II

Nous toucherons naturellement à la justice sociale, c’est-à-dire à la

justice que nous nous rendons mutuellement dans la vie, mais nous ne

parlerons pas de la justice légale ou positive, qui n’est que

l’organisation d’une partie de la justice sociale. Nous nous occuperons

surtout de cette justice imprécise mais efficace, insaisissable mais

inévitable, qui accompagne et imprègne, approuve ou désapprouve,

récompense ou punit toutes les actions de notre vie. Vient-elle du

dehors? Existe-t-il, indépendant de l’homme, dans l’univers et dans les

choses, un principe moral infrangible et indécevable? Y a-t-il, en un

mot, une justice qu’on pourrait appeler la justice physique? Ou bien

cette justice sort-elle tout entière de l’homme, est-elle tout

intérieure alors même qu’elle agit au dehors? et, pour tout résumer en

un autre mot, n’existe-t-il qu’une justice psychologique? Je pense que

ces deux termes, justice physique, justice psychologique, embrassent les

diverses formes de justice qui nous semblent encore exister aujourd’hui

au-dessus de la justice sociale.

Le temple enseveli · 第 10 / 111 题