Cher Monsieur,
Permettez-moi de vous féliciter de la publication de votre ouvrage et
des heureuses pensées qui s'y trouvent si élégamment exprimées, ainsi
que du talent poétique et du vif sentiment de la nature qu'il révèle.
Mais laissez-moi surtout vous remercier de cette partie de votre livre
que vous avez bien voulu consacrer à la traduction d'Evangéline. Je vous
dois la plus grande reconnaissance pour cette marque de votre
bienveillance, non-seulement parce que vous avez bien voulu faire choix
de cette oeuvre pour sujet de traduction, mais encore parce que vous
avez rempli cette tâche toujours difficile, avec tant d'habileté et de
succès.
Je n'ai qu'une seule réserve à faire: vous faites mourir Evangéline:
«Elle avait terminé sa douloureuse vie.»
Cependant, je ne vous querellerai pas pour cela. Mon but n'est pas de
critiquer, mais de vous remercier et de vous dire combien je suis
heureux de l'honneur que vous m'avez fait.
Espérant que le succès de votre livre surpasse même vos plus grandes
espérances.
Je demeure, cher monsieur,
votre obéissant serviteur,
Henry W. Longfellow.