XXXVII. ENFIN!

Enfin nous arrivons à Virgilia! Avant d'aller chez le conseiller Dutra,

je demandai à mon père s'il y avait déjà quelque promesse de

mariage, quelque arrangement préalable.

--Aucun, me répondit-il. Il y a quelque temps, comme nous parlions de

toi, je lui ai avoué mon désir de te voir député. Je lui ai parlé

avec tant d'éloquence, qu'il m'a promis de faire quelque chose pour

toi, et je crois qu'il tiendra sa promesse. Quant au mot «fiancée»,

c'est le nom que je donne à une créature qui est un vivant bijou, une

étoile, une chose rare... sa fille à lui. D'ailleurs, je pense que si

tu l'épouses, tu seras bien plus vite député.

--C'est tout?

--C'est tout.

Nous allâmes jusque chez Dutra. C'était une perle que cet homme,

jovial, bon patriote, un peu irrité contre les malheurs du temps, mais

ne désespérant pas d'en venir à bout. Il trouva ma candidature

légitime; il convenait pourtant d'attendre quelques mois. Et tout de

suite il me présenta à sa femme, une estimable matrone, à sa fille,

qui ne démentit pas le panégyrique que mon père avait fait d'elle, je

vous le jure. Relisez, d'ailleurs, le chapitre XXVII. Je la regardai

comme quelqu'un qui a des idées préconçues. Je ne sais si elle en

avait de son côté; elle ne me contempla point différemment. Notre

premier regard fut tout simplement conjugal. Au bout d'un mois, nous

étions au mieux.

Mémoires Posthumes de Braz Cubas · 第 50 / 193 题