La nouvelle loi militaire allemande qui comporte aussi une amélioration
sensible de la mobilisation, une extension des moyens techniques
(augmentation du nombre des compagnies de mitrailleuses et de la
puissance des nouvelles formations d'artillerie), un perfectionnement de
l'organisation générale de l'armée, et une amélioration du réseau ferré
de la Prusse rhénane, questions qui mériteraient une plus longue étude,
est incontestablement une oeuvre mûrement réfléchie, avec un but précis,
un objectif nettement délimité. Elle nous intéresse au premier chef,
nous avertissait charitablement la Gazette de l'Allemagne du Nord, le 23
mars; sans aucun doute, mais elle ne saurait nous intimider, car, en
résumé, sur le champ de la bataille décisive (tableau ci-contre), la
différence sera seulement de 24 bataillons, soit la valeur d'un corps
d'armée. Nos forces de couverture peuvent suffire, avec leur
entraînement incomparable. La rapidité de notre mobilisation égale celle
d'outre-Rhin; la valeur de nos unités mobilisées avec leur complément de
réservistes ne le céderait en rien à celle des bataillons allemands. Ce
qui ne veut pas dire, d'ailleurs, qu'il n'y aurait pas des améliorations
notables h introduire dans notre organisme militaire, telles, notamment,
que l'adoption définitive d'une artillerie lourde, et l'utilisation
intensive des projecteurs, télégraphes, téléphones, automobiles, poids
lourds, dirigeables, aéroplanes, de tous les moyens techniques que les
ingénieurs mettent à notre disposition.