CONCLUSION

Telle fut la dernière histoire du Dalmate; ce fut aussi la dernière de

celles que, ce jour-là, me conta le capitaine. Le lendemain il y en eut

d'autres, et d'autres encore le surlendemain.

Le marin avait raison, sa bibliothèque était inépuisable; sa mémoire ne

se troublait jamais; sa parole ne s'arrêtait pas; mais à toujours conter

on ennuie le lecteur; d'ailleurs, il faut garder quelque chose pour

l'année prochaine. Peut-être alors retrouverons-nous le capitaine et

demanderons-nous des leçons à sa douce sagesse.

En attendant, chers lecteurs, je me sépare de vous avec les adieux que

m'adressait chaque jour l'excellent marin: «Mon ami, sois sage, obéis

à ta mère, fais bien tes devoirs, afin que demain on te permette

d'entendre mes contes; le plaisir n'est bon qu'après la peine; celui-là

seul s'amuse qui a bien travaillé. Et maintenant, ajoutait-il en me

prenant la main, je te recommande à Dieu.»

Adieu donc, amis lecteurs, comme disent nos vieux livres; adieu, amies

lectrices; puisse la sagesse du capitaine Jean vous profiter assez pour

rendre chacun de vous aussi bon et aussi laborieux que son père; aussi

doux et aussi aimable que sa mère! c'est le dernier voeu de notre vieil

ami.

Contes et nouvelles · 第 66 / 72 题