Les moires vertes des feuillées
Attendent le Prince Charmant
Et sous les gemmes de rosée
L'aubépine est une épousée
D'où s'exhale amoureusement
L'âcre parfum des fleurs mouillées.
Des lèvres que nul ne connaît
Ont bu les gemmes disparues:
Pourquoi le Prince viendrait-il,
O forêt? le parfum subtil
Meurt dans les poussières accrues
Sur l'aubépine et le genêt.
La plainte lente des ramures
Geint sinistrement et déjà
Les nains méchants des avenues
Font saigner sur les branches nues
Que leur caprice ravagea
La chair automnale des mûres.