[086] Saint-Léonard-de-Vains. Le prieuré fut vendu en 1793, et l’acquéreur

transforma l’église en bâtiment de ferme. Le choeur devint une cuisine. La nef

devint une grange et une étable. La base de la tour fut utilisé comme cellier.

L’étage fut divisé en chambre et en grenier et surmonté d’une cheminée (d’après

Jean Bindet, Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, décembre 1976).

[087] Saint-Léonard-de-Vains. Le prieuré. A l’heure actuelle, l’église est

toujours une propriété privée. La nef est une maison d’habitation, ce qui

explique les portes et fenêtres rectangulaires. Le bâtiment a toutefois gardé sa

forme originale, avec une nef assez longue consolidée par des contreforts et un

choeur de deux travées à chevet plat. La tour, implantée entre choeur et nef,

est surmontée d’un toit en bâtière.

[088] Saint-Léonard-de-Vains. La tour romane date du début du 12e siècle. Située

dans le prolongement du choeur, sa base carrée est surmontée de deux étages en

léger retrait les uns par rapport aux autres. Le premier étage devait être

aveugle à l’origine. Ses ouvertures sont postérieures à la Révolution. Le

deuxième étage est percé au nord, à l’est et au sud de deux arcatures jumelles

en plein-cintre.

[089] Saint-Léonard-de-Vains. La tour romane. Les maçonneries présentent un

appareil irrégulier fait de plaquettes de schiste et de moëllons de granit, avec

quelques rangées de blocs réguliers de granit. Le toit en bâtière repose au nord

et au sud sur une corniche supportée par des modillons.

[090] Saint-Léonard-de-Vains. La tour romane. Sur trois faces (nord, est et

sud), le deuxième étage est percé de deux arcatures jumelles en plein-cintre

dont l’arc double est formé de deux rangées de claveaux de granit. L’arcade

repose sur des piédroits sans ornement par le biais d’un tailloir carré qui se

prolonge en un bandeau droit sur le mur. La corniche est supportée par des

modillons sculptés de têtes humaines très frustes ou moulurés en quart-de-rond.

[091] Saint-Léonard-de-Vains. La base de la tour romane et son mur nord. Ce mur

est consolidé par un contrefort central. Il est encadré de deux baies en

plein-cintre à l’arc formé d’une rangée de claveaux de granit. La porte au

cintre surbaissé repose sur des piédroits sans ornement. Son arcade est formée

de blocs de granit.

[092] Saint-Léonard-de-Vains. La base de la tour romane et son mur nord. Dans sa

partie inférieure, le mur est formé d’un appareil en arêtes de poisson

caractéristique du 11e et du début du 12e siècle. La partie haute est formée

d’un appareil régulier de granit. Une rangée de modillons très abîmés subsiste

au-dessus des baies.

= Saint-Loup

[093] Saint-Loup. L’église est formée d’une nef de deux travées suivie d’un

choeur de deux travées terminé par une abside semi-circulaire. La tour s’élève

au-dessus de la première travée du choeur. L’église, qui date de la première

moitié du 12e siècle, est le seul édifice roman qui ait subsisté dans son

ensemble dans la région.

[094] Saint-Loup. La façade occidentale. Soutenu par deux contreforts, le mur de

façade est surmonté d’un léger glacis en arrière duquel s’élève le mur pignon.

Le portail roman est surmonté d’une baie à l’arc brisé datant sans doute du 13e

siècle.

[095] Saint-Loup. Le portail roman de la façade occidentale. Son arcade en

plein-cintre est composée de deux voussures surmontées d’une archivolte formée

d’un bandeau chanfreiné. Les voussures sont reçues par quatre colonnettes

engagées. Les tailloirs des chapiteaux sont moulurés en quart-de-rond. Les

corbeilles sont ornées de sculptures frustes: crochets d’angle ou têtes d’angle,

dont les traits sont effacés. Le linteau est formé d’un gros bloc monolithe de

granit.

[096] Saint-Loup. La nef romane. La nef comporte trois travées. Ses murs

latéraux sont épaulés chacun de quatre contreforts plats. Trois petites baies en

plein-cintre sont toujours visibles: deux dans le mur sud et une dans le mur

nord. Les autres baies ont été percées ou agrandies par la suite.

[097] Saint-Loup. Détail du mur latéral sud du choeur. Dans la première travée,

la porte sud est encadrée de deux contreforts plats. Entre les deux contreforts,

la maçonnerie repose sur une corniche supportée par trois gros modillons

sculptés: un être grotesque mettant la main droite à la bouche alors que son

bras gauche est replié; une tête d’homme; un homme accroupi, les mains sur les

genoux.

[098] Saint-Loup. La tour romane s’élève au-dessus de la première travée du

choeur. Ses murs présentent un appareil régulier de granit dont les blocs sont

plus petits que pour le reste de l’église. Le granit provient du massif

granitique d’Avranches, situé à proximité immédiate de Saint-Loup. Au premier

plan, on voit l’un des contreforts à ressaut de la chapelle latérale jouxtant la

seconde travée du choeur côté nord. Construite en 1602, cette chapelle est la

seule modification importante apportée à l’édifice roman d’origine.

[099] Saint-Loup. La tour romane. Cette solide tour carrée est formée de deux

étages de même périmètre surmontés d’une flèche. Le premier étage est orné de

grandes arcatures aveugles au nord et au sud. Le second étage est percé d’une

baie sur chaque face. La séparation des deux étages est soulignée par un bandeau

chanfreiné.

[100] Saint-Loup. La tour romane. L’étage inférieur est orné au nord et au sud

d’une double arcature aveugle en plein-cintre. Celle-ci est surmontée d’un

cordon saillant qui se prolonge ensuite en un bandeau droit sur le nu du mur et

se poursuit sur les faces est et ouest parallèlement au bandeau séparant les

deux étages de la tour.

[101] Saint-Loup. La tour romane. Détail de l’étage inférieur. A l’écoinçon des

arcatures jumelles, la maçonnerie présente un petit appareil décoratif réticulé.

[102] Saint-Loup. La tour romane. L’étage supérieur est percé d’une baie sur

chaque face. Pour chaque baie, l’arcade en plein-cintre est formée de deux

voussures entourées d’un cordon chanfreiné. Les voussures reposent sur quatre

colonnettes engagées. Les corbeilles des chapiteaux sont sculptées de motifs

géométriques (crochets d’angle, demi-cercles) ou de têtes humaines. Le profil de

ces baies est semblable à celui du portail occidental et de la porte sud: mêmes

moulurations pour les voussures et mêmes sculptures pour les corbeilles des

chapiteaux.

[103] Saint-Loup. La tour romane. La corniche repose sur des modillons sculptés

de têtes humaines ou moulurés en quart-de-rond. Cette corniche fut en grande

partie refaite lors de la reconstruction de la flèche. Cette flèche est

octogonale sur une base carrée, et pourvue de lucarnes.

[104] Saint-Loup. La tour romane. Détail de la corniche et de ses modillons

sculptés de têtes humaines.

= Saint-Quentin

[105] Saint-Quentin. L’église est formée d’une nef de trois travées et d’un

choeur de trois travées à chevet plat. Au nord et au sud, deux larges chapelles

sont accolées aux deux premières travées du choeur et forment de véritables

croisillons. La tour est implantée entre choeur et nef. La façade occidentale

est précédée sur toute sa longueur d’un narthex (vaste porche) rectangulaire.

Les parties romanes sont la nef et la base de la tour, qui datent de la première

moitié du 12e siècle. Le reste de l’église date du 13e siècle.

[106] Saint-Quentin. La tour, massive, a une base romane et deux étages datant

du 13e siècle. Elle est surmontée d’un toit en batiêre. Au premier plan, le

Christ crucifié est la partie supérieure d’un calvaire roman situé à proximité

de l’église.

[107] Saint-Quentin. Détail du calvaire roman situé près de l’église. Le Christ

crucifié.

[108] Saint-Quentin. La façade occidentale est précédée d'un narthex (vaste

porche) rectangulaire du 13e siècle, surmonté d’une balustrade ajourée.

[109] Saint-Quentin. Le portail roman de la façade occidentale. Ce portail est

surmonté d’une arcade en plein-cintre formée de deux voussures et d’une

archivolte. Ces voussures reposent sur quatre colonnes engagées, dont les bases

carrées sont ornées d’un tore surmonté d’un chanfrein. Les corbeilles des

chapiteaux sont sculptées de boules, de têtes et d’un personnage à quatre

pattes. Les sculptures, grossières, sont en fort relief et le menton des têtes

est très proéminent.

[110] Saint-Quentin. La base de la tour et sa porte romane. Cette porte, murée,

est visible au sud. L’arcade en plein-cintre repose sur deux épaisses

colonnettes. Les corbeilles des chapiteaux sont sculptées d'un arbre à droite et

de deux têtes humaines à gauche. Les bases sont carrées. Cette porte ressemble à

la porte sud de l’église de Saint-Loup.

= Sartilly

[111] Le portail roman de Sartilly. Situé au sud de l’église actuelle, ce

portail est le seul élément subsistant de l'édifice roman détruit et remplacé en

1858 par une église beaucoup plus grande. Le matériau utilisé est le granit, qui

est la pierre locale, Sartilly étant situé au coeur du massif granitique de

Vire. Daté de la deuxième moitié du 12e siècle, ce portail est le plus beau

portail roman de la région et présente une facture bien supérieure à celle des

autres portails. Les moulurations des voussures et de l’archivolte sont le fruit

d’un travail très soigné, tout comme les sculptures des corbeilles.

[112] Le portail roman de Sartilly. L’arcade du portail est formée de trois

voussures: une voussure au cintre surbaissé et deux voussures en plein-cintre

surmontées d’une archivolte. La première voussure est moulurée d’un épais tore

d’angle suivi d’un listel puis d’un large cavet orné de gros besants légèrement

renflés. La deuxième voussure est moulurée d’un épais tore d’angle alors que la

troisième est moulurée de deux tores encadrant un listel.

[113] Le portail roman de Sartilly. Le groupe de colonnettes de gauche. De

chaque côté du portail, les trois voussures reposent sur trois colonnettes

engagées, par le biais d’une imposte moulurée d’un cavet. La partie carrée de

l’imposte est ornée d’une petite moulure en creux. L’imposte se prolonge

au-dessus du pilastre extérieur sur lequel repose l’archivolte. Un tailloir

carré surmonte la corbeille sculptée des chapiteaux. Les sculptures présentent

des motifs variés: feuilles de chêne, feuilles d’acanthe et volutes d’angle.

[114] Le portail roman de Sartilly. L'extrémité de l'archivolte (côté gauche).

L’archivolte est formée d’un cordon saillant orné de dents-de-scie en fort

relief sculptées en creux d’une rangée de bâtons brisés. De chaque côté de

l’arcade, elle repose sur une tête sculptée aux traits bien dessinés.

[115] Le portail roman de Sartilly. L'extrémité de l'archivolte (côté droit).

Détail montrant la deuxième tête sculptée sur laquelle repose l’archivolte.

[116] Le portail roman de Sartilly. L'extrémité de l'archivolte (côté droit).

Détail montrant la tête sculptée sur laquelle repose l’archivolte, ainsi que les

corbeilles sculptées des chapiteaux. On note une fois de plus le travail soigné

dans un matériau difficile à travailler du fait de son extrême dureté.

[117] Le portail roman de Sartilly. L'extrémité de l'archivolte (côté droit).

Détail montrant la même tête sculptée, de plus près.

[118] L’ancienne église de Sartilly, détruite en 1858 (source: Revue de

l’Avranchin, 1924-1926). Cette église romane est décrite ainsi dans le registre

des délibérations du conseil municipal de Sartilly (1837-1864): "L’église qu’il

s’agit de remplacer est un vieil édifice (...) composé: (1) d’une nef obscure de

19 mètres 60 centimètres de longueur sur 7 mètres de largeur dont les murs bas

pénétrés d’humidité et lézardés en plusieurs endroits perdent très sensiblement

leur aplomb, particulièrement vers le bas de l’église; (2) d’une tour qui sépare

la nef du choeur (...); (3) d’un choeur de 9 mètres de longueur sur 6 mètres de

largeur (...)."

19. INDEX

[Index des lieux / Index des personnes]

= Index des lieux

Angey

Ardevon (baronnie)

Avranches

Avranches (archidiachoné)

Avranches (diocèse)

Avranches (massif granitique)

Avranchin

Bec-Hellouin (abbaye)

Boscq (rivière)

Bréhal

Bréville

Caen

Caen (abbaye Saint-Etienne)

Calvados

Carolles

Champeaux

Chausey

Cherbourg

Chrétienté (doyenné)

Cotentin

Coutances

Coutances (archidiachoné)

Coutances (diocèse)

Donville

Dragey

Ension (monastère)

Genêts

Genêts (baronnie)

Genêts (doyenné)

Granville

Granville (formation géologique)

Grouin du Sud

Hambye (abbaye)

Lucerne (abbaye)

Manche (département)

Manche (mer)

Montmorel (abbaye)

Mont Saint-Michel

Mont Saint-Michel (Notre-Dame-sous-Terre)

Mortain

Pontaubault

Saigue (rivière)

Saint-Jean-le-Thomas

Saint-Léonard-de-Vains

Saint-Lô

Saint-Loup

Saint-Martin-le-Vieux

Saint-Nicolas

Saint-Pair

Saint-Pair (baronnie)

Saint-Pair (doyenné)

Saint-Pair (formation géologique)

Saint-Quentin

Sartilly

Scissy

Sélune (rivière)

Thar (rivière)

Tharnet (rivière)

Tombelaine

Tirepied (doyenné)

Vains

Venlée (hâvre)

Vire (massif granitique)

Yquelon

#Liste des personnes

Achard (évêque d’Avranches)

Alexandre III (pape)

Avenel Ranulphe (moine du Mont Saint-Michel)

Courée Guillermus (seigneur d’Yquelon)

Egidius (évêque d’Avranches)

Fortunat (évêque de Poitiers)

Géraldin (seigneur d’Angey)

Grimault (seigneurs de Saint-Loup)

Guillaume de Bréville (seigneur de Bréville)

Guillaume de Lamps (abbé du Mont Saint-Michel)

Guillaume de Saint-Jean (seigneur de Saint-Jean-le-Thomas)

Guillaume le Conquérant (duc de Normandie)

Guillaume Longue-Epée (duc de Normandie)

Hasculphe de Subligny (fondateur de l’abbaye de la Lucerne)

Henri II (duc de Normandie)

Lainé Richard (évêque d’Avranches)

Lascivius (évêque de Bayeux)

Michel (curé de Genêts)

Nicolas (curé de Genêts)

Notre-Dame

Paynel Foulques (seigneur de Sartilly)

Paynel Guillaume (fondateur de l’abbaye de Hambye)

Quesnoy (seigneurs de Saint-Loup)

Rainald (curé de Genêts)

Richard II (duc de Normandie)

Richard de Bohon (évêque de Coutances)

Robert I (duc de Normandie)

Robert de Torigni (abbé du Mont Saint-Michel)

Roger d’Yquelon (seigneur d’Yquelon)

Rogerius de Altomansiunculo (maître d’oeuvre de la tour de Saint-Pair)

Saint Aroaste

Saint Eloi

Saint Eutrope

Saint Gaud

Saint Généroux

Saint Gilles

Saint Hélier

Saint Jean-Baptiste

Saint Léonard

Saint Léontien

Saint Loup

Saint Martin

Saint Maur

Saint Médard

Saint Michel

Saint Pair

Saint Samson

Saint Scubilion

Saint Sébastien

Saint Sénier

Vivien (seigneurs de Saint-Loup)

L'art roman dans le Sud-Manche · 第 10 / 10 段