Cette histoire me fait penser à un fou qui s'appelait Romualdo et qui
disait être Tamerlan. C'était son unique manie, dont l'origine était
singulière.
--Je suis, disait-il, l'illustre Tamerlan. Naguère, je n'étais que
Romualdo; mais étant tombé malade, j'ai pris tant de tartre[3], tant
de tartre, tant de tartre que je suis devenu Tartare, et même roi des
Tartares. Le tartre a la propriété de naturaliser les gens.
Le pauvre Romualdo! on riait de ses réponses, mais je suppose que le
lecteur n'en rira pas plus que moi. Je n'y trouve aucun sel. C'était
drôle de l'entendre. Mais quand on lit son histoire, contée, comme
cela, à propos de coups de fouet reçus et transmis, on doit penser
qu'il vaut mieux retourner dans la petite maison de la rue de la Gamboa.
Laissons là Romualdo et Prudencio.