Jusqu'ici l'étude des eaux minérales ne comportait guère que des
analyses chimiques révélant la présence d'un petit nombre de métaux ou
de métalloïdes en teneur relativement élevée. En ces derniers temps, on
recherchait en outre les éléments radioactifs.
[Illustration: Le monument des soldats français décédés en 1870-1871,
dans le nouveau cimetière de Magdebourg.--_Phot. Pierre Caraud._]
Le docteur Jacques Bardet, professeur à l'Institut d'hydrologie, a pensé
que l'analyse spectrale, beaucoup plus sensible que l'analyse chimique,
permettrait de trouver dans les eaux des traces, même minimes, de
quantité de métaux ayant échappé aux chimistes. Il a donc examiné au
spectroscope les résidus secs de 54 sources choisies dans 34 stations
thermales réparties sur tous les points de la France. Il a constaté que
ces eaux renferment toujours du plomb, presque toujours de l'argent et
de l'étain, souvent du molybdène et du cuivre. Il a encore trouvé du
bismuth, du zinc, du glucinium, et deux métaux actuellement considérés
comme rarissimes: le germanium et le gallium.
On rencontre aussi, mais moins fréquemment, de l'antimoine, du cobalt,
du chrome, du mercure, du nickel, de l'or, du thallium, du titane, du
vanadium, du tungstène.
Ces constatations sont assez curieuses, et elles peuvent être appelées à
jouer un rôle important dans la thérapeutique thermale. D'autre part,
elles prouvent que certains métaux _rares_ sont plus répandus dans la
nature qu'on le suppose.