sublime ne s'est produit. Cette tragédie, sauvage comme un site de
Salvator, subsiste si belle qu'on dirait d'une large et ineffaçable
peinture. Donnez à Frédéric Lemaître un cheval comme au roi Richard,
jetez-le, perdez-le sous le nom de Moor au milieu de ces cohortes
sacriléges où le doute est roi, où le crime devient blason, faites
descendre sur son front la pâleur comme un linceul, couronnez ce front
de l'auréole sanglante du héros de Schiller, vous verrez après quel
drame surgira!
Drame immense, sévère, courroucé, impétueux! Aujourd'hui Moor crierait
contre les pirates et les écumeurs littéraires, contre les marchands qui
se cotisent pour acheter à bas prix un pauvre auteur, le vendre, le
revendre jusqu'à ce qu'il soit démonétisé sur place! ces gens-là volent
l'intelligence avec un traité, ils la gaspillent, ils l'égorgent: Moor
se contentait d'assassiner les passants!
Outre Baptiste cadet la troupe de mademoiselle Montansier comptait
encore dans son sein des hommes tels que Damas et Caumont, des femmes
telles que mesdemoiselles Sainval.
Le physique de Damas manquait d'éclat, le visage de cet acteur était
ingrat, son nez seul prêtait à une série de quolibets dont ses
détracteurs ne se firent faute. Damas avait de la chaleur, une grande
intelligence, mais il bredouillait et encourait pour l'ordinaire
l'inimitié de ses interlocuteurs qui lui reprochaient de _cracher dans
l'œil_. En revanche, ses amis cherchaient à le consoler en lui faisant
observer qu'il avait une grande similitude avec Lekain. Le nez écrasé de
Damas ressemblait en effet à celui de ce fougueux Othello, de cet
Orosmane camard dont toutes les gravures conservent si religieusement
les traits.
Les deux Grammont faisaient aussi partie du théâtre Montansier, sans se
douter que l'échafaud pût remplacer un jour pour eux la tragédie.
L'un d'eux figura au massacre des Suisses (10 août). On le vit en
pantalon collant avec une couronne de lierre sur la tête entamer des
pourparlers avec les défenseurs du château.
On ne saurait croire combien d'acteurs ambitionnaient alors l'habit de
général: nous citerons à propos de _Robert, chef de brigands_, joué au
théâtre de la cité par Baptiste aîné l'anecdote suivante qui prouve à
quel point toutes les classes brûlaient alors de l'envie de s'élever.
Les jeux du hasard élevaient en ce temps-là un homme au haut de la roue,
ou l'immolait sans pitié!
Dans la pièce de _Robert, chef de brigands_, pièce dans la quelle
excellait Baptiste aîné, il y avait trois brigands secondaires.
Ces trois brigands portaient la barbe, le sabre, les moustaches, en un
mot tous les accessoires de sa piraterie. Ils juraient comme Cartouche
et prenaient des poses académiques comme Mandrin.
Mais quels étaient ces bandits?
Si vous désirez le moins du monde savoir leurs noms nous allons les
inscrire ici par ordre:
Le premier était le général Anselme, frère de Baptiste aîné.
Le second, le baron Capelle, ancien ministre de Charles X.
Le troisième, le maréchal Gouvion Saint-Cyr!
Vous voilà bien étonnés du théâtre obscur de la Cité monté ainsi tout
d'un coup au premier poste de l'état! devenir l'un général, l'autre
ministre, le troisième maréchal! Quel vaudeville les auteurs du
_Camarade de lit_ feraient là-dessus!
Voici comment la chose arriva quant à Gouvion Saint-Cyr:
Le maréchal Gouvion Saint-Cyr fut un jour trouver Baptiste cadet, son
ami. C'était aux jours cruels et périlleux de notre révolution; il
devenait difficile pour lui d'éviter l'émigration que tant d'exemples
validaient.
--Tu n'as qu'un parti à prendre, dit Baptiste à son ami, c'est de te
mettre au théâtre!
--Veux-tu plaisanter?
--Non pas. Tiens, mon cher ami, tu représenterais fort bien en uniforme!
Gouvion Saint-Cyr se laisse persuader, il débute.
Le premier jour, on l'accueille froidement.
Le second, il est sifflé!
Le troisième--le quatrième! Ah! par ma foi, l'Odyssée de son malheur se
poursuit, on l'abreuve d'humiliations...
En ce temps-là les pommes n'étaient pas encore inventées...
Mais on sifflait en chœur, et avec une force imposante.
L'infortuné lutta vainement... La honte, le dépit l'emportèrent enfin.
Il profita d'un jour où il y avait un bataillon de volontaires dans la
cour du Louvre et il partit. Arrivé à la frontière, il était chef de
bataillon!
Les frères Grammont furent moins heureux; ils trempèrent tous deux dans
la Révolution française et payèrent cette tentative malheureuse de
l'échafaud.
Les demoiselles Sainval--les mêmes que l'on vit forcées de se
réconcilier et de s'embrasser en plein théâtre, _malgré qu'elles en
eussent_, jouèrent aussi à la Montansier.
La direction était loin de les chérir et elles étaient désignées par
elle sous le nom de ses _bêtes noires_.
Elles n'avaient rien de commun, au reste, avec cette famille des
Jocrisses qu'adora Cambacérès et pour laquelle Talma montrait dans
Brunoy une préférence injurieuse à Corneille.
Nous avons parlé de Dorvigny, l'heureux père de tant de parades
représentées alors avec fracas, surtout celle des _Battus paient
l'amende_. Dorvigny était un improvisateur de première force.
Il n'était pas rare de le voir arriver souvent aux jours marqués pour
une lecture avec un magnifique rouleau noué d'une ficelle, il s'asseyait
vis-à-vis de Brunet, par exemple, n'ouvrait pas son cahier, mais
commençait par faire claquer sa langue d'un air significatif.
--C'est-à-dire que tu es content... disait Brunet.
--Assez. Jolie pièce, ma foi; on rira bien.
--Je l'espère.
--Veux-tu me prêter dix francs?
--Pourquoi?
--Parbleu! pourquoi! parce que je n'ai pas déjeuné. Je me sens le gosier
sec.
--Mais puisque tu viens me lire... objectait Brunet d'un air de reproche
timide.
--Laisse donc, je lirai bien mieux quand j'aurai humé un peu de blanc
qu'Aude m'a fait goûter près de la rue du Dauphin.
--La rue du Dauphin? mais c'est encore loin des Variétés!
--Tu marronnes toujours. As-tu dix francs?
--Pourquoi dix francs?
--J'en dois huit à ce traiteur...
--Je n'en ai que cinq, reprenait le pauvre Brunet en se fouillant.
--C'est cinq que tu me devras!
Et muni de ces cinq francs de Brunet, il courait chez son traiteur; il
allait frapper le rocher comme Moïse, et de ce roc jaillissait
l'inspiration.
Dorvigny, son rouleau toujours ployé sous le bras, rentrait aux
Variétés!
--Et ta pièce, ta pièce! malheureux, lui criait Brunet.
--Je ne l'ai point perdue, la voici! Dorvigny montrait son rouleau.
--Je respire, disait le directeur, allons, commence ta lecture. Va! le
comité, c'est moi!
Dorvigny se plaçait vis-à-vis de Brunet, il ôtait la ficelle de son
rouleau et il commençait alors la liste des personnages.
--Bien! à présent, continue.
Dorvigny se mouchait, prisait, il entamait ensuite la première scène!
--C'est très drôle, très drôle... Va toujours! disait Brunet.
Dorvigny passait à une seconde, à une troisième; bref il lisait à
miracle et de façon à enlever bien vite le succès.
--Il n'y a que lui pour lire comme ça! poursuivait Brunet en se roulant
sur la table.
--Tu reçois donc cet ouvrage?
--Je serais bien sot de le refuser. Donne-moi le manuscrit.
--Le manuscrit?
--Sans doute. Pourquoi le reploies-tu!
--C'est que...
--Tu vas le gâter avec des changements, je te connais, rien ne vaut
l'idée première...
--Mais c'est...
--Ah! trêve de _mais_, je veux ton manuscrit, je le veux!
Et l'impérieux Brunet enlevait impitoyablement le manuscrit des mains de
son auteur; il l'ouvrait, mais, ô surprise! le papier de Dorvigny était
vierge de toute écriture...
Dorvigny avait tout improvisé!...
Le lendemain, il ne se rappelait rien, l'ivresse avait, hélas! passé par
là!
Peu d'auteurs feraient, de nos jours, pareils tours de force.
Brunet dut avoir recours à un sténographe pour Dorvigny.--Mais, en ce
temps-là, l'art de la sténographie était dans l'enfance.
Quand Dorvigny mourut, il ne devait laisser que des dettes, nous
ignorons quelle société dramatique ou philanthropique les paya, mais un
homme qui avait fait tant rire méritait bien qu'on s'intéressât un peu à
lui.
Revenons à Baptiste cadet[58].
Le feu duc de Polignac a raconté souvent devant nous la prédilection de
Louis XVIII pour cet acteur; il lui envoyait du vin de sa table, et
notamment dans _les Héritiers_ de Duval, le duc d'Escars était chargé de
ce que l'auteur de la Charte nommait plaisamment _la provision de
Baptiste_.
Un soir que Baptiste cadet jouait _Alain_ dans _les Héritiers_, (Louis
XVIII et le duc d'Escars assistaient à cette représentation), le roi
crut remarquer que Baptiste était distrait.
--Qu'a donc Baptiste? demanda-t-il à son maître-d'hôtel qui trouvait,
lui, que l'acteur jouait fort bien.
--Votre Majesté est sévère ce soir, répondit le duc; je trouve Baptiste
aussi bon que de coutume.
--Il a quelque chose...
--Il n'a rien.
--D'Escars, je vous dis qu'il n'est pas dans son assiette.
--Écoutez donc, reprit d'Escars, il a peut-être trop fêté ce vin de
Chambertin que nous lui avons envoyé... Je dis _nous_, quoique ce soit
le vin du roi et que Votre Majesté seule...
--C'est vrai, j'ai voulu qu'il eût ses vingt bouteilles bien cachetées.
--Et vingt bouteilles dérangent le jeu de tout compère, si fort qu'il
paraisse!... Je ne dis pas qu'il en ait bu vingt, continua le duc
d'Escars, pas un de vos Suisses ne les tiendrait... Mais peut-être
a-t-il invité ses camarades... Et le Chambertin, ce vin perfide... dame!
Baptiste cadet n'est pas un trappiste, un Rancé!
--Vous le calomniez, il n'est pas gris... voyez! il a l'air plutôt de
chercher quelqu'un...
--En effet, Baptiste semblait fort préoccupé...
Évidemment il lui manquait un de ses accessoires ordinaires: on sait que
les comédiens désignent par ce mot les objets matériels indispensables à
leurs rôles.
Mais quel était cet accessoire?
Dans _les Héritiers_, un des grands mérites de Baptiste cadet consistait
surtout à tricher son maître d'une façon fort comique.
Il y a une scène dans la pièce où le capitaine déjeune, Baptiste est son
valet, Baptiste le voit, Baptiste l'envie... La bouteille que boit le
capitaine est à moitié, Baptiste en boit une gorgée derrière lui, puis
remet un peu d'eau dans la carafe et _mêle_...
Ceci est un manége de domestique fort connu.
Mais ce qu'il fallait voir, c'était l'adresse, la vivacité, la précision
de Baptiste dans un jeu de scène... Vous n'eussiez jamais voulu de lui
pour domestique à voir ce trait-là, toute votre cave y eût passé! Oui,
toute votre cave.
Le Sillery rouge et mi-frappé,
Le Mercurey de la comète,
L'Aï de Moët,
Le Malvoisie d'Alicante!
Baptiste eût mélangé tout cela aussi bien que le fameux vin du
capitaine.
Quand Baptiste jouait cette scène, et que le roi assistait au spectacle
il échangeait ordinairement un coup d'œil malin avec sa Majesté laquelle
ne manquait pas de se tourner alors vers son premier maître-d'hôtel
comme pour lui dire avec une bonhomie maligne:
--Pends-toi, d'Escars, tu n'as pas trouvé celle-là!
Or voici que cette fois-là Baptiste s'approche de la loge royale et dit
entre ses dents de façon à être entendu de sa Majesté:
«Pauvre Baptiste, on t'a triché ce soir de dix bouteilles!»
Et en même temps il montra le poing au premier maître-d'hôtel de sa
Majesté.
--Que veut dire ceci, demanda le roi fort étonné à d'Escars, n'avez-vous
donc pas envoyé à Baptiste ses vingt bouteilles?
--Je vous jure, Sire...
Le roi laissa tomber de nouveau son regard sur Baptiste. La pantomime de
celui-ci n'exprimait que trop son dépit. Ce soir-là, il jouait pour sa
Majesté bien plus que pour le public.
--Monsieur le duc, reprit le roi en riant, je crois que vous aimez le
Chambertin; rognez mes courtisans, j'y consens, mais je veux que
Baptiste ne soit jamais privé...
--D'un pareil vin, Sire, balbutia le duc, mais c'est un nectar; je
connais votre cave autant que personne, il vous en reste à peine deux
cents bouteilles...
--C'est bon,--vous ne lui enverrez plus à l'avenir que du vin de Chypre
de la Commanderie, entendez-vous?
Le duc d'Escars obéit, il se rattrapa sur une macédoine de sept fruits à
la glace au jus d'orange et sur des cerceaux au sel gris et au jus
muscat qu'il fit apporter dans la loge vers la fin du spectacle. Louis
XVIII aimait beaucoup ces sortes d'improvisations. Il rendit sa faveur à
son très honoré maître-d'hôtel, à condition qu'il ne _tricherait_ plus
jamais Baptiste.
Jusqu'à la mort de Louis XVIII, Baptiste but du vin du roi.
Quand on porta le corps de Louis XVIII à Saint-Denis, il faisait une
pluie du diable, les torches que portaient les pauvres s'éteignaient
dans leurs mains au souffle du vent, l'eau tombait par torrents sur la
grand'route.
«Voilà mon vin qui s'en va!» murmura Baptiste en voyant passer le corps.
Un comédien du roi boire du vin du roi! cela était tout simple, et
cependant on n'y avait pas songé! Aujourd'hui, ces échanges entre le
maître royal et l'acteur seraient vus de mauvais œil, mais Louis XVIII
savait son Horace par cœur. Il eût fraternisé avec toutes les
puissances, le verre en main, et Baptiste cadet fut, de son temps, une
puissance. Ferdinand VII aimait à s'entreprendre de paroles avec les
_toreros_ du Cirque; le prince de Galles buvait avec Cribb; Charles X,
dans sa jeunesse, prit des leçons de Placide appelé _le petit Diable_.
Louis XIV enfin, ne permit-il pas à Molière de faire son lit?
Les rois s'évitent toujours le plus qu'ils peuvent; ils ne rencontrent
autour d'eux qu'ennui, dissimulation, sottise. De tous ceux qui burent
son vin, Batiste cadet ne fut-il pas le plus reconnaissant envers le
monarque? Il l'amusa certes autant que M. de Cazes.
Voyez seulement la différence des règnes et des genres; Louis XVIII
avait Baptiste; Napoléon eut Talma.
FIN DU DEUXIEME VOLUME.
NOTES
[1: Rien ne devait lui manquer, pas même les présages. À l'ouverture des
États-généraux, un page, porteur d'un ordre, passait à cheval, son
cheval s'effraye, il se cabre, le voilà désarçonné et renversé.--«La
monarchie aura le même sort.» s'écria M. de Villedreuil.]
[2: 1783.]
[3: Immense et grotesque couvre-chef d'alors.]
[4: Ce n'est pas, en effet, Monvel qui eût trafiqué impudemment, comme
beaucoup de nos _faiseurs_ de vaudevilles d'aujourd'hui, de sujets de
pièces marquées à l'estampille de ses confrères. La commission
dramatique est perpétuellement saisie de pareils délits, il y a des
auteurs décorés qui vivent, à la lettre, de ces larcins, et elle les
laisse vivre, parader et s'engraisser sur les planches. Nous donnerons
en temps et lieux la liste de ces forbans qui découpent un livre sans
prévenir même son auteur, ou son libraire.]
[5: Gustave III envoya, sans se faire connaître, l'éloge du feu maréchal
Torstenson; cet éloge fut couronné.]
[6: Préville jouait un jour le _Mercure galant_ devant la cour à
Fontainebleau. Lorsqu'il se présenta pour entrer dans le théâtre,
habillé en soldat, le factionnaire, le prenant pour un militaire ivre,
s'opposa à son passage et le repoussa avec opiniâtreté en lui disant:
«Camarade, au nom de Dieu, ne passez pas, vous me ferez mettre en
prison.»]
[7: Voltaire, à son avènement, lui adressa aussi une épître.]
[8: Madame la marquise de Langeac et le duc de La Vrillière la
protégeaient. Les orateurs les plus éminents, les gens de la première
distinction n'obtinrent jamais de pareilles marques de triomphe. Un
Suisse allait à sa loge, tandis que d'autres bordaient le passage et
faisaient la haie; un écuyer lui donnait la main jusqu'à l'orchestre,
etc., etc.]
[9: Fils du duc de Chaulnes. Il avait hérité du goût de son père pour
les sciences, et poussa fort loin ses recherches sur la physique. Un
météore en forme de globe ayant causé, en 1771, une grande rumeur à
Paris, quelques adeptes de M. de Pecquigny, ravis du jeu de son
cerf-volant électrique, n'hésitèrent pas à le lui attribuer. La police
se mêla de l'affaire, et l'on vit l'instant où l'on découvrait un
sorcier dans un savant.]
[10: Elle est adressée à Désaides.]
[11: La première représentation eut lieu en 1783 à Paris.]
[12: Désaides était fort lié avec M. de Sauvigny, qui souvent, dit-on,
se mêla de revoir et corriger les pièces de Monvel.]
[13: Cette statue colossale, modelée sur les dessins de Larchevêque,
sculpteur français très distingué, qui mourut avant de l'achever, fut
terminée par l'habile ciseau de Sergell, et érigée en 1790 seulement.]
[14: Ce M. Sparmann avait enrichi singulièrement le cabinet d'histoire
naturelle de Stockholm; la salle de l'Académie lui devait beaucoup. Les
recherches de ce savant se publiaient tous les trois mois en langue
suédoise. (_Note de l'auteur_.)]
[15: Vigée, qui devint plus tard lui-même un lecteur charmant et un
poète agréable.]
[16: Pièce de Ducis, jouée en 1783.]
[17: Les fragments de cette nouvelle lettre sont de juin même date.]
[18: Olof Dalin, poète suédois fort estimé, chancelier de la cour
jusqu'à sa mort, arrivée en 1763.]
[19: «La petitesse du trou dont il est percé, dit Voltaire, est une des
raisons de ceux qui veulent croire qu'il périt par un assassinat.»
La fin tragique de Charles XII a été, en effet, très souvent
controversée. On a écrit des volumes entiers sur la question de savoir
si elle était le fruit d'une perfidie ou des hasards de la guerre. (Lire
la dernière page de Voltaire qui absout Siquier à ce sujet. _Hist. de
Charles XII_.)]
[20: Mort en 1779.]
[21: _Swedenborg, ou Stocklom_ en 1765.]
[22: Lettre du comte de Mirabeau à M... sur MM. Cagliostro et Lavater.
Berlin, chez François de Larde, 1786; imprimé de 75 pages.]
[23: Il succomba au travail, et mourut à la fleur de son âge, le 12
avril 1795.]
[24: Cette diète se termina, on le sait, d'une façon assez orageuse.]
[25: Père de Gustave Ier.]
[26: _Souvenirs de la Révolution_, ch. II.]
[27: Jouée en 1789.]
[28: V. Bachaumont, tome XXIII, p. 44.]
[29: De 1725 à 1775 et 1780.]
[30: Mémoires de Fleury, t. IV. p. 62.]
[31: Loi du 13 janvier 1791, décret sur la liberté des théâtres.]
[32: Mémoires de Fleury, t. IV, p. 64.]
[33: Histoire philosophique et littéraire du Théâtre-Français, par H.
Lucas, p. 305.]
[34: Notice sur mademoiselle Mars.]
[35: Le comte de Fersen.]
[36: Ancien ministre.]
[37: _Blaise et Babet_ et la _Suite des Trois Fermiers_ prouvent assez
combien Monvel entendait ce genre.]
[38: 1786.]
[39: Mademoiselle Mars posséda en effet, à Versailles, deux maisons
qu'elle y allait voir et qu'elle habita.]
[40: Après avoir eu la direction des théâtres du Havre et de Rouen,
mademoiselle Montansier était en effet, au moment de la Révolution, à la
tête d'un grand établissement à Versailles. Prévoyant bien que le
déplacement de la cour lui serait très préjudiciable, elle acheta, dès
1789, au Palais-Royal, la salle occupée avant par les Beaujolais.]
[41: Elle l'épousa en effet secrètement en 1807. Elle mourut à 90 ans.
Son nom de famille à elle était, on le croit, Brunet.]
[42: La pièce de Monvel était en trois actes. Sauvigny la remit en deux.
Elle avait été envoyée de Suède.]
[43: Mademoiselle Leroi Beaumenard, épouse de J.-C.-G. Colson de
Belcourt, commença sa carrière théâtrale à l'Opéra-Comique. Elle y avait
reçu le nom de Gogo, à cause du naturel qu'elle avait montré en jouant
ce rôle dans le _Coq de village_, de Favart.]
[44: Della Maria en fit plus tard la musique.--Deux actes, 1799.]
[45: Classe du peuple, à Rome, dont les seules mœurs rappellent
l'antique fierté de ses maîtres.]
[46: Gros sous.]
[47: Eau-de-vie de riz que ces animaux aiment beaucoup.]
[48: Canto XV. Gerusaleme.]
[49: _Histoire du Théâtre_, par E. Foucauld.]
[50: _Ibidem_.]
[51: 1790.]
[52: Il se retira de la Comédie Française (1822) par ce rôle où il se
montra aussi plaisant qu'à l'époque où il le créa.]
[53: Ses débuts eurent lieu au théâtre de la rue Richelieu, en 1792.]
[54: Scène IX. _Les Battus payent l'amende_ ou _Ce que l'on voudra_,
proverbe, comédie, parades, 1779.]
[55: Martainville devait à un limonadier un certain nombre de petits
verres. Comme il racontait fort bien, on faisait cercle autour de lui au
café.--Un petit verre pour Martainville, disait-on à la fin de chacune
de ses histoires. Et Martainville buvait le verre de kirsch apporté. Il
en buvait quinze, vingt. Mais ce prétendu kirsch était de l'eau et on
défalquait cela sur sa note.]
[56: Il y avait eu de Dorvigny: _Janot chez le dégraisseur_ ou _À
quelque chose malheur est bon_, comédie en un acte, 1779. _Janot_, ou
les _Battus paient l'amende_ du même, 1779. Il y eut ensuite _Jocrisse
changé de condition_, 2 actes, 1798 (Dorvigny). _Jocrisse congédié_, du
même, 1799, et _Jocrisse suicidé_, drame tragi-comique, Sidony et
Servières, 1804.]
[57: Et tous dans des comédies _nouvelles_! Le relevé de la comédie ne
laisse aucun doute à cet égard. Baptiste Cadet s'est retiré l'année même
ou mademoiselle Mars créa _Valérie_.]
[58: Mort en 1839.]