C'est ainsi que Louise de Stolberg devint reine exilée de la
Grande-Bretagne. Ses premières années de mariage à Rome ne trompèrent
pas entièrement ses espérances. Malgré quelques excès habituels de
vin, le prince qu'elle avait épousé avait l'extérieur et la grâce d'un
roi détrôné, mais pouvant encore se réhabiliter pour le trône. Une
circonstance où l'étiquette allait déterminer la cour de Rome à lui
refuser authentiquement l'étiquette de la royauté l'obligea à quitter
son palais romain et à aller habiter Florence. L'archiduc Léopold,
deuxième fils de Marie-Thérèse, y régnait alors en expectative.
La Toscane était le noviciat de l'empire. C'était un prince
philosophe, extrêmement libéral d'institutions dans un pays où il
semblait faire l'essai des principes de la révolution française,
tempérée par un despotisme populaire sans danger. Ses moeurs avaient
la licence de ses principes. Ses excès en ce genre passent toute
vraisemblance: il ne vit point le prétendant anglais, mais il le reçut
dans ses États sans ombrage. Cet oubli de son rang acheva d'enlever à
Charles-Édouard le soin de sa dignité. Sir Horace Mann, envoyé
d'Angleterre en Toscane, lui rendait ce triste témoignage: il
maltraitait sa femme de toutes les manières.