EN MORVAN

_A Jacques Derbanne._

L'ombre s'enroule aux flancs des collines farouches

Et pèse sur les bois et les versants herbeux

Où dorment lourdement les immobiles boeufs;

Elle fait grimacer les arbres et les souches

Des saules noirs pareils à des jeteurs de sorts,

Tandis que par les vaux mystérieux et morts

Le monotone appel des hulottes réplique

Au sifflement du vent dans le houx métallique

Qui vibre hostilement comme une armure et luit

Et l'eau sauvage hurle entre les roches grises,

Ainsi que défaillant de hautes entreprises

Une guerrière blanche en fuite dans la nuit.

La lyre héroïque et dolente · 第 114 / 136 题