De même que le prince Lvov, en prenant en mains les rênes du
Gouvernement de Petrograd, avait décrété, un peu imprudemment
peut-être, le principe d'auto-détermination qui avait permis à la
Finlande, la Pologne, l'Ukraine et à quelques autres Etats «allogènes»
de déclarer leur indépendance ou leur autonomie, le Gouvernement
des Soviets s'empressa, dans sa Déclaration des Droits des peuples
de Russie, du 15 novembre 1917, de reconnaître sans restriction le
droit des nationalités à disposer d'elles-mêmes et même à se détacher
entièrement de la Russie.
Aussi la Rada centrale de Kiev, ne voulant à aucun prix reconnaître
le gouvernement des Soviets qui vient de s'instaurer à Petrograd,
proclame, le 20 novembre, au milieu de l'enthousiasme indicible de
toute la population, dans le troisième Universal, la République
ukrainienne fédérative. Le Secrétariat général engage des pourparlers
avec les gouvernements qui se sont créés dans les nouveaux Etats
érigés sur les ruines de l'Empire russe (Don, Kouban, Georgie et
Sibérie) afin de les amener à une fédération. Mais le manque de
communications et le désir de plus en plus prononcé dans l'armée de
se séparer complètement de la Russie, oblige la Rada à renoncer à son
projet et à envisager l'indépendance qui sera déclarée le 9 janvier
1918 par le quatrième Universal.