[Illustration: LES SOUVENIRS DE L'ÉPOPÉE, A NICOPOLIS.--La princesse
Marie Bonaparte (Georges de Grèce) visite les lieux où furent ensevelis,
en 1798, parmi les ruines antiques, les héroïques défenseurs français de
Preveza.--_Phot. S. Vlasto._]
On a dit avec quel dévouement les jeunes princesses de la famille royale
de Grèce ont organisé les secours aux blessés en Grèce, en Thessalie et
en Epire, mais il sera particulièrement agréable aux Français qu'un ami
de _L'Illustration_, actuellement en Epire, M. S. Vlasto, leur signale
le rôle bienfaisant, en cette guerre, d'une princesse de France, la
princesse Georges de Grèce, née princesse Marie Bonaparte:
«Après avoir installé à ses frais le vaisseau-hôpital _Albania_, la
princesse Marie est venue à Preveza où, de ses deniers, elle a créé un
hôpital qu'elle a placé sous la direction de Mme Panas, veuve du célèbre
chirurgien, dame de la Croix-Rouge française.
«Toute l'Epire est sous le charme de cette princesse française qui ne
recule devant aucune fatigue, visite et soigne elle-même les blessés,
organise des soupes populaires pour les réfugiés et porte partout le
rayonnement de sa bonté et de sa beauté.
» Le hasard a conduit les pas de la princesse Marie à Nicopolis où eut
lieu en 1798 la défense héroïque de 280 Français assiégés par 6.000
sauvages musulmans sous les ordres de Mouktar pacha, le fils du fameux
Ali, pacha de Janina.
»Fouqueville raconte (tome I, chapitre IV, de son _Histoire de la
régénération de la Grèce_) l'admirable résistance de quelques soldats
français conduits par Tissot et le capitaine Richemond. Il décrit
l'affreux massacre des prisonniers, «le bras du bourreau nègre qui
n'avait cessé d'égorger s'arrêta, son corps s'agita convulsivement, ses
genoux fléchirent et il vint tomber asphyxié au milieu des martyrs».
»La photographie représente la princesse Marie, qui, adossée aux murs du
petit théâtre antique de Nicopolis, contemple les lieux où furent
massacrés et où sont enterrés les soldats de Bonaparte.»
[Illustration: Les porte-drapeau des régiments qui ont combattu en
Tripolitaine, suivis de leurs colonels respectifs, gravissent l'autel de
la Patrie, où le roi d'Italie épingle sur chaque étendard la médaille de
la campagne de Libye.--_Phot. Vaucher et Luigi Veccia._]