Viens respirer l'odeur des vignes et des fruits.
Ce soir te sera doux comme tes longues nuits,
Hymnis, enfant qui dors depuis deux mille années,
Et par le souffle lent des sentes où je fuis
Les roses du tombeau ne seront point fanées.
Je te dédie, enfant, la mourante forêt.
Elle se pare encor malgré son mal secret:
Tu te reconnaîtras à sa noble agonie,
Vierge dont le front pâle et fiévreux se paraît
D'or royal attristé par la blême ancolie.
L'automne funéraire embaume les halliers.
Hymnis! Hymnis! Hymnis! tes cheveux déliés
Libres du bandeau strict où tu les emprisonnes
Ont frôlé des santals et des girofliers
Et se sont enivrés de cruelles automnes.
De plus calmes parfums, ce soir, te charmeront.
Pour que ton corps sacré retourne sans affront
De la forêt qui meurt aux ténèbres divines
Je veux entrelacer à l'entour de ton front
Le thyrse noir du lierre aux suprêmes glycines.