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[Illustration: BEAUTÉS ALBANAISES.--Trois élégantes de Scutari.--_Phot.
S. Tchernof._]
Scutari, la ville durement assiégée pendant de si longs mois, reprend
peu à peu sous l'administration collective des puissances, son aspect
normal d'avant la guerre. La population, musulmane ou chrétienne,
rassurée, vaque, comme devant, à ses occupations pacifiques. Les vivres
ont de nouveau, en abondance, rempli les magasins et les docks, et les
nombreuses misères provoquées par le siège ont été secourues, à la
première heure, par les soins de l'Autriche et de l'Italie dont, en
cette terre d'influence, et en attendant que soit définitivement arrêté
le statut de l'Albanie, les bons offices rivalisent. L'Angleterre et la
France participent activement à l'oeuvre municipale. Les services ont
été reconstitués avec des officiers des corps d'occupation ou des
fonctionnaires locaux. La police est énergiquement organisée, et les
commissions sanitaires ont méthodiquement procédé à l'assainissement de
la ville.
Dans les rues, maintenant paisibles, de Scutari d'Albanie, les femmes
albanaises, de qui les voyageurs se sont accordés à nous dire la
sculpturale beauté, circulent, tranquillement, isolées ou par groupes,
en leur costume traditionnel, à cela près cependant que les musulmanes,
en grand nombre déjà, ont enlevé leur voile en attendant sans doute que
des modes occidentales--de Vienne, de Rome, de Paris--inaugurées à la
cour du prince, du futur prince d'Albanie, ne soient à leur tour
adoptées, et on le regrettera, par les dames de la ville.