De tous les mammifères, le cerf des Philippines est le plus
nombreux. Il habite les montagnes, les forêts, et se cache dans les
hautes herbes.
Le mâle a un bois beaucoup plus petit que nos cerfs d'Europe. Jamais
il ne porte plus de trois andouillers.
Sa chasse est un des plus grands amusements des Indiens, qui le
poursuivent souvent avec de bons chiens jusqu'à le mettre aux abois;
ou bien, armés d'une longue lance et montés sur de bons chevaux,
ils le suivent de toute la vitesse de leur monture, jusqu'au moment
où ils peuvent l'atteindre. Ils le prennent aussi avec des filets
ingénieusement fabriqués; mais cette dernière chasse, exigeant beaucoup
moins d'adresse et d'exercice, est à la fois trop facile et trop
abondante pour leur procurer le même plaisir que les deux premières.
Sa chair est d'un goût savoureux, bien meilleure que celle de nos
cerfs d'Europe, préférable même à nos meilleures viandes de boucherie.
Les Chinois attribuent une grande vertu médicinale au jeune bois
lorsqu'il est encore recouvert de sa peau. Ils payent jusqu'à 30 et 40
fr. une paire de jeunes bois. Ils les font sécher pour les conserver
et les administrer en poudre dans certaines maladies.
Ils attribuent aussi une grande vertu aphrodisiaque aux tendons, et
tous les ans ils en exportent pour la Chine une quantité considérable.