II

Viens respirer l'odeur des vignes et des fruits.

Ce soir te sera doux comme tes longues nuits,

Hymnis, enfant qui dors depuis deux mille années,

Et par le souffle lent des sentes où je fuis

Les roses du tombeau ne seront point fanées.

Je te dédie, enfant, la mourante forêt.

Elle se pare encor malgré son mal secret:

Tu te reconnaîtras à sa noble agonie,

Vierge dont le front pâle et fiévreux se paraît

D'or royal attristé par la blême ancolie.

L'automne funéraire embaume les halliers.

Hymnis! Hymnis! Hymnis! tes cheveux déliés

Libres du bandeau strict où tu les emprisonnes

Ont frôlé des santals et des girofliers

Et se sont enivrés de cruelles automnes.

De plus calmes parfums, ce soir, te charmeront.

Pour que ton corps sacré retourne sans affront

De la forêt qui meurt aux ténèbres divines

Je veux entrelacer à l'entour de ton front

Le thyrse noir du lierre aux suprêmes glycines.

La lyre héroïque et dolente · 第 24 / 136 题