III.

Je passais mes journées solitaires à errer souvent sans guide dans les

rues et parmi les monuments de Rome; plus j'étais jeune, plus ces

images de vétusté se reflétaient en poignantes impressions sur mon

esprit. La jeunesse, en qui la vie semble inépuisable, parce qu'elle

est neuve, se complaît à ces images de mort; elles ne sont pour elle

que la mélancolique poésie de la destruction et du renouvellement des

choses humaines. Ces vestiges de la fortune et des siècles semés sous

ses pas ne lui paraissent que des empreintes gigantesques et

mystérieuses d'un fleuve qui a roulé ces débris dans le vaste lit du

temps; elle ne croit pas que ce fleuve revienne jamais sur son cours

pour l'entraîner elle-même avec les hommes et les choses du temps

présent.

Cours familier de Littérature - Volume 16 · 第 11 / 254 题