LES PROGRÈS DE LA VITESSE SUR LE P.-L.-M

En signalant, au cours du dernier été, les améliorations apportées par

l'administration des chemins de fer de l'État à la marche du rapide

Paris-Trouville, nous faisions remarquer que la réduction du temps de

trajet d'un express n'est point toujours due à une augmentation effective

de la vitesse du train. Elle s'obtient souvent par une exploitation plus

serrée visant à supprimer les pertes de temps qu'impliquent les arrêts

fréquents, la multiplicité des manoeuvres, le tracé défectueux de

certaines sections de la voie, etc.

Mais il est des solutions différentes, et le réseau P.-L.-M., qui vient

de remettre en marche son train extra-rapide de Paris à Nice, le «Côte

d'Azur», nous offre à cet égard un exemple intéressant.

Le premier des deux tableaux suivants montre les progrès réalisés depuis

trente ans dans le trajet Paris-Nice et Paris-Marseille par les trains

rapides n'admettant que les voyageurs de première classe.

Ainsi, de 1882 à 1912, la vitesse maxima des rapides ordinaires

Paris-Marseille et Paris-Nice a passé (en chiffres ronds) de 70

kilomètres à 91 kilomètres. La vitesse commerciale, c'est-à-dire la

vitesse effective, arrêts compris, s'est élevée respectivement de 58 et

de 53 kilomètres à 73 et 68 kilomètres. En même temps, le poids du train

et, par conséquent, le nombre de places disponibles a augmenté dans: de

sérieuses proportions.

[Illustration: Une artiste française qui interprète, en Amérique, le

rôle d'une baronne autrichienne dans une pièce d'un auteur anglais: Mme

Simone.--_Copyright White N.-Y._]

Si nous considérons la dernière décade, 1902-1912, nous constatons dans

la marche des trains récents extra-rapides de la Riviera un progrès

aussi important quoique en apparence moins accentué.

Ces trains extra-rapides ne sont point des trains de luxe. Accessibles

aux porteurs de billets ordinaires de première classe, ils ne se

distinguent des autres rapides que par la limitation du nombre de

places. Cependant, la charge qu'ils remorquent a presque doublé, et elle

est peu inférieure à celle des rapides ordinaires. Ceci demande une

explication.

En fait, le nombre des places pouvant être offertes dans un express est

toujours limité; mais, en cas d'affluence, on dédouble le train. Le

train dit «à nombre de places limité» ne peut pas être dédoublé.

Avec le développement incessant du nombre de voyageurs, on doit chercher

à réduire au minimum les dédoublements, cause d'encombrement sur des

lignes déjà fort chargées. Aussi, à chaque progrès réalisé par ses

machines, l'administration du P.-L.-M. sut presque toujours résister à

la tentation d'augmenter uniquement la vitesse. Elle a préféré consacrer

une partie de la puissance gagnée à l'accroissement de la capacité des

trains.

Comme il ressort du premier tableau, le nombre et la durée des arrêts

n'ont joué pour ainsi dire aucun rôle dans l'augmentation de la vitesse

commerciale. Au point de vue des arrêts, le P.-L.-M. se trouve, en

effet, dans une situation particulière très différente de celle du Nord,

par exemple, qui détient, avec le rapide Paris-Calais, le record de la

vitesse. De Paris à Nice, on rencontre de grandes villes qui exigent des

stationnements assez longs; après Saint-Raphaël, le rapprochement des

gares desservies interdit les grandes vitesses; la manoeuvre des

voitures directes pour des lignes d'embranchement (voitures de plus en

plus nombreuses) prend un temps relativement considérable, etc.

Notre second tableau montre qu'un progrès encore plus considérable a été

réalisé dans la marche des trains Paris-Marseille et Paris-Nice à

voitures de toutes classes.

En outre, contrairement à ce que nous faisions remarquer plus haut en ce

qui concerne les rapides de première classe, la réduction du nombre des

arrêts a contribué dans une mesure appréciable à l'augmentation de

vitesse des rapides à toutes classes.

L'Illustration, No. 3645, 4 Janvier 1913 · 第 27 / 34 题