LA MAISON DES ENFANTS

Francisque Sarcey a raconté les déboires d'un de ses amis, professeur et

père de sept enfants, gais, bien portants, qui lui faisaient donner son

congé des appartements successifs occupés par lui et sa famille. Il en

était arrivé, ce malheureux universitaire, à n'avouer que trois

fillettes à l'engagement de location. Des amis recueillaient

provisoirement ses garçons. Il les reprenait quelques jours après

l'emménagement et les introduisait en contrebande. Pour plus de

précaution, il n'emmenait d'abord promener que trois enfants ensemble.

Mais un jour, le concierge s'écriait:

--Ah! par exemple! je croyais que vous n'aviez que des filles?

Et la petite malice était découverte.

D'autres parents entraient par surprise leurs bébés entre deux matelas;

ils les tenaient à la chambre une quinzaine de jours et ne les

descendaient ensuite que sur le bras. Et, si M. Cordon se fâchait, la

mère, ingénument, lui répondait: «Eh bien, oui, nous n'en avons déclaré

que quatre! Les autres ne marchent pas. Nous les portons. C'est comme en

omnibus! Ils ne comptent pas. «Puis, lorsque les enfants grandissaient

ou que de nouveaux bébés venaient accroître la famille, le propriétaire

renvoyait le clan trop nombreux.

[Groupe d'Illustrations: 1. L'architecte a pensé aux petits: l'escalier

à double rampe.--2. «Croissez et multipliez!»

L'Illustration, No. 3246, 13 Mai 1905 · 第 24 / 38 题