[012] Bréville. La base de la tour (côté sud) et sa porte romane. L'arcade en

plein-cintre de cette porte est formée d’une voussure moulurée d’un tore suivi

d’un chanfrein sculpté de dents-de-scie peu visibles. Le claveau central de la

voussure est orné d’une grande tête sculptée en fort relief. L’archivolte est

formée d’un épais bandeau orné de dents-de-scie en fort relief sculptées en

creux d’un rang de bâtons brisés. L’archivolte repose à droite sur une pierre

sculptée d’une tête humaine. A gauche, elle disparaît dans les maçonneries de la

nef. Les corbeilles des chapiteaux des colonnettes engagées sont sculptées de

deux crochets d’angle très abîmés encadrés de boules.

[013] Bréville. La base de la tour (côté sud) et sa porte romane. Une pierre en

forme de tête humaine est visible au-dessus de cette porte. Sculptée dans le

calcaire, pierre friable, cette tête a mal résisté à l’usure du temps,

contrairement aux têtes sculptées dans le granit.

[014] Bréville. La base de la tour (côté sud) et sa porte romane. L’archivolte

surmontant l’arcade en plein-cintre repose à droite sur une pierre de granit

sculptée d’une tête humaine.

[015] Bréville. Sous la corniche, un modillon roman sculpté d’une tête humaine.

La plupart des modillons, plus récents, sont taillés en biseau.

[016] Bréville. Un autre modillon roman sculpté d’une tête humaine est visible

au-dessus de la baie percée dans la seconde travée de la nef. Cette baie au

cintre surbaissé a remplacé une petite baie romane en 1832.

[017] Bréville. Le choeur roman (intérieur). Sa voûte en croisée d’ogives date

de la fin du 15e ou du début du 16e siècle. Le carrelage de la deuxième travée

du choeur date de 1863. Le sol de la première travée est recouvert de dalles de

schiste (dalles de Beauchamps) posées en 1969.

[018] Bréville. La nef romane (intérieur). Son plafond en bois fut remplacé par

un plafond en plâtre en 1852. La porte et la grande baie visibles dans le mur du

fond (qui correspond au mur de façade) sont sans grand caractère, la façade

occidentale ayant été remaniée en 1783. La porte chevillée en chêne date de

1970. Les murs sont recouverts d’un enduit à la chaux refait en 1969. Le sol fut

recouvert de dalles de schiste (dalles de Beauchamps) à la même date.

[019] Bréville. La base de la tour, entre choeur et nef (intérieur). Au premier

plan, un arc intérieur aux arêtes chanfreinées repose sur des demi-colonnes

engagées. Cet arc, qui sépare le choeur de la base de la tour, fut remanié lors

de la réfection du choeur au 15e ou 16e siècle. A l’arrière-plan, l’arc séparant

la nef de la base de la tour appartient à l’édifice roman original. Il s’agit

d’un arc fourré et légèrement brisé aux claveaux irréguliers. Cet arc repose sur

deux épais pilastres pris dans l’épaisseur du mur. L’imposte des pilastres est

moulurée en forme de bandeau chanfreiné.

[020] Bréville. Vue partielle du grand autel situé dans le chevet du choeur,

avec une statue de Notre Dame (l’église est placée sous son vocable) et une

statue de Saint Hélier, qui est le second saint.

[021] Bréville. Détail du grand autel situé dans le chevet du choeur. La statue

de Notre Dame. L’église est placée sous son vocable.

[022] Bréville. Détail du grand autel situé dans le chevet du choeur. La statue

de Saint Hélier, qui est le second saint de l’église.

= Yquelon

[023] Yquelon. L’église romane date de la seconde moitié du 12e siècle. Le

village d’Yquelon est situé à deux kilomètres de Granville. D’origine

scandinave, le terme d’Yquelon signifie “branche de chêne”.

[024] Yquelon. L’église romane est formée d’une nef de deux travées suivie d’un

choeur de deux travées à chevet plat. La tour, carrée et massive, est accolée à

la première travée du choeur côté nord. Ses trois étages sont en léger retrait

les uns par rapport aux autres et terminés par un toit en bâtière. Les

ouvertures rectangulaires percées dans les étages indiquent que la tour a été

reconstruite, du moins en partie, depuis le 12e siècle.

[025] Yquelon. La façade occidentale romane. Son appareil irrégulier est fait de

moëllons de schiste et de granit, matériaux locaux. A chaque extrémité, un

contrefort plat prend appui sur un muret de pierre. Si la façade est romane, les

trois baies en plein-cintre situées au-dessus du portail datent de 1896. Elles

ont remplacé une grande baie rectangulaire qui avait elle-même remplacé les deux

petites baies romanes d’origine.

[026] Yquelon. La façade occidentale romane. Son mur pignon est surmonté d’une

croix antéfixe aux branches bifides.

[027] Yquelon. La façade occidentale romane. L'oculus du mur pignon est

d’origine. Le pourtour de l’oculus est orné de billettes avec, dans sa partie

inférieure, une pierre sculptée de deux têtes humaines en fort relief.

[028] Yquelon. La façade occidentale romane. L’arcade en plein-cintre du portail

roman est formée d’une voussure faite de blocs de granit et reposant sur des

piédroits en granit. Le claveau central de la voussure est sculpté d’une tête

humaine en fort relief. L’archivolte est formée d’un cordon saillant orné de

dents-de-scie en fort relief sculptées en creux d’un rang de bâtons brisés. Le

tympan de granit fut restauré en 1897 et sculpté d’une croix d'inspiration

romane.

[029] Yquelon. La façade occidentale romane. Détail de l’arcade en plein-cintre

du portail. L’archivolte repose à chaque extrémité sur une pierre de granit

sculptée d’une tête humaine.

[030] Yquelon. Le choeur roman (intérieur). La nef ouvre sur le choeur par un

arc triomphal très épais, fourré et légèrement brisé, qui repose sur deux

pilastres pris dans l’épaisseur du mur. Les deux travées du choeur sont séparées

par un arc doubleau, lui aussi épais et légèrement brisé.

[031] Yquelon. Le choeur roman (intérieur). Chaque travée est surmontée d’une

voûte en croisée d’ogives. Les deux clefs de voûte sont sculptées de motifs

géométriques en faible relief compris dans un cercle: motifs triangulaires pour

l’une et motifs semi-circulaires pour l’autre.

[032] Yquelon. Le choeur roman (intérieur). Les ogives, très larges, sont ornées

de deux épais tores d’angle entourant une petite moulure triangulaire saillante.

[033] Yquelon. Le choeur roman (intérieur). Doubleaux et ogives reposent sur des

culots en forme de pyramide renversée. Le culot du centre supporte à la fois la

retombée d’un doubleau et celle de deux ogives. Il est surmonté d’un tailloir

carré légèrement chanfreiné.

= Saint-Pair-sur-Mer

[034] Saint-Pair-sur-Mer. L’ancienne église romane, d’après un dessin d’E.

Biguet (Le Pays de Granville, 1934, p. 199). En 1880 et 1881, au début de

l’essor des stations balnéaires, la nef romane fut détruite pour être remplacée

par une nef plus grande doublée d'un transept. L’église agrandie fut consacrée

le 26 août 1888.

[035] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane date de la première moitié du 12e

siècle. De forme carrée, elle comprend deux étages en léger retrait surmontés

d’une flèche octogone. Au premier étage, un groupe de deux arcatures aveugles

est présent au nord et au sud. Au deuxième étage, de grandes baies géminées sont

présentes sur les quatre faces. Séparées par une colonnette trapue à tailloir et

base carrés, ces baies géminées sont surmontées d’une arcade en plein-cintre

ornée d’une simple moulure torique et reposant sur des colonnettes engagées.

[036] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane (intérieur). La tour repose sur quatre

piliers massifs supportant quatre arcs fourrés et légèrement brisés. Ces piliers

déterminent la voûte d’arêtes située sous la tour. Les piliers observent entre

eux une symétrie parfaite.

[037] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane (intérieur). Détail du pilier nord.

S'appuyant sur un dosseret, un pilastre cantonné de deux colonnes engagées est

surmonté d’une imposte moulurée en forme de bandeau chanfreiné. L’imposte forme

aussi le tailloir des chapiteaux. La corbeille des chapiteaux est sculptée de

crochets d’angle taillés dans le granit.

[038] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane (intérieur). Le chapiteau du pilier

nord-ouest. La sculpture fruste en bas relief de sa corbeille est taillée dans

le granit. A l’angle, on voit un buste d’homme, avec une grosse tête. Son bras

droit est levé alors que son bras gauche est replié sur sa poitrine. Une branche

de chêne est visible sur la droite.

[039] Saint-Pair-sur-Mer. La tour romane (intérieur). Un autre chapiteau de

granit est sculpté d’un crochet d’angle en faible relief. Les corbeilles des

chapiteaux des piliers nord-ouest, nord-est et sud-est sont toutes ornées de

crochets d’angle de ce type.

[040] Saint-Pair-sur-Mer. Le sarcophage de Saint Pair. Un autel en pierre datant

du 19e siècle recouvre le sarcophage de Saint Pair. Saint Pair (482-565) fonda

avec Saint Scubilion un oratoire dont les fondations sont présentes sous le

choeur de l’église actuelle. Il donna aussi son nom au village connu auparavant

sous le vocable romain de Scessiacus (Scissy). Les sarcophages en calcaire

coquiller de Saint Pair et de Saint Scubilion furent retrouvés en 1875, à

l’occasion de fouilles faites par l’abbé F. Baudry.

[041] Saint-Pair-sur-Mer. La châsse de Saint Gaud, sise sur l’autel recouvrant

son sarcophage. L’église est également un lieu de pèlerinage voué au culte de

Saint Gaud, qui dispose de sa propre chapelle, construite au 19e siècle dans le

mur nord du choeur. Saint Gaud (400-491) aurait été le deuxième évêque d’Evreux.

Après quarante ans d’épiscopat, il se serait démis de ses fonctions pour venir

se retirer dans la solitude du bourg de Scissy. Le sarcophage de Saint Gaud fut

retrouvé en 1131 (soit bien avant celui de Saint Pair) en creusant les

fondations de la tour romane.

[042] Saint-Pair-sur-Mer. Le choeur (intérieur). Dans la seconde travée du

choeur actuel, on observe une double ligne de dallages noirs encadrant une

rangée de dallages clairs, le tout recouvrant de façon très précise les

fondations de l’ancien oratoire. Ces fondations forment une abside

semi-circulaire prolongée par des murs latéraux qui se perdent ensuite dans la

construction romane. Au premier plan, une pierre tombale blanche indique

l’endroit où était enterré le sarcophage de Saint Pair.

= Saint-Jean-le-Thomas

[043] Saint-Jean-le-Thomas. L’église est formée d’une longue nef romane (11e et

début du 12e siècle) et d’un choeur pré-roman (10e siècle) à chevet plat. Le

portail roman percé dans le mur latéral sud de la nef est précédé d’un large

porche datant du 15e siècle. La tour, carrée et massive, est elle aussi accolée

au mur sud de la nef. Construite en 1895 et 1896 pour remplacer un clocher

vétuste, cette tour comprend deux étages surmontés d’une balustrade ajourée.

Elle fut édifiée en granit des carrières de Saint-James.

[044] Saint-Jean-le-Thomas. La façade occidentale et la tour. Le mur de façade

est surmonté d’un léger glacis recouvert de plaquettes de schiste, en arrière

duquel s’élève le mur pignon. Cette façade ne comprend pas de porte. Sa partie

médiane est occupée par un contrefort plat se terminant par un glacis à la base

du pignon. Les deux petites baies romanes situées de part et d’autre du

contrefort furent réouvertes en 1973. La baie plus récente située dans le mur

pignon fut murée à la même date.

[045] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pré-roman et son mur latéral sud. Ce mur

est fait de moëllons de granit pris dans un épais mortier. La petite baie en

plein-cintre est romane. La grande baie fut percée en 1895, au moment de la

reconstruction de la tour.

[046] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pré-roman et son mur latéral nord. Haut

situées, les trois petites baies en plein-cintre sont surmontées de claveaux de

briques. La grande baie en plein-cintre à l'arcade trilobée fut ouverte en 1895.

[047] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pré-roman et son mur latéral nord. Détail

de l’appareil de petits blocs de granit assez réguliers pris dans d’épais joints

de mortier. Près de la baie ouverte en 1895, des maçonneries plus récentes sont

faites de moëllons de schiste et de granit, matériaux locaux.

[048] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pré-roman (intérieur)et son mur latéral

nord. L’appareil de granit des murs et les claveaux de briques des baies sont

également visibles à l’intérieur, suite à la restauration du choeur en 1965 sous

la direction d’Yves-Marie Froideveaux, architecte en chef des monuments

historiques. Les cinq petites baies aux claveaux de briques (trois au nord et

deux au sud) furent retrouvées et réouvertes à cette date.

[049] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pré-roman (intérieur). Les deux grandes

baies en plein-cintre visibles de part et d’autre du choeur furent ajoutées en

1895, lors de la reconstruction de la tour.

[050] Saint-Jean-le-Thomas. Le choeur pré-roman (intérieur). Sa voûte en berceau

de bois fut ajoutée en 1965 et terminée en 1973.

[051] Saint-Jean-le-Thomas. La nef romane (intérieur). Construite au 11e siècle,

la nef fut terminée au début du 12e siècle. Sa voûte en berceau est en plâtre.

Le sol est recouvert de larges dalles de granit. Dans le mur occidental (situé

au fond), les deux baies romanes ont été réouvertes en 1964, après avoir été

retrouvées sous l’enduit. La baie supérieure – une baie médiane située dans le

mur pignon – fut murée à la même date. Ses piédroits de granit restent toujours

bien visibles.

[052] Saint-Jean-le-Thomas. L’église (intérieur). Des peintures murales furent

dégagées en décembre 1974 dans le mur latéral sud de la nef. L’existence de

décors peints aussi anciens (ils dateraient du 12e siècle), très rares dans

cette région, était ignorée jusqu’en 1974, date de la réfection des enduits

intérieurs de la nef. Des taches de couleur attirèrent l’attention de l’abbé

Porée, curé de l’église, qui fit intervenir les fresquistes des Beaux-Arts.

[053] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral

sud de la nef. Dans la partie dégagée en décembre 1974, trois tableaux se

succèdent: le combat d’un homme contre un ange (sur le tympan du portail muré),

une lutte entre deux personnages et une scène champêtre. Ces tableaux sont

surmontés de frises. Une autre partie, située à l’est du tympan, devait être

dégagée par la suite.

[054] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral

sud de la nef. Sur le tympan du portail muré, le combat d’un homme contre un

ange, “un combat qui pourrait être celui de Jacob contre l’ange envoyé de Dieu,

ou Dieu lui-même manifesté sous une forme visible” (abbé Porée).

[055] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral

sud de la nef. Dans cette scène champêtre, avec épis de blé visibles à gauche,

un personnage portant une grande cape tient une outre et verse du vin dans un

coupe que lui tient un autre personnage. A droite, un troisième personnage muni

d’un instrument aratoire est en partie effacé.

[056] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral

sud de la nef. Le troisième tableau, dont la plus grande partie a disparu,

représente la lutte entre un personnage à cape dont la tête est surmontée d’une

auréole et un autre personnage recouvert d’une armure qui semble être à terre.

Il s’agirait de “la lutte de Saint Michel contre le Démon” (abbé Porée).

[057] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral

sud de la nef. Sur ce détail (situé entre la scène champêtre et la scène de

lutte), on voit que le décor est peint à même l’enduit à la chaux, ce qui

explique le fond clair. Ces peintures murales seraient l’oeuvre de pèlerins du

Mont Saint-Michel, l'église étant située sur une voie montoise.

[058] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral

sud de la nef. Sur cet autre détail (vue partielle de la scène de lutte), on

voit que tous les contours sont dessinés en peinture ocre. Les surfaces

intérieures sont peintes en ocre et en chamois. Seules ces deux couleurs sont

utilisées.

[059] Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur latéral

sud de la nef. Les tableaux sont surmontés de frises de rinceaux terminées par

des feuillages. Les rinceaux courent entre deux bandes horizontales de couleur

ocre (le long des rinceaux) et chamois (les long des bandes ocre), avec une

rangée de points blancs délimitant les deux couleurs.

[060] Saint-Jean-le-Thomas. Le mur latéral sud de la nef. Détail du large porche

du 15e siecle précédant le portail roman, dont on voit l’arc surbaissé orné d’un

tore. La voûte de pierre du porche présente un appareil irrégulier fait de

plaquettes de schiste.

[061] Saint-Jean-le-Thomas. La Vierge et l’Enfant. Située sous le porche du 15e

siècle, cette statue de pierre surplombe le portail roman percé dans le mur

latéral sud de la nef.

= Dragey

[062] Dragey. L’église est formée d’une nef de trois travées et d’un choeur

d’une seule travée. La tour est située entre choeur et nef. Seule la nef est

romane. Elle date du 11e siècle ou des premières années du 12e siècle. Le choeur

et la tour datent du 13e siècle.

[063] Dragey. L’église est bâtie sur un promontoire à un kilomètre environ du

village, tout comme le presbystère. Visible de loin en pleine mer, la tour de

l’église servait de point de repère aux navigateurs.

[064] Dragey. La façade occidentale. Les maçonneries sont formées d’un appareil

irrégulier de schiste et de granit. Sis à chaque extrémité de la façade, deux

épais contreforts sont terminés par un glacis. La grande baie géminée à l’arc

légèrement brisé date du 13e siècle. Elle fut débouchée et restaurée en 1860. Le

portail original fut remplacé par un portail sans caractère à la même date.

[065] Dragey. La mur latéral sud de la nef. Sa porte, romane, est précédée d’un

porche datant du 16e siècle et réouvert en 1969.

[066] Dragey. La base de la tour, percée d'une porte à l’arc brisé datant du 13e

siècle.

[067] Dragey. Le mur latéral nord de la nef (intérieur). L’enduit intérieur des

murs latéraux fut gratté par les habitants du village pour mettre à jour

l’appareil en arêtes de poisson, à la demande de l’abbé Pierre Danguy, curé de

Dragey entre 1954 et 1974. Cet appareil est caractéristique des constructions du

11e siècle et du début du 12e. Il alterne irrégulièrement avec des rangées de

plaquettes de schiste disposées à l’horizontale. L’enduit intérieur ne recouvre

plus que le dernier quart supérieur des murs. La longue baie à fort ébrasement

date du 13e siècle.

[068] Dragey. Le mur latéral nord de la nef (intérieur). La grande baie trilobée

date du 13e siècle. Sur la droite, on voit aussi une baie romane bouchée, à fort

ébrasement. Son arcade est formée d’une rangée de petits claveaux de granit.

Cette baie romane est le seul vestige des ouvertures primitives.

[069] Dragey. Le choeur de l’église (intérieur). Les baies du choeur ont été

agrandies au 15e siècle.

[070] Dragey. Détail du vitrail d'une des deux grandes baies géminées situées

dans le mur latéral sud de la nef. En haut, le Mont Saint-Michel. Plus bas, une

vue partielle de l’archange Saint Michel terrassant le dragon. Ces deux grandes

baies géminées à l’arcade trilobée (dont celle-ci) ont remplacé en 1860 des

“croisées carrées”, elles-mêmes percées en 1790 à l’endroit de petites baies

romanes.

= Genêts

[071] Genêts. L’église est formée d’une large nef, d’un transept à bras

saillants et d’un choeur de trois travées à chevet plat. Une tour massive

surmontée d’un toit en bâtière s’élève à la croisée du transept. Une partie de

l’église, romane, est l'oeuvre de Robert de Torigni, abbé du Mont Saint-Michel

(l'église romane fut consacrée en 1157). Les éléments romans sont la croisée du

transept, une partie des croisillons et la tour aux deux-tiers de sa hauteur. Le

porche précédant le portail sud de la nef date du 16e siècle.

[072] Genêts. Le mur latéral nord de la nef et la tour. La tour est romane aux

deux-tiers de sa hauteur. La partie supérieure fut édifiée au début du 16e

siècle. La nef fut entièrement remaniée au milieu du 18e siècle.

[073] Genêts. Le bras nord du transept roman et son mur pignon. Les maçonneries

forment un appareil irrégulier fait de moëllons de schiste et de granit. Le

schiste est la pierre locale. Quant au granit, il provient sans doute du massif

granitique d’Avranches affleurant à quelques kilomètres au sud-est. Le mur

pignon est percé d’une grande baie en plein-cintre.

[074] Genêts. La tour, de vastes proportions, est implantée à la croisée du

transept. La tour est romane aux deux-tiers de sa hauteur. Le changement

d’appareil est très visible. Un appareil régulier fait de blocs de granit de

taille moyenne laisse la place à des blocs de granit beaucoup plus gros. La tour

comprend deux étages. L’étage inférieur est aveugle. L’étage supérieur est

ouvert au nord, au sud et à l’ouest par des baies géminées romanes murées. Ces

baies géminées sont prolongées par des baies gothiques trilobées et munies

d’abat-sons datant du début du 16e siècle.

[075] Genêts. La partie supérieure de la tour. La tour est surmontée d’un toit

en bâtière dont le départ est caché au nord et au sud par une balustrade

ajourée. Les angles de la balustrade sont ornés de gargouilles gothiques en

forme de chiens, loups et animaux fantastiques.

[076] Genêts. La partie supérieure de la tour. Une autre gargouille gothique.

[077] Genêts. Le bras sud du transept. Son mur ouest date du 11e siècle. Il

appartient sans doute à l’édifice antérieur à l’église romane consacrée en 1157.

L’appareil est différent du reste de l’église. Il est formé de gros blocs de

granit assez réguliers avec quelques plaquettes de schiste disposées en éléments

de calage. Ce portail lourd et très simple est lui aussi caractéristique du 11e

siècle, avec des voussures en plein-cintre sans aucune mouluration et d’épaisses

colonnettes.

[078] Genêts. La croisée du transept romane est délimitée par quatre puissants

piliers de section carrée. Ces piliers, isolés à l’est, sont reliés aux bras du

transept et à la nef à l’ouest. Ils reçoivent quatre arcs légèrement brisés,

très épais et fourrés. Ces arcs délimitent la voûte d’arêtes surplombant la

croisée du transept. La première travée du choeur ouvre au nord et au sud sur

deux chapelles à chevet plat qui ouvrent également sur les croisillons du

transept.

[079] Genêts. La croisée du transept romane. Les quatre piliers observent entre

eux une symétrie parfaite, avec deux côtés présentant une surface plane sans

aucune mouluration et deux autres côtés présentant deux colonnes jumelles

engagées sur dosseret et recevant les arcs brisés. Dans l’un des angles de

chaque pilier, une colonne engagée de forme semblable reçoit la retombée d’une

des arêtes de la voûte. Chaque pilier est surmonté d’une large imposte moulurée

en forme de bandeau chanfreiné.

[080] Genêts. La croisée du transept romane. Détail du pilier nord-ouest. Les

sculptures des corbeilles, en bas relief, représentent des motifs végétaux:

feuilles de marronnier, feuilles de chêne avec glands, feuilles de vigne.

D’autres corbeilles sont sculptées de grappes de raisin, de motifs animaux

(lièvres en train de courir) et de motifs géométriques (arceaux et bourrelets

saillants). Ce type de sculpture laisse à penser que les chapiteaux ont été

sculptés, ou resculptés, à une époque postérieure à la construction des piliers.

Peut-être au moment de la construction du choeur au 13e siècle.

[081] Genêts. Le mur sud de la nef. Un porche du 16e siècle précède la porte sud

de la nef, qui date elle-même du 13e siècle.

[082] Genêts. Le mur sud de la nef. Le porche du 16e siècle est surmonté d’une

charpente en bois, en carène renversée et entièrement chevillée, ajoutée au 18e

siècle.

[083] Genêts. Le bourg et son église. La tour de l’église - avec son toit en

bâtière, sa balustrade et ses gargouilles - émerge au-dessus des toits du

village.

= Saint-Léonard-de-Vains

[084] Saint-Léonard-de-Vains. Le village et son église romane sous la neige. Le

village est situé à l’extrémité du cap du Grouin du Sud, à sept kilomètres

d’Avranches. Le bourg de Saint-Léonard domine la baie du Mont Saint-Michel et

Tombelaine.

[085] Saint-Léonard-de-Vains. Le village et son église romane, vus d'un peu plus

près. Le prieuré de Saint-Léonard était un prieuré simple, à savoir un petit

monastère où quelques religieux détachés des grandes abbayes vivaient sous la

direction d’un prieur, mais sans charge d’âmes. Le prieuré fut la propriété de

l’abbaye Saint-Etienne de Caen jusqu’à la Révolution française (1789).

L'art roman dans le Sud-Manche · 第 9 / 10 段