaisseau, enseveli sous les débris du _Tonnant_, au
combat d'Aboukir, ouvrage dont nous nous sommes beaucoup aidé pour la
rédaction de cette notice.»
Or Guérard[9] dit qu'un seul volume fut publié par le frère et la
soeur.[10] «Il contient, dit-il, une longue lettre sur la guerre de
1778-83 adressée au commandant Du Lomieu en 1785, où l'on reconnaît le
capitaine instruit et avide d'enrichir la science de faits nouveaux.»
[Note 8: Il porte comme sous-titre: _Notices historiques sur la vie et
les campagnes des marins célèbres_, par Hennequin, chef de bureau au
ministère de la marine, 3 vol. in-8. Paris, Regnault, 1837.]
[Note 9: _La France littéraire ou la littérature contemporaine_.
Paris, 1842.]
[Note 10: Chez Dentu et Arthur Béchard. Paris, 1822, in-8. Livre que
je n'ai trouvé nulle part.]
Le manuscrit que je possède ne se rapporte nullement à cette
indication, et renferme des lettres et des renseignements qui me
donnent tout lieu de croire qu'il n'a jamais été publié et qu'il
n'est pas de la main du capitaine Dupetit-Thouars lui-même, malgré
l'affirmation de l'expert, M. Chavaray, consignée dans son catalogue
et répétée dans la pièce qui constate l'authenticité de ce manuscrit.
Je pense qu'il a été dressé sur les notes du capitaine, par son frère
le botaniste.
Bien que l'histoire des campagnes maritimes ait été très-exactement
et très-complètement écrite, comme je l'ai constaté plus haut, les
mémoires de Dupetit-Thouars m'ont fourni d'utiles renseignements
sur les mouvements des flottes et aussi de l'armée de terre, en
particulier au siège de Savannah.
J'ai acquis ce manuscrit chez M. Chavaray, à Paris, le 7 décembre
1869. M. Margry, le savant archiviste du ministère de la marine, qui
a bien voulu appeler mon attention sur ce document avant la vente
publique pour laquelle il était annoncé, exprime l'opinion qu'il
contenait des faits et des informations d'une grande valeur pour les
archives de la marine.
Journal de mon séjour en Amérique, depuis mon départ de
France, en mars 1780, jusqu'au 19 octobre 1781. Manuscrit anonyme
inédit.
Une copie de ce manuscrit a été vendue à Paris en 1868, et je dois
à l'obligeance de M. Norton, l'acquéreur, d'en avoir pu prendre
connaissance. Celle que je possède est rectifiée en quelques points
et est augmentée de nouveaux documents. Elles ne semblent, du reste,
l'une et l'autre que des copies des notes laissées par un aide de camp
de Rochambeau; car non-seulement les noms des villes et des rivières
traversées par les troupes françaises y sont défigurés au point d'être
méconnaissables; mais même les noms des officiers de cette armée. Or
ceux-ci devaient être bien connus de l'auteur du manuscrit.
Quoi qu'il en soit, il donne des renseignements intéressants sur la
marche des troupes, sur le siège d'York et sur la société américaine à
cette époque.
Quant au nom de l'auteur, je crois pouvoir affirmer que c'est
Cromot-Dubourg, et voici sur quelles raisons repose mon opinion.
Les aides de camp de M. de Rochambeau, étaient, au rapport de
Blanchard[11], de Dumas[12] et de M. de Rochambeau lui-même[13]:--De
Fersen,--de Damas,--Charles de Lameth,--de Closen,--Collot,--Mathieu
Dumas,--de Lauberdières,--de Vauban,--de Charìus,--les frères
Berthier,--Cromot-Dubourg.
La lecture du journal dont il s'agit nous apprend que son auteur passa
en Amérique sur la frégate _la Concorde_[14]. Cette frégate portait
le nouveau chef de l'escadre française, M. de Barras, le vicomte de
Rochambeau[15] et M. d'Alphéran, lieutenant de vaisseau[16]. Je n'ai
pu trouver aucune trace de la liste des passagers de la _Concorde_, ni
dans les archives de la Guerre, ni dans celles de la Marine, ni dans
aucun des nombreux ouvrages que j'ai consultés. J'observe de plus
par la lecture de ce manuscrit que son auteur était jeune, âgé de
vingt-cinq à trente ans _et qu'il n'avait pas encore assisté à une
seule action, ni entendu de coups de feu_.
[Note 11: Manuscrit journal.]
[Note 12: _Souvenirs_, publiés par son fils. Paris, 1839, I, 25, 70.]
[Note 13: _Mémoires de Rochambeau_, 2 vol. Paris, 1809.]
[Note 14: Partis de Brest le 26 mars 1780. _Mercure de France_.]
[Note 15: Tous les mémoires s'accordent sur ces deux noms.]
[Note 16: Journal de Blanchard.]
Ces indications me permettent d'éliminer de suite de ma liste: MM.
de Fersen, de Damas, de Lameth, de Closen, Mathieu Dumas, de
Lauberdières, de Vauban, Collot et de Charlus.
Ces officiers vinrent en effet en Amérique avec M. de Rochambeau sur
l'escadre aux ordres de M. de Ternay. Leurs noms sont cités parmi ceux
des passagers par Blanchard, dans son journal et par Mathieu Dumas.
De plus, ils avaient tous servi et _avaient vu le feu_ pendant la
guerre de Sept Ans ou en Corse[17].
[Note 17: Voir les _Notices biographiques_.]
Enfin, si quelques-uns ne rentrent pas dans l'une ou l'autre de ces
catégories, ils sont cités par l'auteur du manuscrit chaque fois
qu'ils se trouvent chargés de quelques fonctions relatives à leur
emploi; et, comme cet auteur parle toujours à la première personne, il
n'est pas possible de le confondre avec l'un d'eux.
On pourrait croire que mon anonyme est le vicomte de Rochambeau
lui-même, qui avait été passager de la _Concorde_ et auquel on donne
aussi dans quelques ouvrages la qualité d'aide de camp de son père.
Mais cette hypothèse doit être rejetée de suite, car le vicomte de
Rochambeau avait servi en Allemagne et en Corse, et d'ailleurs le ton
général du journal ne s'accorde en aucun point avec la parenté de son
auteur et du général en chef. Enfin le vicomte de Rochambeau a tenu
devant York, au récit de Dumas, une conduite qui n'est pas relatée
dans ce manuscrit.
Il reste à examiner les noms de Berthier et de Cromot-Dubourg.
J'ai opiné quelque temps pour le premier nom. Le futur maréchal de
France, ami de Napoléon, fit en effet ses premières armes en Amérique.
Il n'y passa pas sur l'escadre aux ordres de M. de Ternay; et comme
le nom de Cromot-Dubourg ne se trouve cité ni dans les _Mémoires de
Rochambeau_ ni dans ceux de Dumas[18], et qu'au contraire je trouve
dans ces ouvrages que les frères Berthier vinrent plus tard et furent
adjoints à l'état-major, j'avais cru que c'était par erreur que M. de
Rochambeau ajoutait, «_le 30 septembre 1780, avec M. de Choiseul_.» Il
y avait bien là en effet une erreur, car le 30 septembre 1780, c'est
M. de _Choisy_ et non de _Choiseul_ qui arriva de Saint-Domingue
à New-Port sur la _Gentille_, avec neuf autres officiers. Mais la
lecture du _Journal_ de Blanchard me convainquit de l'exactitude des
faits énoncés dans les _Mémoires_ de Rochambeau. G. de Deux-Ponts[19]
reporte aussi au 30 septembre l'arrivée de la _Gentille_ avec neuf
officiers, parmi lesquels il cite M. de Choisy et M. de Thuillières,
capitaine du régiment de Deux-Ponts.
[Note 18: Voir _Souvenirs du lieut.-gén. comte Mathieu Dumas_, publiés
par son fils, 3 vol. Paris, 1839.]
[Note 19: _Mes Campagnes en Amérique_, page 19.]
En présence de la concordance des versions de M. de Rochambeau et
de Blanchard relatives à l'arrivée des frères Berthier, par la
_Gentille_, le 30 septembre, je n'avais plus à hésiter. L'aîné des
frères ne pouvait être l'auteur du manuscrit, et le second était à
peine âgé de dix-sept ans. En outre, nulle part dans ce journal,
l'aide de camp dont nous cherchons le nom ne fait mention d'un frère
qui l'accompagnerait.
Quant à Cromot-Dubourg, c'est le seul dont la situation réponde à
toutes les conditions dans lesquelles doit être placé mon personnage.
En se reportant aux notes que m'ont fournies les archives du ministère
de la guerre, je trouve qu'il faisait ses premières armes et qu'il
rejoignit l'armée en Amérique. Son nom ne se trouve pas cité dans
le manuscrit, ce qui se comprend, si les notes originales étaient
rédigées par lui-même.
Enfin Blanchard, après avoir donné la liste des aides de camp de M.
de Rochambeau, sauf Collot, dont il ne parle pas du tout, mais qui
n'était plus jeune et qui, au rapport de Dumas, partit dès le début,
Blanchard ajoute: «M. Cromot-Dubourg, qui arriva peu de temps après
nous, fut aussi aide de camp de M. de Rochambeau[20].»
RELATION DU PRINCE DE BROGLIE. Copie d'un manuscrit inédit[21].
Elle m'a été fournie par M. Bancroft, l'historien bien connu de sa
patrie, ambassadeur des États-Unis à Berlin. Grâce à la bienveillance
de M. Guizot, j'ai trouvé que quelques parties de cette relation
avaient été imprimées[22]. Néanmoins, par une comparaison attentive,
j'ai pu me convaincre que les deux relations n'avaient de communs que
quelques passages. Certains morceaux importants du manuscrit de M.
Bancroft n'existent pas dans la relation imprimée, tandis que celle-ci
contient de longs paragraphes que je ne possédais pas. En rétablissant
ces omissions dans ma copie, je l'ai rendue aussi complète que
possible.
[Note 20: Ce manuscrit est indiqué dans le cours de cet ouvrage: M.
An. (Manuscrit anonyme.)]
[Note 21: Voir _Notices biographiques_: BROGLIE.]
[Note 22: V. _Revue française_. Paris, juillet 1828. Dans mon
exemplaire l'article est attribué, au crayon, au duc de Broglie.]
Bien que le prince de Broglie ne soit passé en Amérique qu'en 1782,
avec le comte de Ségur, et après la partie la plus utile et la plus
importante de l'expédition, les renseignements qu'il fournit sur
l'état de la société américaine à cette époque méritent d'être
cités. Je dois ajouter que ces notes ont une grande analogie et sont
quelquefois presque identiques avec celles de M. de Ségur[23]. J'en ai
extrait les passages les plus intéressants.
[Note 23: _Mémoires du comte de Ségur_, 3 vol. Paris, 1842.]
JOURNAL D'UN SOLDAT. Manuscrit anonyme et inédit.
L'auteur, probablement un soldat allemand, donne en mauvais français
un récit assez écourté du siège d'York et de la marche des
troupes pendant leur retour vers Boston. Je n'ai trouvé d'autres
renseignements sur le même sujet que dans le _Journal_ de Blanchard.
Ces pages inédites font partie de la collection du général George B.
Mac-Clellan, ancien commandant en chef de l'armée des États-Unis, qui
a bien voulu me les communiquer.
MÉMOIRE ADRESSÉ PAR CHOISEUL À LOUIS XV sur sa gestion des affaires et
sur sa politique après la cession du Canada à l'Angleterre.
Une circonstance fortuite m'a mis à même de connaître des extraits de
ce curieux document, dont l'original n'a pas été imprimé. Les plus
importants passages de ce mémoire ont été cités dans un article de la
_Revue française_[24]. Mon exemplaire de cette publication porte les
noms des auteurs ajoutés au crayon, par un ancien possesseur, et ce
savant inconnu donne M. de Barante comme l'auteur de l'article dont
il s'agit. Cela me semble très-probable, parce que M. Bancroft, en
parlant de ce manuscrit dans son histoire, dit qu'il en doit la
communication verbale à M. de Barante[25].
[Note 24: Juillet 1828.]
[Note 25: Voir _Hist. des États-Unis_, IV, 240 note.]
MÉMOIRES DE COMTE DE M***[26]. Paris, 1828.
Ce livre, très-rare et très-peu connu, a exercé ma perspicacité pour
découvrir le nom véritable de son auteur, qui se présente comme
engagé volontaire dans les rangs des Américains et aide de camp de La
Fayette. Des considérations qu'il serait superflu de développer ne me
laissaient plus guère de doutes sur le nom de Pontgibaud, plus
tard comte de Moré-Chaulnes, lorsque M. le comte de Pontgibaud,
arrière-petit-neveu de l'auteur, et aujourd'hui seul représentant de
cette famille, m'a confirmé dans l'opinion que je m'étais formée, par
une lettre qui est elle-même un document utile[27].
[Note 26: Cet ouvrage est cité dans mon travail comme étant de
Pontgibaud.]
[Note 27: Voir les _Notices biographiques_.]
Ces mémoires, écrits avec l'_humour_ et presque le style d'une
nouvelle de Sterne, ne sont pas seulement curieux par ce qui a rapport
à la guerre de 1777 à 1782, mais aussi parce que l'auteur, émigré
de France à Hambourg en 1793, ayant appris que le Congrès américain
payait l'arrérage de solde dû aux officiers qui avaient été à son
service, retourna aux État-Unis vers cette époque, et qu'il fait un
tableau aussi caustique qu'intéressant de la situation et du caractère
de ceux de ses compatriotes qu'il trouva sur le continent américain,
où les événements politiques les avaient forcés à chercher un refuge.
L'exemplaire dont je me suis servi m'a été prêté par M. Edouard
Laboulaye, de l'Institut, à qui je dois beaucoup de reconnaissance
pour les utiles indications qu'il m'a fournies avec le plus gracieux
empressement.
MES CAMPAGNES EN AMÉRIQUE (1780-81), par le comte Guillaume de
Deux-Ponts.
Ces intéressants mémoires ont été publiés en 1868, à Boston, par les
soins de M. Samuel A. Green, et tirés à trois cents exemplaires.
MÉMOIRES DE LAUZUN (manuscrit).
Trois éditions de ces mémoires ont été publiées jusqu'à ce jour, et je
les range parmi les livres connus qu'il était de mon devoir de relire
et de consulter. Le manuscrit que j'ai acquis a été probablement écrit
du vivant de l'auteur. Il m'a été très-utile, bien que je me sois
servi de l'édition si soigneusement annotée par M. Louis Lacour[28].
[Note 28: Paris, 1859.]
LOYALIST LETTERS, ou collection de lettres écrites par des Américains
restés fidèles à la cause du Roi (1774-1779).
J'avais eu, il y a quelques années, l'intention de faire imprimer ces
lettres à un petit nombre d'exemplaires; mais les faits auxquels
elles ont trait sont trop rapprochés de nous pour que les parents des
signataires puissent rester indifférents à leur publication. Il m'a
paru convenable d'obtenir auparavant l'agrément des personnes dont le
nom aurait été rappelé, et je m'abstiendrai jusqu'à une époque plus
opportune. M. Bancroft, à qui j'ai communiqué ces lettres, a augmenté
ma collection des copies de quelques autres qu'il a en sa possession.