Deux espèces de civettes sont connues aux Philippines: l'une, d'une
couleur grise, mouchetée et rayée de noir, de la grosseur d'un chat,
nommée par les Indiens _moussan_; l'autre, plus petite, couleur de
tabac, nommée _alimous_. Ces deux espèces ont les mêmes habitudes;
elles se tiennent dans les bois, et font la chasse aux petits oiseaux,
aux rats, aux reptiles et aux insectes.
C'est de la civette nommée _moussan_ que les Indiens retirent
le musc. Ils les enferment, les élèvent dans des cages, et les
nourrissent de poisson. Tous les matins, à travers les barreaux de
la cage, ils leur saisissent la queue pour les rendre furieuses, et,
après les avoir tourmentées pendant un quart d'heure, ils retirent,
avec une petite spatule en argent, l'humeur qui a été sécrétée entre
les deux glandes qui produisent le musc.
A l'époque où les belles Liméniennes se servaient avec profusion
de cette substance pour leur toilette, le musc se vendait de 80 à
100 francs l'once. Depuis qu'elles en font moins d'usage, ce prix a
beaucoup diminué.