II. _DE GUEULES._

Dans la mélancolique demeure où les murs s'émerveillaient de sa beauté,

saluée par les figures amies des lices, irradiant l'eau ternie des

miroirs, l'ERRANTE est entrée blanche et nue.

Elle n'a point refusé ses lèvres et les rouges floraisons de la joie ont

fleuri impérieusement, par la vibrante offrande de son corps à l'HOMME

éveillé d'un long rêve.

Il a plongé dans les coffrets de bronze ses mains fiévreuses et

prodigues, et l'armure d'or et les brocarts et les gemmes et le glaive

ont échappé aux chaînes noires des ténèbres.

Sur les seins et sur les épaules de l'ERRANTE, tous les trésors enfouis

dans le sépulcre du silence depuis des siècles, des ans et des jours,

resplendissent avec l'aurore.

Au seuil matinal de la porte, elle se dresse en sa robe de pourpre qui

recèle sous le sang figé de la soie, avec la cotte de mailles,

l'irréprochable acier du glaive.

Pensive, elle s'est retournée vers l'HOMME qui fait un geste d'adieu, et

comme hésitante et retenue par la puissance d'une main invisible, elle

tarde à franchir le seuil.

La lyre héroïque et dolente · 第 35 / 136 题