Pour prouver que le territoire ukrainien fait partie intégrante du
territoire russe et que le peuple qui l'habite n'a aucun droit à
l'indépendance réclamée par ses dirigeants, des adversaires de la jeune
République, à bout d'arguments sans doute et plus animés de haine
que doués d'esprit critique, se rejettent sur l'étymologie du terme
«Ukraine».
Cet argument n'a et ne peut avoir aucune valeur, car quel rapport peut
exister entre l'origine d'un pays et le nom qu'il porte?
Le terme «Ukraine» vient de deux mots russes: _ou_ et _kraïna_
qui signifient, le premier _chez_, _près de_, le second _limite_,
_frontières_ et par extension, _pays_, _patrie_. Puisque le terme
«Ukraine» disent-ils, signifie «près de la frontière», le territoire
auquel il a été attribué appartient à la Russie sur la frontière de
laquelle il se trouve. C'est d'une logique absolue!
Or, ce mot «Ukraine» a été employé pour la première fois, dans les
Chroniques ukrainiennes, au XIe siècle, pour désigner le territoire qui
porte actuellement ce nom. A cette époque, l'Ukraine n'avait encore
été l'objet d'aucune convoitise, vivait libre et indépendante et par
conséquent n'était «près de la frontière» d'aucun pays ou plutôt elle
était près de la frontière de l'Europe civilisée qu'elle défendait
contre les incursions des barbares.
D'autre part, l'Ukraine a fait partie de la Pologne aux XIVe, XVe
et XVIe siècles, c'est-à-dire, avant d'être englobée dans l'Empire
moscovite. Donc, si l'Ukraine avait été «près de la frontière d'un
pays», ce serait de la Pologne et non de la Russie? L'adage français:
«qui veut trop prouver ne prouve rien» trouve une fois de plus son
application.