Les femmes turques, les grandes dames surtout, font très bon marché de
la fidélité qu'elles doivent à leurs époux. Les farouches surveillances
de certains hommes, et la terreur du châtiment sont indispensables pour
les retenir. Toujours oisives, dévorées d'ennui, physiquement obsédées
de la solitude des harems, elles sont capables de se livrer au premier
venu,--au domestique qui leur tombe sous la patte, ou au batelier qui
les promène, s'il est beau et s'il leur plaît. Toutes sont fort
curieuses des jeunes gens européens, et ceux-ci en profiteraient
quelquefois s'ils les avaient, s'ils l'osaient, ou si plutôt ils étaient
placés dans des conditions favorables pour le tenter. Ma position à
Stamboul, ma connaissance de la langue et des usages turcs,--ma porte
isolée tournant sans bruit sur ses vieilles ferrures,--étaient choses
fort propices à ces sortes d'entreprises; et ma maison eût pu devenir
sans doute, si je l'avais désiré, le rendez-vous des belles désoeuvrées
des harems.