On sait qu'un sismologiste anglais, M. H. E. Reid, a proposé un moyen de
prévoir les tremblements de terre consistant à dresser des piliers en
ligne faisant l'angle droit avec un début de faille. Si, après avoir
bien repéré ces piliers, on continue à les surveiller, on discernera de
petites modifications résultant de petits mouvements insensibles qui
présagent et précèdent toujours des mouvements beaucoup plus forts.
Un autre sismologiste, M. C. Davison, propose une surveillance des
petites secousses dans le temps et dans l'espace, car elles en présagent
toujours de plus violentes. Dans le cas du séisme de Mino-Owari, au
Japon, en 1891, il y a eu une augmentation marquée de fréquence des
chocs autour de la ligne de rupture, de la faille, pendant les quatre
années précédentes. Le grand déplacement d'où résulte un tremblement de
terre a toujours besoin d'être préparé: il faut que, les uns après les
autres, divers obstacles au glissement disparaissent. C'est cette
disparition progressive d'obstacles qui est cause des chocs
préliminaires, et qui, tout à coup, permet la catastrophe brusque et
considérable. Si donc, on observe avec soin, et si l'on porte sur la
carte l'indication des épicentres des petites secousses ressenties, on
peut considérer la ligne qui réunit ces épicentres comme donnant
l'esquisse générale d'une faille qui se produira avant longtemps, de
façon subite. Dans le cas du Mino-Owari, il est très visible que la
carte des failles qu'on pouvait présager d'après les petites secousses
deux ans avant le séisme coïncide exactement avec la carte des failles
réalisées lors de ce dernier.