L'autre jour--et vous m'en croirez si vous voulez,
Car un événement simple est parfois bizarre,--
Ayant sous le bras deux paquets bien ficelés,
Je me dirigeais du côté de Saint-Lazare.
Après avoir avoir pris mon billet sans démêlés,
J'entre dans un wagon et j'allume un cigare
D'un sou. Le train--nous en étions fort désolés,--
Étant omnibus, s'arrêtait à chaque gare.
Soudain il siffle et fait halte. Au même moment
Un monsieur, pénétrant dans mon compartiment,
Prend les billets ainsi qu'on ferait une quête;
--Et moi, content de voir enfin ma station,
Je remets mon billet sans contestation
À l'employé portant un O sur sa casquette.
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Mais c'est trop s'arrêter à de menues critiques. M. Coppée n'en a pas moins
ce grand mérite d'avoir, le premier, introduit dans notre poésie autant de
vérité familière, de simplicité pittoresque, de «réalisme» qu'elle peut en
admettre. Les _Humbles_ sont bien à lui et, dans une histoire du mouvement
naturaliste de ces vingt dernières années, il ne faudrait point oublier son
nom.
Ce qu'il pourrait nous donner maintenant et ce que quelques-uns attendent
de lui, ce serait quelque poème intime et domestique plus impersonnel
qu'_Olivier_, d'une action plus étendue et plus complexe que les
historiettes des _Humbles_, où pourraient alterner des peintures de moeurs
parisiennes et provinciales, populaires et aristocratiques; un poème de la
vie d'aujourd'hui et qui ne ferait pas double emploi avec le roman
contemporain, car il n'en prendrait que la quintessence; une oeuvre enfin
où M. François Coppée se montrerait tout entier: virtuose impeccable,
songeur délicat, très habile et très sincère, capable de raffinement, de
mièvrerie, et aussi de franche et populaire émotion, peintre savoureux et
fin des réalités élégantes et vulgaires et, pour tout dire, poète excellent
des «modernités».