J'ai reçu la lettre que V. A. m'a fait l'honneur de m'écrire, ainsi
que tous les papiers qu'elle renfermait. L'opinion publique a
toujours été la règle de ma conduite. L'armée et le peuple se
trouvent déliés du serment de fidélité envers l'empereur Napoléon
par le décret du sénat. Je suis disposé à concourir à un
rapprochement entre l'armée et le peuple, qui doit prévenir toute
chance de guerre civile et arrêter l'effusion du sang; en
conséquence, je suis prêt à quitter avec mes troupes l'armée de
l'empereur Napoléon aux conditions suivantes, dont je vous demande
la garantie par écrit:
ART. 1. Moi, Charles, prince de Schwartzenberg, maréchal et
commandant en chef les armées alliées, je garantis à toutes les
troupes françaises qui, par suite du décret du sénat du 2 avril,
quitteront les drapeaux de Napoléon Bonaparte, qu'elles pourront se
retirer librement en Normandie avec armes, bagages et munitions, et
avec les mêmes égards et honneurs militaires que se doivent
réciproquement les troupes alliées;
2. Que si, par suite de ce mouvement, les événemens de la guerre
faisaient tomber entre les mains des puissances alliées la personne
de Napoléon Bonaparte, sa vie et sa liberté lui seraient garanties
dans un espace de terrain et dans un pays circonscrit au choix des
puissances alliées et du gouvernement français.
_Réponse de M. le maréchal prince de Schwartzenberg._