LES VIOLONS

Et lux perpetua luceat eis.

Seigneur, ces exilés de la seule patrie

Criaient vers toi du fond des gouffres ténébreux;

Pitié, fais ruisseler des nuages sur eux

La source de splendeur promise en Samarie.

Que la mort leur devienne un baptême: revêts

Leurs flancs martyrisés de robes de lumière

Et donne leur essor dans la gloire première

Aux cygnes échappés aux pièges du Mauvais.

Magnifiques et purs, après la lutte rude,

Ils voleront vers les parterres triomphaux

Où des lys, méprisant la morsure des faux,

Fleurissent dans la joie et la béatitude,

Tandis que le soleil d'un ineffable été

Inonde d'or brûlant les roses et dilate

Les parfums épandus des coupes d'écarlate

Et que l'éther subtil chante l'éternité.

Rappelle au nid fermé les frissonnantes âmes

Et les ailes d'amour monteront vers l'Amant

A travers l'harmonie et l'éblouissement

Des musiques, des voix, des splendeurs et des flammes,

Et les siècles futurs et ceux qui ne sont plus

Tressailleront en toi d'une même allégresse

En oyant tel qu'un chant et tel qu'une caresse

Frémir au ciel nouveau le vol blanc des élus.

La lyre héroïque et dolente · 第 124 / 136 题