Cette maladie n'a rien de commun avec l'asphyxie qui frappe parfois
certains travailleurs nocturnes, on avec les troubles si douloureux qui
frappent les ouvriers peintres. C'est une altération progressive
spéciale au plomb, comme la _maladie de l'aluminium, celle de l'étain et
celle de l'acier_ sont spéciales à ces divers métaux. Elle a été étudiée
récemment sur l'initiative du conservateur du musée de Cluny qui voyait
avec désespoir certains objets d'art anciens en plomb s'oxyder
progressivement et tomber finalement en poussière, alors que d'autres
objets de même métal n'éprouvaient aucune altération.
Les recherches faites semblent avoir démontré que la cause déterminante
de la maladie des objets en plomb est la présence, dans le métal, de
chlorures et en particulier de sel marin. On a pu, en effet, constater
la présence constante de chlorures dans le plomb _malade_ et l'on a
réussi, d'autre part, à provoquer la maladie dans un objet sain en le
chlorurant artificiellement. On a pu démontrer ainsi que le sel marin,
excellent pour a conservation de la viande, était détestable pour celle
des objets en plomb.
Le remède est assez difficile à trouver, car, s'il est relativement
facile de faire disparaître par un _lavage_ des traces superficielles de
chlorure, il est impossible de supprimer le chlorure incorporé au plomb.
Tout au plus peut-on chercher à atténuer le mal, comme on doit se
contenter de le faire dans la plupart des maladies humaines. On enduit à
cet effet les objets malades que l'on veut protéger d'un vernis
transparent imperméable, à base de _fulmicoton_. Le vernis, supprimant à
peu près complètement l'action de l'air, ralentit dans une notable
mesure la maladie qui sévissait jusqu'ici sur les objets d'art en plomb
de nos musées. On peut même espérer qu'une étude plus complète de ce mal
permettra de le supprimer définitivement.