Douloureux spectacle, où tout le monde était en faute, même les

victimes; où l'on voyait des Français se faire les instruments de la

grandeur britannique contre la grandeur française; des Bourbons, fils,

frères de rois, destinés à être rois à leur tour, se mêler à des

coureurs de grandes routes; le dernier des Condés payer de son sang des

complots dont il n'était pas l'auteur, et ce Condé, qu'on voudrait

trouver irréprochable parce qu'il fut victime, se rendre coupable aussi,

en se plaçant encore cette fois sous le drapeau britannique contre le

drapeau français; enfin un grand homme égaré par la colère, par

l'instinct de la conservation, par l'orgueil, perdre en un instant cette

sagesse que l'univers admirait, et descendre au rôle de ces

révolutionnaires sanglants, qu'il était venu comprimer de ses mains

triomphantes, et qu'il se faisait gloire de ne pas imiter! Fatal

enchaînement des passions humaines! Celui qui est frappé veut frapper à

son tour; chaque coup reçu est rendu à l'instant; le sang appelle le

sang, et les révolutions deviennent ainsi une suite de sanglantes

représailles, qui seraient éternelles, s'il n'arrivait enfin un jour, un

jour où l'on s'arrête, où l'on renonce à rendre coup pour coup, où l'on

substitue à cette chaîne de vengeances une justice calme, impartiale et

humaine, où l'on place au-dessus même de cette justice, s'il peut y

avoir quelque chose de supérieur à elle, une politique élevée et

clairvoyante, qui, entre les arrêts des tribunaux, ne laisse exécuter

que les plus nécessaires, faisant grâce des autres aux coeurs égarés,

susceptibles de retour et de raison. Défendre l'ordre social, en se

conformant aux règles strictes de la justice, et sans rien donner à la

vengeance, telle est la leçon qu'il faut tirer de ces tragiques

événements. Il en faut tirer encore une autre, c'est de juger avec

indulgence les hommes de tous les partis, qui, placés avant nous dans la

carrière des révolutions, nourris au milieu des troubles corrupteurs des

guerres civiles, sans cesse excités par la vue du sang, n'avaient pas

pour la vie les uns des autres le respect que nous ont heureusement

inspiré le temps, la réflexion et une longue paix.

FIN DU LIVRE DIX-HUITIÈME ET DU TOME QUATRIÈME.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES

DANS LE TOME QUATRIÈME.

LIVRE QUINZIÈME.

LES SÉCULARISATIONS.

Félicitations adressées au Premier Consul par tous les

cabinets, à l'occasion du Consulat à vie. -- Premiers effets

de la paix en Angleterre. -- L'industrie britannique demande

un traité de commerce avec la France. -- Difficulté de mettre

d'accord les intérêts mercantiles des deux pays. -- Pamphlets

écrits à Londres par les émigrés contre le Premier Consul. --

Rétablissement des bons rapports avec l'Espagne. -- Vacance du

duché de Parme, et désir de la cour de Madrid d'ajouter ce

duché au royaume d'Étrurie. -- Nécessité d'ajourner toute

résolution à ce sujet. -- Réunion définitive du Piémont à la

France. -- Politique actuelle du Premier Consul à l'égard de

l'Italie. -- Excellents rapports avec le Saint-Siége. --

Contestation momentanée à l'occasion d'une promotion de

cardinaux français. -- Le Premier Consul en obtient cinq à la

fois. -- Il fait don au Pape de deux bricks de guerre, appelés

_le Saint-Pierre_ et _le Saint-Paul_. -- Querelle promptement

terminée avec le dey d'Alger. -- Troubles en Suisse. --

Description de ce pays et de sa Constitution. -- Le parti

unitaire et le parti oligarchique. -- Voyage à Paris du

landamman Reding. -- Ses promesses au Premier Consul, bientôt

démenties par l'événement. -- Expulsion du landamman Reding,

et retour au pouvoir du parti modéré. -- Établissement de la

Constitution du 29 mai, et danger de nouveaux troubles par

suite de la faiblesse du gouvernement helvétique. -- Efforts

du parti oligarchique pour appeler sur la Suisse l'attention

des puissances. -- Cette attention exclusivement attirée par

les affaires germaniques. -- État de l'Allemagne à la suite du

traité de Lunéville. -- Principe des sécularisations posé par

ce traité. -- La suppression des États ecclésiastiques

entraîne de grands changements dans la Constitution

germanique. -- Description de cette Constitution. -- Le parti

protestant et le parti catholique; la Prusse et l'Autriche;

leurs prétentions diverses. -- Étendue et valeur des

territoires à distribuer. -- L'Autriche s'efforce de faire

indemniser les archiducs dépouillés de leurs États d'Italie,

et se sert de ce motif pour s'emparer de la Bavière jusqu'à

l'Inn et jusqu'à l'Isar. -- La Prusse, sous prétexte de se

dédommager de ce qu'elle a perdu sur le Rhin, et de faire

indemniser la maison d'Orange, aspire à se créer un

établissement considérable en Franconie. -- Désespoir des

petites cours, menacées par l'ambition des grandes. -- Tout le

monde en Allemagne tourne ses regards vers le Premier Consul.

-- Il se décide à intervenir, pour faire exécuter le traité de

Lunéville, et pour terminer une affaire qui peut à chaque

instant embraser l'Europe. -- Il opte pour l'alliance de la

Prusse, et appuie les prétentions de cette puissance dans une

certaine mesure. -- Projet d'indemnité arrêté de concert avec

la Prusse et les petits princes d'Allemagne. -- Ce projet

communiqué à la Russie. -- Offre à cette cour de concourir

avec la France à une grande médiation. -- L'empereur Alexandre

accepte cette offre. -- La France et la Russie présentent à la

diète de Ratisbonne, en qualité de puissances médiatrices, le

projet d'indemnité arrêté à Paris. -- Désespoir de l'Autriche

abandonnée de tous les cabinets, et sa résolution d'opposer au

projet du Premier Consul les lenteurs de la Constitution

germanique. -- Le Premier Consul déjoue ce calcul, et fait

adopter par la députation extraordinaire le plan proposé,

moyennant quelques modifications. -- L'Autriche, pour

intimider le parti prussien, que la France appuie, fait

occuper Passau. -- Prompte résolution du Premier Consul, et sa

menace de recourir aux armes. -- Intimidation générale. --

Continuation de la négociation. -- Débats à la diète. -- Le

projet entravé un moment par l'avidité de la Prusse. -- Le

Premier Consul, pour en finir, fait une concession à la maison

d'Autriche, et lui accorde l'évêché d'Aichstedt. -- La cour de

Vienne se rend, et adopte le conclusum de la diète. -- Recès

de février 1803, et règlement définitif des affaires

germaniques. -- Caractère de cette belle et difficile

négociation. 1 à 161

LIVRE SEIZIÈME.

RUPTURE DE LA PAIX D'AMIENS.

Efforts du Premier Consul pour rétablir la grandeur coloniale

de la France. -- Esprit de l'ancien commerce. -- Ambition de

toutes les puissances de posséder des colonies. -- L'Amérique,

les Antilles et les Indes orientales. -- Mission du général

Decaen dans l'Inde. -- Efforts pour recouvrer Saint-Domingue.

-- Description de cette île. -- Révolution des noirs. --

Caractère, puissance, politique de Toussaint Louverture. -- Il

aspire à se rendre indépendant. -- Le Premier Consul fait

partir une expédition pour assurer l'autorité de la métropole.

-- Débarquement des troupes françaises à Santo-Domingo, au Cap

et au Port-au-Prince. -- Incendie du Cap. -- Soumission des

noirs. -- Prospérité momentanée de la colonie. -- Application

du Premier Consul à restaurer la marine. -- Mission du colonel

Sébastiani en Orient. -- Soins donnés à la prospérité

intérieure. -- Le Simplon, le mont Genèvre, la place

d'Alexandrie. -- Camp de vétérans dans les provinces

conquises. -- Villes nouvelles fondées en Vendée. -- La

Rochelle et Cherbourg. -- Le Code civil, l'Institut,

l'administration du clergé. -- Voyage en Normandie. -- La

jalousie de l'Angleterre excitée par la grandeur de la France.

-- Le haut commerce anglais plus hostile à la France que

l'aristocratie anglaise. -- Déchaînement des gazettes écrites

par les émigrés. -- Pensions accordées à Georges et aux

chouans. -- Réclamations du Premier Consul. -- Faux-fuyants du

cabinet britannique. -- Articles de représailles insérés au

_Moniteur_. -- Continuation de l'affaire suisse. -- Les petits

cantons s'insurgent sous la conduite du landamman Reding, et

marchent sur Berne. -- Le gouvernement des modérés obligé de

fuir à Lausanne. -- Demande d'intervention refusée d'abord,

puis accordée par le Premier Consul. -- Il fait marcher le

général Ney avec trente mille hommes, et appelle à Paris des

députés choisis dans tous les partis, pour donner une

constitution à la Suisse. -- Agitation en Angleterre; cris du

parti de la guerre contre l'intervention française. -- Le

cabinet anglais, effrayé par ces cris, commet la faute de

contremander l'évacuation de Malte, et d'envoyer un agent en

Suisse pour soudoyer l'insurrection. -- Promptitude de

l'intervention française. -- Le général Ney soumet l'Helvétie

en quelques jours. -- Les députés suisses réunis à Paris sont

présentés au Premier Consul. -- Discours qu'il leur adresse.

-- Acte de médiation. -- Admiration de l'Europe pour la

sagesse de cet acte. -- Le cabinet anglais est embarrassé de

la promptitude et de l'excellence du résultat. -- Vive

discussion dans le Parlement britannique. -- Violences du

parti Grenville, Windham, etc. -- Nobles paroles de M. Fox en

faveur de la paix. -- L'opinion publique un moment calmée. --

Arrivée de lord Withworth à Paris, du général Andréossy à

Londres. -- Bon accueil fait de part et d'autre aux deux

ambassadeurs. -- Le cabinet britannique, regrettant d'avoir

retenu Malte, voudrait l'évacuer, mais ne l'ose pas. --

Publication intempestive du rapport du colonel Sébastiani sur

l'état de l'Orient. -- Fâcheux effet de ce rapport en

Angleterre. -- Le Premier Consul veut avoir une explication

personnelle avec lord Withworth. -- Long et mémorable

entretien. -- La franchise du Premier Consul mal comprise et

mal interprétée. -- Exposé de l'état de la République,

contenant une phrase blessante pour l'orgueil britannique. --

Message royal en réponse. -- Les deux nations s'adressent une

sorte de défi. -- Irritation du Premier Consul, et scène

publique faite à lord Withworth, en présence du corps

diplomatique. -- Le Premier Consul passe subitement des idées

de paix aux idées de guerre. -- Ses premiers préparatifs. --

Cession de la Louisiane aux États-Unis, moyennant

quatre-vingts millions. -- M. de Talleyrand s'efforce de

calmer le Premier Consul, et oppose une inertie calculée à

l'irritation croissante des deux gouvernements. -- Lord

Withworth le seconde. -- Prolongation de cette situation. --

Nécessité d'en sortir. -- Le cabinet britannique finit par

avouer qu'il veut garder Malte. -- Le Premier Consul répond

par la sommation d'exécuter les traités. -- Le ministère

Addington, de peur de succomber dans le Parlement, persiste à

demander Malte. -- On imagine plusieurs termes moyens qui

n'ont aucun succès. -- Offre de la France de mettre Malte en

dépôt dans les mains de l'empereur Alexandre. -- Refus de

cette offre. -- Départ des deux ambassadeurs. -- Rupture de la

paix d'Amiens. -- Anxiété publique tant à Londres qu'à Paris.

-- Causes de la brièveté de cette paix. -- À qui appartiennent

les torts de la rupture? 162 à 343

LIVRE DIX-SEPTIÈME.

CAMP DE BOULOGNE.

Message du Premier Consul aux grands corps de l'État, et

réponse à ce message. -- Paroles de M. de Fontanes. --

Violences de la marine anglaise à l'égard du commerce

français. -- Représailles. -- Les communes et les

départements, par un mouvement spontané, offrent au

gouvernement des bateaux plats, des frégates, des vaisseaux de

ligne. -- Enthousiasme général. -- Ralliement de la marine

française dans les mers d'Europe. -- État dans lequel la

guerre place les colonies. -- Suite de l'expédition de

Saint-Domingue. -- Invasion de la fièvre jaune. -- Destruction

de l'armée française. -- Mort du capitaine général Leclerc. --

Insurrection des noirs. -- Ruine définitive de la colonie de

Saint-Domingue. -- Retour des escadres. -- Caractère de la

guerre entre la France et l'Angleterre. -- Forces comparées

des deux pays. -- Le Premier Consul se résout hardiment à

tenter une descente. -- Il la prépare avec une activité

extraordinaire. -- Constructions dans les ports et dans le

bassin intérieur des rivières. -- Formation de six corps de

troupes, depuis le Texel jusqu'à Bayonne. -- Moyens

financiers. -- Le Premier Consul ne veut pas recourir à

l'emprunt. -- Vente de la Louisiane. -- Subsides des alliés.

-- Concours de la Hollande, de l'Italie et de l'Espagne. --

Incapacité de l'Espagne. -- Le Premier Consul la dispense de

l'exécution du traité de Saint-Ildephonse, à condition d'un

subside. -- Occupation d'Otrante et du Hanovre. -- Manière de

penser de toutes les puissances, au sujet de la nouvelle

guerre. -- L'Autriche, la Prusse, la Russie. -- Leurs anxiétés

et leurs vues. -- La Russie prétend limiter les moyens des

puissances belligérantes. -- Elle offre sa médiation, que le

Premier Consul accepte avec un empressement calculé. --

L'Angleterre répond froidement aux offres de la Russie. --

Pendant ces pourparlers, le Premier Consul part pour un voyage

sur les côtes de France, afin de presser les préparatifs de sa

grande expédition. -- Madame Bonaparte l'accompagne. -- Le

travail le plus actif mêlé à des pompes royales. -- Amiens,

Abbeville, Boulogne. -- Moyens imaginés par le Premier Consul,

pour transporter une armée de Calais à Douvres. -- Trois

espèces de bâtiments. -- Leurs qualités et leurs défauts. --

Flottille de guerre et flottille de transport. -- Immense

établissement maritime élevé à Boulogne par enchantement. --

Projet de concentrer deux mille bâtiments à Boulogne, quand

les constructions auront été achevées dans les ports et les

rivières. -- Préférence donnée à Boulogne sur Dunkerque et

Calais. -- Le détroit, ses vents et ses courants. --

Creusement des ports de Boulogne, Étaples, Wimereux et

Ambleteuse. -- Ouvrages destinés à protéger le mouillage. --

Distribution des troupes le long de la mer. -- Leurs travaux

et leurs exercices militaires. -- Le Premier Consul, après

avoir tout vu et tout réglé, quitte Boulogne, pour visiter

Calais, Dunkerque, Ostende, Anvers. -- Projets sur Anvers. --

Séjour à Bruxelles. -- Concours dans cette ville des

ministres, des ambassadeurs, des évêques. -- Le cardinal

Caprara en Belgique. -- Voyage à Bruxelles de M. Lombard,

secrétaire du roi de Prusse. -- Le Premier Consul cherche à

rassurer le roi Frédéric-Guillaume par de franches

communications. -- Retour à Paris. -- Le Premier Consul veut

en finir de la médiation de la Russie, et annonce une guerre à

outrance contre l'Angleterre. -- Il veut enfin obliger

l'Espagne à s'expliquer, et à exécuter le traité de

Saint-Ildephonse, en lui laissant le choix des moyens. --

Conduite étrange du prince de la Paix. -- Le Premier Consul

fait une démarche auprès du roi d'Espagne, pour lui dénoncer

ce favori et ses turpitudes. -- Triste abaissement de la cour

d'Espagne. -- Elle se soumet, et promet un subside. --

Continuation des préparatifs de Boulogne. -- Le Premier Consul

se dispose à exécuter son entreprise dans l'hiver du 1803. --

Il se crée un pied-à-terre près de Boulogne, au

Pont-de-Briques, et y fait des apparitions fréquentes. --

Réunion dans la Manche de toutes les divisions de la

flottille. -- Brillants combats des chaloupes canonnières

contre des bricks et des frégates. -- Confiance acquise dans

l'expédition. -- Intime union des matelots et des soldats. --

Espérance d'une exécution prochaine. -- Événements imprévus

qui rappellent un moment l'attention du Premier Consul sur les

affaires intérieures. 344 à 499

LIVRE DIX-HUITIÈME.

CONSPIRATION DE GEORGES.

Craintes de l'Angleterre à la vue des préparatifs qui se font

à Boulogne. -- Ce que la guerre est ordinairement pour elle.

-- Opinion qu'on se fait d'abord à Londres des projets du

Premier Consul; terreur qu'on finit par en concevoir. --

Moyens imaginés pour résister aux Français. -- Discussion de

ces moyens au Parlement. -- Rentrée de M. Pitt à la Chambre

des Communes. -- Son attitude, et celle de ses amis. -- Force

militaire des Anglais. -- M. Windham demande l'établissement

d'une armée régulière, à l'imitation de l'armée française. --

On se borne à la création d'une armée de réserve, et à une

levée de volontaires. -- Précautions prises pour la garde du

littoral. -- Le cabinet britannique revient aux moyens

anciennement pratiqués par M. Pitt, et seconde les complots

des émigrés. -- Intrigues des agents diplomatiques anglais,

MM. Drake, Smith et Taylor. -- Les princes réfugiés à Londres

se réunissent à Georges et à Pichegru, et entrent dans un

complot dont le but est d'assaillir le Premier Consul, avec

une troupe de chouans, sur la route de la Malmaison. -- Afin

de s'assurer l'adhésion de l'armée, dans la supposition du

succès, on s'adresse au général Moreau, chef des mécontents.

-- Intrigues du nommé Lajolais. -- Folles espérances conçues

sur quelques propos du général Moreau. -- Premier départ d'une

troupe de chouans conduits par Georges. -- Leur débarquement à

la falaise de Biville; leur route à travers la Normandie. --

Georges, caché dans Paris, prépare des moyens d'exécution. --

Second débarquement, composé de Pichegru et de plusieurs

émigrés de haut rang. -- Pichegru s'abouche avec Moreau. -- Il

le trouve irrité contre le Premier Consul, souhaitant sa chute

et sa mort, mais nullement disposé à seconder le retour des

Bourbons. -- Désappointement des conjurés. -- Leur

découragement, et la perte de temps que ce découragement

entraîne. -- Le Premier Consul, que la police servait mal

depuis la retraite de M. Fouché, découvre le danger dont il

est menacé. -- Il fait livrer à une commission militaire

quelques chouans récemment arrêtés, pour les contraindre à

dire ce qu'ils savent. -- Il se procure ainsi un révélateur.

-- Le complot dénoncé tout entier. -- Surprise en apprenant

que Georges et Pichegru sont dans Paris, que Moreau est leur

complice. -- Conseil extraordinaire, et résolution d'arrêter

Moreau. -- Dispositions du Premier Consul. -- Il est plein

d'indulgence pour les républicains, et de colère contre les

royalistes. -- Sa résolution de frapper ceux-ci d'une manière

impitoyable. -- Il charge le grand-juge de lui amener Moreau,

pour tout terminer dans une explication personnelle et

amicale. -- L'attitude de Moreau devant le grand-juge fait

avorter cette bonne résolution. -- Les conjurés arrêtés

déclarent tous qu'un prince français devait être à leur tête,

et qu'il avait le projet d'entrer en France par la falaise de

Biville. -- Résolution du Premier Consul de s'en saisir, et de

le livrer à une commission militaire. -- Le colonel Savary

envoyé à la falaise de Biville, pour attendre le prince, et

l'arrêter. -- Loi terrible, qui punit de mort quiconque

donnera asile aux conjurés. -- Paris fermé pendant plusieurs

jours. -- Arrestation successive de Pichegru, de MM. de

Polignac, de M. de Rivière, et de Georges lui-même. --

Déclaration de Georges. -- Il est venu pour attaquer le

Premier Consul de vive force. -- Nouvelle affirmation qu'un

prince devait être à la tête des conjurés. -- Irritation

croissante du Premier Consul. -- Inutile attente du colonel

Savary à la falaise de Biville. -- On est conduit à rechercher

où se trouvent les princes de la maison de Bourbon. -- On

songe au duc d'Enghien, qui était à Ettenheim, sur les bords

du Rhin. -- Un sous-officier de gendarmerie est envoyé pour

prendre des renseignements. -- Rapport erroné de ce

sous-officier, et fatale coïncidence de son rapport avec une

nouvelle déposition d'un domestique de Georges. -- Erreur, et

aveugle colère du Premier Consul. -- Conseil extraordinaire, à

la suite duquel l'enlèvement du prince est résolu. -- Son

enlèvement et sa translation à Paris. -- Une partie de l'erreur

est découverte, mais trop tard. -- Le prince, envoyé devant une

commission militaire, est fusillé dans un fossé du château de

Vincennes. -- Caractère de ce funeste événement. 500 à 613

Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 04 / 20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française · 第 42 / 42 段