Le 16 février, l'armistice est rompu, et aussitôt Allemands et
Autrichiens avancent pour occuper le pays. Mouraviof quitte Kiev pour
aller en Bessarabie contre les Roumains. Les Allemands occupent Rovno.
Bientôt ils seront à Kiev où ils sont attendus avec impatience, car
alors la terreur cessera, la tranquillité régnera, la vie normale enfin
reprendra.
En silence, les Bolcheviks évacuent la ville, et la livrent à de
nombreuses bandes de matelots pillards. Les arrestations recommencent,
les fusillades sont plus terribles et plus arbitraires: des officiers
reconnus par leurs hommes sont fusillés pour ce seul motif. Les marins
deviennent plus audacieux et ne respectent plus les étrangers. La
terreur des habitants est grande. C'est un exode général des étrangers
vers Moscou.
Le 19, les missions françaises quittent Kiev ayant à leur tête le
général Tabouis, commissaire de la République française près du
Gouvernement ukrainien. Un grand nombre de françaises réussissent à
trouver place dans le train et à se sauver vers le Nord d'où peut-être
elles pourront regagner la France; le lendemain, le Consul part à son
tour. La ville est traversée par 30.000 Tchèques qui fuient vers l'Est.
Le 23, les Allemands font leur entrée à Kiev, et annoncent au monde que
la capitale de l'Ukraine a été délivrée par des troupes saxonnes.
Peu à peu le calme renaît et la vie normale reprend son cours.
Quelques jours après, le Cabinet Gouloubovitch revenait à Kiev et
faisait publier une note pour manifester son étonnement d'apprendre que
les autorités consulaires alliées ont quitté Kiev, les Allemands y
étant venus comme amis de l'Ukraine et non en vainqueurs.