plein-cintre de cette porte est formée d’une voussure moulurée d’un tore suivi
d’un chanfrein sculpté de dents-de-scie peu visibles. Le claveau central de la
voussure est orné d’une grande tête sculptée en fort relief. L’archivolte est
formée d’un épais bandeau orné de dents-de-scie en fort relief sculptées en
creux d’un rang de bâtons brisés. L’archivolte repose à droite sur une pierre
sculptée d’une tête humaine. A gauche, elle disparaît dans les maçonneries de la
nef. Les corbeilles des chapiteaux des colonnettes engagées sont sculptées de
deux crochets d’angle très abîmés encadrés de boules.
[013] Bréville. La base de la tour (côté sud) et sa porte romane. Une pierre en
forme de tête humaine est visible au-dessus de cette porte. Sculptée dans le
calcaire, pierre friable, cette tête a mal résisté à l’usure du temps,
contrairement aux têtes sculptées dans le granit.
[014] Bréville. La base de la tour (côté sud) et sa porte romane. L’archivolte
surmontant l’arcade en plein-cintre repose à droite sur une pierre de granit
sculptée d’une tête humaine.
[015] Bréville. Sous la corniche, un modillon roman sculpté d’une tête humaine.
La plupart des modillons, plus récents, sont taillés en biseau.
[016] Bréville. Un autre modillon roman sculpté d’une tête humaine est visible
au-dessus de la baie percée dans la seconde travée de la nef. Cette baie au
cintre surbaissé a remplacé une petite baie romane en 1832.
[017] Bréville. Le choeur roman (intérieur). Sa voûte en croisée d’ogives date
de la fin du 15e ou du début du 16e siècle. Le carrelage de la deuxième travée
du choeur date de 1863. Le sol de la première travée est recouvert de dalles de
schiste (dalles de Beauchamps) posées en 1969.
[018] Bréville. La nef romane (intérieur). Son plafond en bois fut remplacé par
un plafond en plâtre en 1852. La porte et la grande baie visibles dans le mur du
fond (qui correspond au mur de façade) sont sans grand caractère, la façade
occidentale ayant été remaniée en 1783. La porte chevillée en chêne date de
1970. Les murs sont recouverts d’un enduit à la chaux refait en 1969. Le sol fut
recouvert de dalles de schiste (dalles de Beauchamps) à la même date.
[019] Bréville. La base de la tour, entre choeur et nef (intérieur). Au premier
plan, un arc intérieur aux arêtes chanfreinées repose sur des demi-colonnes
engagées. Cet arc, qui sépare le choeur de la base de la tour, fut remanié lors
de la réfection du choeur au 15e ou 16e siècle. A l’arrière-plan, l’arc séparant
la nef de la base de la tour appartient à l’édifice roman original. Il s’agit
d’un arc fourré et légèrement brisé aux claveaux irréguliers. Cet arc repose sur
deux épais pilastres pris dans l’épaisseur du mur. L’imposte des pilastres est
moulurée en forme de bandeau chanfreiné.
[020] Bréville. Vue partielle du grand autel situé dans le chevet du choeur,
avec une statue de Notre Dame (l’église est placée sous son vocable) et une
statue de Saint Hélier, qui est le second saint.
[021] Bréville. Détail du grand autel situé dans le chevet du choeur. La statue
de Notre Dame. L’église est placée sous son vocable.
[022] Bréville. Détail du grand autel situé dans le chevet du choeur. La statue
de Saint Hélier, qui est le second saint de l’église.
= Yquelon
[023] Yquelon. L’église romane date de la seconde moitié du 12e siècle. Le
village d’Yquelon est situé à deux kilomètres de Granville. D’origine
scandinave, le terme d’Yquelon signifie “branche de chêne”.
[024] Yquelon. L’église romane est formée d’une nef de deux travées suivie d’un
choeur de deux travées à chevet plat. La tour, carrée et massive, est accolée à
la première travée du choeur côté nord. Ses trois étages sont en léger retrait
les uns par rapport aux autres et terminés par un toit en bâtière. Les
ouvertures rectangulaires percées dans les étages indiquent que la tour a été
reconstruite, du moins en partie, depuis le 12e siècle.
[025] Yquelon. La façade occidentale romane. Son appareil irrégulier est fait de
moëllons de schiste et de granit, matériaux locaux. A chaque extrémité, un
contrefort plat prend appui sur un muret de pierre. Si la façade est romane, les
trois baies en plein-cintre situées au-dessus du portail datent de 1896. Elles
ont remplacé une grande baie rectangulaire qui avait elle-même remplacé les deux
petites baies romanes d’origine.
[026] Yquelon. La façade occidentale romane. Son mur pignon est surmonté d’une
croix antéfixe aux branches bifides.
[027] Yquelon. La façade occidentale romane. L'oculus du mur pignon est
d’origine. Le pourtour de l’oculus est orné de billettes avec, dans sa partie
inférieure, une pierre sculptée de deux têtes humaines en fort relief.
[028] Yquelon. La façade occidentale romane. L’arcade en plein-cintre du portail
roman est formée d’une voussure faite de blocs de granit et reposant sur des
piédroits en granit. Le claveau central de la voussure est sculpté d’une tête
humaine en fort relief. L’archivolte est formée d’un cordon saillant orné de
dents-de-scie en fort relief sculptées en creux d’un rang de bâtons brisés. Le
tympan de granit fut restauré en 1897 et sculpté d’une croix d'inspiration
romane.
[029] Yquelon. La façade occidentale romane. Détail de l’arcade en plein-cintre
du portail. L’archivolte repose à chaque extrémité sur une pierre de granit
sculptée d’une tête humaine.
[030] Yquelon. Le choeur roman (intérieur). La nef ouvre sur le choeur par un
arc triomphal très épais, fourré et légèrement brisé, qui repose sur deux
pilastres pris dans l’épaisseur du mur. Les deux travées du choeur sont séparées
par un arc doubleau, lui aussi épais et légèrement brisé.
[031] Yquelon. Le choeur roman (intérieur). Chaque travée est surmontée d’une
voûte en croisée d’ogives. Les deux clefs de voûte sont sculptées de motifs
géométriques en faible relief compris dans un cercle: motifs triangulaires pour
l’une et motifs semi-circulaires pour l’autre.
[032] Yquelon. Le choeur roman (intérieur). Les ogives, très larges, sont ornées
de deux épais tores d’angle entourant une petite moulure triangulaire saillante.
[033] Yquelon. Le choeur roman (intérieur). Doubleaux et ogives reposent sur des
culots en forme de pyramide renversée. Le culot du centre supporte à la fois la
retombée d’un doubleau et celle de deux ogives. Il est surmonté d’un tailloir
carré légèrement chanfreiné.
= Saint-Pair-sur-Mer
[034] Saint-Pair-sur-Mer. L’ancienne église romane, d’après un dessin d’E.
Biguet (Le Pays de Granville, 1934, p. 199). En 1880 et 1881, au début de
l’essor des stations balnéaires, la nef romane fut détruite pour être remplacée
par une nef plus grande doublée d'un transept. L’église agrandie fut consacrée
le 26 août 1888.
[035] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane date de la première moitié du 12e
siècle. De forme carrée, elle comprend deux étages en léger retrait surmontés
d’une flèche octogone. Au premier étage, un groupe de deux arcatures aveugles
est présent au nord et au sud. Au deuxième étage, de grandes baies géminées sont
présentes sur les quatre faces. Séparées par une colonnette trapue à tailloir et
base carrés, ces baies géminées sont surmontées d’une arcade en plein-cintre
ornée d’une simple moulure torique et reposant sur des colonnettes engagées.
[036] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane (intérieur). La tour repose sur quatre
piliers massifs supportant quatre arcs fourrés et légèrement brisés. Ces piliers
déterminent la voûte d’arêtes située sous la tour. Les piliers observent entre
eux une symétrie parfaite.
[037] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane (intérieur). Détail du pilier nord.
S'appuyant sur un dosseret, un pilastre cantonné de deux colonnes engagées est
surmonté d’une imposte moulurée en forme de bandeau chanfreiné. L’imposte forme
aussi le tailloir des chapiteaux. La corbeille des chapiteaux est sculptée de
crochets d’angle taillés dans le granit.
[038] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane (intérieur). Le chapiteau du pilier
nord-ouest. La sculpture fruste en bas relief de sa corbeille est taillée dans
le granit. A l’angle, on voit un buste d’homme, avec une grosse tête. Son bras
droit est levé alors que son bras gauche est replié sur sa poitrine. Une branche
de chêne est visible sur la droite.
[039] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane (intérieur). Un autre chapiteau de
granit est sculpté d’un crochet d’angle en faible relief. Les corbeilles des
chapiteaux des piliers nord-ouest, nord-est et sud-est sont toutes ornées de
crochets d’angle de ce type.
[040] Saint-Pair-sur-Mer. Le sarcophage de Saint Pair. Un autel en pierre datant
du 19e siècle recouvre le sarcophage de Saint Pair. Saint Pair (482-565) fonda
avec Saint Scubilion un oratoire dont les fondations sont présentes sous le
choeur de l’église actuelle. Il donna aussi son nom au village connu auparavant
sous le vocable romain de Scessiacus (Scissy). Les sarcophages en calcaire
coquiller de Saint Pair et de Saint Scubilion furent retrouvés en 1875, à
l’occasion de fouilles faites par l’abbé F. Baudry.
[041] Saint-Pair-sur-Mer. La châsse de Saint Gaud, sise sur l’autel recouvrant
son sarcophage. L’église est également un lieu de pèlerinage voué au culte de
Saint Gaud, qui dispose de sa propre chapelle, construite au 19e siècle dans le
mur nord du choeur. Saint Gaud (400-491) aurait été le deuxième évêque d’Evreux.
Après quarante ans d’épiscopat, il se serait démis de ses fonctions pour venir
se retirer dans la solitude du bourg de Scissy. Le sarcophage de Saint Gaud fut
retrouvé en 1131 (soit bien avant celui de Saint Pair) en creusant les
fondations de la tour romane.
[042] Saint-Pair-sur-Mer. Le choeur (intérieur). Dans la seconde travée du
choeur actuel, on observe une double ligne de dallages noirs encadrant une
rangée de dallages clairs, le tout recouvrant de façon très précise les
fondations de l’ancien oratoire. Ces fondations forment une abside
semi-circulaire prolongée par des murs latéraux qui se perdent ensuite dans la
construction romane. Au premier plan, une pierre tombale blanche indique
l’endroit où était enterré le sarcophage de Saint Pair.
= Saint-Jean-le-Thomas
[043] Saint-Jean-le-Thomas. L’église est formée d’une longue nef romane (11e et
début du 12e siècle) et d’un choeur pré-roman (10e siècle) à chevet plat. Le
portail roman percé dans le mur latéral sud de la nef est précédé d’un large
porche datant du 15e siècle. La tour, carrée et massive, est elle aussi accolée
au mur sud de la nef. Construite en 1895 et 1896 pour remplacer un clocher
vétuste, cette tour comprend deux étages surmontés d’une balustrade ajourée.
Elle fut édifiée en granit des carrières de Saint-James.
[044] Saint-Jean-le-Thomas. La façade occidentale et la tour. Le mur de façade
est surmonté d’un léger glacis recouvert de plaquettes de schiste, en arrière
duquel s’élève le mur pignon. Cette façade ne comprend pas de porte. Sa partie
médiane est occupée par un contrefort plat se terminant par un glacis à la base
du pignon. Les deux petites baies romanes situées de part et d’autre du
contrefort furent réouvertes en 1973. La baie plus récente située dans le mur
pignon fut murée à la même date.
[045] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pré-roman et son mur latéral sud. Ce mur
est fait de moëllons de granit pris dans un épais mortier. La petite baie en
plein-cintre est romane. La grande baie fut percée en 1895, au moment de la
reconstruction de la tour.
[046] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pré-roman et son mur latéral nord. Haut
situées, les trois petites baies en plein-cintre sont surmontées de claveaux de
briques. La grande baie en plein-cintre à l'arcade trilobée fut ouverte en 1895.
[047] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pré-roman et son mur latéral nord. Détail
de l’appareil de petits blocs de granit assez réguliers pris dans d’épais joints
de mortier. Près de la baie ouverte en 1895, des maçonneries plus récentes sont
faites de moëllons de schiste et de granit, matériaux locaux.
[048] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pré-roman (intérieur)et son mur latéral
nord. L’appareil de granit des murs et les claveaux de briques des baies sont
également visibles à l’intérieur, suite à la restauration du choeur en 1965 sous
la direction d’Yves-Marie Froideveaux, architecte en chef des monuments
historiques. Les cinq petites baies aux claveaux de briques (trois au nord et
deux au sud) furent retrouvées et réouvertes à cette date.
[049] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pré-roman (intérieur). Les deux grandes
baies en plein-cintre visibles de part et d’autre du choeur furent ajoutées en
1895, lors de la reconstruction de la tour.
[050] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pré-roman (intérieur). Sa voûte en berceau
de bois fut ajoutée en 1965 et terminée en 1973.
[051] Saint-Jean-le-Thomas. La nef romane (intérieur). Construite au 11e siècle,
la nef fut terminée au début du 12e siècle. Sa voûte en berceau est en plâtre.
Le sol est recouvert de larges dalles de granit. Dans le mur occidental (situé
au fond), les deux baies romanes ont été réouvertes en 1964, après avoir été
retrouvées sous l’enduit. La baie supérieure – une baie médiane située dans le
mur pignon – fut murée à la même date. Ses piédroits de granit restent toujours
bien visibles.
[052] Saint-Jean-le-Thomas. L’église (intérieur). Des peintures murales furent
dégagées en décembre 1974 dans le mur latéral sud de la nef. L’existence de
décors peints aussi anciens (ils dateraient du 12e siècle), très rares dans
cette région, était ignorée jusqu’en 1974, date de la réfection des enduits
intérieurs de la nef. Des taches de couleur attirèrent l’attention de l’abbé
Porée, curé de l’église, qui fit intervenir les fresquistes des Beaux-Arts.
[053] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral
sud de la nef. Dans la partie dégagée en décembre 1974, trois tableaux se
succèdent: le combat d’un homme contre un ange (sur le tympan du portail muré),
une lutte entre deux personnages et une scène champêtre. Ces tableaux sont
surmontés de frises. Une autre partie, située à l’est du tympan, devait être
dégagée par la suite.
[054] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral
sud de la nef. Sur le tympan du portail muré, le combat d’un homme contre un
ange, “un combat qui pourrait être celui de Jacob contre l’ange envoyé de Dieu,
ou Dieu lui-même manifesté sous une forme visible” (abbé Porée).
[055] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral
sud de la nef. Dans cette scène champêtre, avec épis de blé visibles à gauche,
un personnage portant une grande cape tient une outre et verse du vin dans un
coupe que lui tient un autre personnage. A droite, un troisième personnage muni
d’un instrument aratoire est en partie effacé.
[056] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral
sud de la nef. Le troisième tableau, dont la plus grande partie a disparu,
représente la lutte entre un personnage à cape dont la tête est surmontée d’une
auréole et un autre personnage recouvert d’une armure qui semble être à terre.
Il s’agirait de “la lutte de Saint Michel contre le Démon” (abbé Porée).
[057] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral
sud de la nef. Sur ce détail (situé entre la scène champêtre et la scène de
lutte), on voit que le décor est peint à même l’enduit à la chaux, ce qui
explique le fond clair. Ces peintures murales seraient l’oeuvre de pèlerins du
Mont Saint-Michel, l'église étant située sur une voie montoise.
[058] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral
sud de la nef. Sur cet autre détail (vue partielle de la scène de lutte), on
voit que tous les contours sont dessinés en peinture ocre. Les surfaces
intérieures sont peintes en ocre et en chamois. Seules ces deux couleurs sont
utilisées.
[059] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral
sud de la nef. Les tableaux sont surmontés de frises de rinceaux terminées par
des feuillages. Les rinceaux courent entre deux bandes horizontales de couleur
ocre (le long des rinceaux) et chamois (les long des bandes ocre), avec une
rangée de points blancs délimitant les deux couleurs.
[060] Saint-Jean-le-Thomas. Le mur latéral sud de la nef. Détail du large porche
du 15e siecle précédant le portail roman, dont on voit l’arc surbaissé orné d’un
tore. La voûte de pierre du porche présente un appareil irrégulier fait de
plaquettes de schiste.
[061] Saint-Jean-le-Thomas. La Vierge et l’Enfant. Située sous le porche du 15e
siècle, cette statue de pierre surplombe le portail roman percé dans le mur
latéral sud de la nef.
= Dragey
[062] Dragey. L’église est formée d’une nef de trois travées et d’un choeur
d’une seule travée. La tour est située entre choeur et nef. Seule la nef est
romane. Elle date du 11e siècle ou des premières années du 12e siècle. Le choeur
et la tour datent du 13e siècle.
[063] Dragey. L’église est bâtie sur un promontoire à un kilomètre environ du
village, tout comme le presbystère. Visible de loin en pleine mer, la tour de
l’église servait de point de repère aux navigateurs.
[064] Dragey. La façade occidentale. Les maçonneries sont formées d’un appareil
irrégulier de schiste et de granit. Sis à chaque extrémité de la façade, deux
épais contreforts sont terminés par un glacis. La grande baie géminée à l’arc
légèrement brisé date du 13e siècle. Elle fut débouchée et restaurée en 1860. Le
portail original fut remplacé par un portail sans caractère à la même date.
[065] Dragey. La mur latéral sud de la nef. Sa porte, romane, est précédée d’un
porche datant du 16e siècle et réouvert en 1969.
[066] Dragey. La base de la tour, percée d'une porte à l’arc brisé datant du 13e
siècle.
[067] Dragey. Le mur latéral nord de la nef (intérieur). L’enduit intérieur des
murs latéraux fut gratté par les habitants du village pour mettre à jour
l’appareil en arêtes de poisson, à la demande de l’abbé Pierre Danguy, curé de
Dragey entre 1954 et 1974. Cet appareil est caractéristique des constructions du
11e siècle et du début du 12e. Il alterne irrégulièrement avec des rangées de
plaquettes de schiste disposées à l’horizontale. L’enduit intérieur ne recouvre
plus que le dernier quart supérieur des murs. La longue baie à fort ébrasement
date du 13e siècle.
[068] Dragey. Le mur latéral nord de la nef (intérieur). La grande baie trilobée
date du 13e siècle. Sur la droite, on voit aussi une baie romane bouchée, à fort
ébrasement. Son arcade est formée d’une rangée de petits claveaux de granit.
Cette baie romane est le seul vestige des ouvertures primitives.
[069] Dragey. Le choeur de l’église (intérieur). Les baies du choeur ont été
agrandies au 15e siècle.
[070] Dragey. Détail du vitrail d'une des deux grandes baies géminées situées
dans le mur latéral sud de la nef. En haut, le Mont Saint-Michel. Plus bas, une
vue partielle de l’archange Saint Michel terrassant le dragon. Ces deux grandes
baies géminées à l’arcade trilobée (dont celle-ci) ont remplacé en 1860 des
“croisées carrées”, elles-mêmes percées en 1790 à l’endroit de petites baies
romanes.
= Genêts
[071] Genêts. L’église est formée d’une large nef, d’un transept à bras
saillants et d’un choeur de trois travées à chevet plat. Une tour massive
surmontée d’un toit en bâtière s’élève à la croisée du transept. Une partie de
l’église, romane, est l'oeuvre de Robert de Torigni, abbé du Mont Saint-Michel
(l'église romane fut consacrée en 1157). Les éléments romans sont la croisée du
transept, une partie des croisillons et la tour aux deux-tiers de sa hauteur. Le
porche précédant le portail sud de la nef date du 16e siècle.
[072] Genêts. Le mur latéral nord de la nef et la tour. La tour est romane aux
deux-tiers de sa hauteur. La partie supérieure fut édifiée au début du 16e
siècle. La nef fut entièrement remaniée au milieu du 18e siècle.
[073] Genêts. Le bras nord du transept roman et son mur pignon. Les maçonneries
forment un appareil irrégulier fait de moëllons de schiste et de granit. Le
schiste est la pierre locale. Quant au granit, il provient sans doute du massif
granitique d’Avranches affleurant à quelques kilomètres au sud-est. Le mur
pignon est percé d’une grande baie en plein-cintre.
[074] Genêts. La tour, de vastes proportions, est implantée à la croisée du
transept. La tour est romane aux deux-tiers de sa hauteur. Le changement
d’appareil est très visible. Un appareil régulier fait de blocs de granit de
taille moyenne laisse la place à des blocs de granit beaucoup plus gros. La tour
comprend deux étages. L’étage inférieur est aveugle. L’étage supérieur est
ouvert au nord, au sud et à l’ouest par des baies géminées romanes murées. Ces
baies géminées sont prolongées par des baies gothiques trilobées et munies
d’abat-sons datant du début du 16e siècle.
[075] Genêts. La partie supérieure de la tour. La tour est surmontée d’un toit
en bâtière dont le départ est caché au nord et au sud par une balustrade
ajourée. Les angles de la balustrade sont ornés de gargouilles gothiques en
forme de chiens, loups et animaux fantastiques.
[076] Genêts. La partie supérieure de la tour. Une autre gargouille gothique.
[077] Genêts. Le bras sud du transept. Son mur ouest date du 11e siècle. Il
appartient sans doute à l’édifice antérieur à l’église romane consacrée en 1157.
L’appareil est différent du reste de l’église. Il est formé de gros blocs de
granit assez réguliers avec quelques plaquettes de schiste disposées en éléments
de calage. Ce portail lourd et très simple est lui aussi caractéristique du 11e
siècle, avec des voussures en plein-cintre sans aucune mouluration et d’épaisses
colonnettes.
[078] Genêts. La croisée du transept romane est délimitée par quatre puissants
piliers de section carrée. Ces piliers, isolés à l’est, sont reliés aux bras du
transept et à la nef à l’ouest. Ils reçoivent quatre arcs légèrement brisés,
très épais et fourrés. Ces arcs délimitent la voûte d’arêtes surplombant la
croisée du transept. La première travée du choeur ouvre au nord et au sud sur
deux chapelles à chevet plat qui ouvrent également sur les croisillons du
transept.
[079] Genêts. La croisée du transept romane. Les quatre piliers observent entre
eux une symétrie parfaite, avec deux côtés présentant une surface plane sans
aucune mouluration et deux autres côtés présentant deux colonnes jumelles
engagées sur dosseret et recevant les arcs brisés. Dans l’un des angles de
chaque pilier, une colonne engagée de forme semblable reçoit la retombée d’une
des arêtes de la voûte. Chaque pilier est surmonté d’une large imposte moulurée
en forme de bandeau chanfreiné.
[080] Genêts. La croisée du transept romane. Détail du pilier nord-ouest. Les
sculptures des corbeilles, en bas relief, représentent des motifs végétaux:
feuilles de marronnier, feuilles de chêne avec glands, feuilles de vigne.
D’autres corbeilles sont sculptées de grappes de raisin, de motifs animaux
(lièvres en train de courir) et de motifs géométriques (arceaux et bourrelets
saillants). Ce type de sculpture laisse à penser que les chapiteaux ont été
sculptés, ou resculptés, à une époque postérieure à la construction des piliers.
Peut-être au moment de la construction du choeur au 13e siècle.
[081] Genêts. Le mur sud de la nef. Un porche du 16e siècle précède la porte sud
de la nef, qui date elle-même du 13e siècle.
[082] Genêts. Le mur sud de la nef. Le porche du 16e siècle est surmonté d’une
charpente en bois, en carène renversée et entièrement chevillée, ajoutée au 18e
siècle.
[083] Genêts. Le bourg et son église. La tour de l’église - avec son toit en
bâtière, sa balustrade et ses gargouilles - émerge au-dessus des toits du
village.
= Saint-Léonard-de-Vains
[084] Saint-Léonard-de-Vains. Le village et son église romane sous la neige. Le
village est situé à l’extrémité du cap du Grouin du Sud, à sept kilomètres
d’Avranches. Le bourg de Saint-Léonard domine la baie du Mont Saint-Michel et
Tombelaine.
[085] Saint-Léonard-de-Vains. Le village et son église romane, vus d'un peu plus
près. Le prieuré de Saint-Léonard était un prieuré simple, à savoir un petit
monastère où quelques religieux détachés des grandes abbayes vivaient sous la
direction d’un prieur, mais sans charge d’âmes. Le prieuré fut la propriété de
l’abbaye Saint-Etienne de Caen jusqu’à la Révolution française (1789).