Ils disaient de lui: l’Usurpateur. Mais rien de plus fort ne peut être
dit du conquérant, quand on refuse puérilement de lui donner son nom. Le
pouvoir légitime ne doit, d’abord, sa tranquillité et son usage qu’à la
faiblesse des hommes. Celui qui usurpe la puissance est celui qui la
mérite, s’il la garde: il est l’homme seul qui a osé. Il n’y a rien de
plus beau sous le ciel que l’homme qui ose. Celui-là qui est assez hardi
pour fonder son droit sur sa puissance, celui-là du moins a plus que le
pouvoir: il a l’autorité.
C’est pourquoi, lui qui est la force, il est l’ordre aussi; et l’ordre
bien plus même que la force; car l’ordre est le second âge de la force,
et tout le blé de l’épi.