[Note 106: Il écrivait à M. Parent-Réal, son ancien collègue
au Tribunal, le 20 novembre 1831: «Nous avons vu quarante ans de
révolutions: pensez-vous que nous soyons à la fin? Nous avons vu aussi
tous les gouvernements qui se sont succédé l'un après l'autre, être
aveugles, égoïstes, dilapidateurs et insolents; aussi tous sont-ils
tombés.... _interea patitar justus_: la pauvre nation, victime
innocente, est livrée, comme Prométhée, au bec éternel des vautours.»
Ces phrases contrarient en un point ce qu'a dit M. Thiers dans le
discours, si judicieux d'ailleurs, qu'il prononça à l'Académie
française, en venant y succéder à l'aimable auteur des _Étourdis_: «M.
Andrieux est mort, content de laisser ses deux filles unies à deux
hommes d'esprit et de bien, content de sa médiocre fortune, de sa grande
considération, content de son siècle, content de voir la Révolution
française triomphante sans désordres et sans excès.» M. Andrieux, à tort
ou à raison, était moins optimiste que son spirituel panégyriste ne l'a
cru.]