Dans la mélancolique demeure où les murs s'émerveillaient de sa beauté,
saluée par les figures amies des lices, irradiant l'eau ternie des
miroirs, l'ERRANTE est entrée blanche et nue.
Elle n'a point refusé ses lèvres et les rouges floraisons de la joie ont
fleuri impérieusement, par la vibrante offrande de son corps à l'HOMME
éveillé d'un long rêve.
Il a plongé dans les coffrets de bronze ses mains fiévreuses et
prodigues, et l'armure d'or et les brocarts et les gemmes et le glaive
ont échappé aux chaînes noires des ténèbres.
Sur les seins et sur les épaules de l'ERRANTE, tous les trésors enfouis
dans le sépulcre du silence depuis des siècles, des ans et des jours,
resplendissent avec l'aurore.
Au seuil matinal de la porte, elle se dresse en sa robe de pourpre qui
recèle sous le sang figé de la soie, avec la cotte de mailles,
l'irréprochable acier du glaive.
Pensive, elle s'est retournée vers l'HOMME qui fait un geste d'adieu, et
comme hésitante et retenue par la puissance d'une main invisible, elle
tarde à franchir le seuil.