Univers (= Nature = Substance = Cosmos)

I. =Éther= (IMPONDERABILE | II. =Masse= (PONDERABLE, SUBSTANCE

A L'ÉTAT DE TENSION) | A L'ÉTAT DE CONDENSATION)

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1. _Etat d'agrégat_: éthérique (ni | 1. _Etat d'agrégat_: pas éthérique

gazeux, ni liquide, ni solide). | (mais gazeux, liquide ou

| solide).

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2. _Structure_: pas atomique, | 2. _Structure_: atomique,

continue, composée de particules | discontinue, composée d'infiniment

discrètes (atomes). | petites particules (atomes)

| discrètes.

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3. _Fonctions principales_: | 3. _Fonctions principales_:

lumière, chaleur rayonnante, | pesanteur, inertie, chaleur

électricité, magnétisme. | latente, chimisme.

Les deux groupes de fonctions de la matière, opposés l'un à l'autre

dans ce schéma, peuvent en quelque mesure être regardés comme

résultant de la première division du travail de la matière, comme

l'_ergonomie primaire de la matière_. Mais cette distinction ne marque

pas une séparation absolue entre les deux groupes opposés; au

contraire, tous deux restent unis, conservent un lien et demeurent

partout en constante réciprocité d'action. Les processus optiques et

électriques de l'éther sont, comme on sait, étroitement liés aux

changements mécaniques et chimiques de la masse; la chaleur rayonnante

de celui-là passe directement à l'état de chaleur latente ou chaleur

mécanique de celle-ci; la gravitation ne peut agir sans que l'éther ne

serve d'intermédiaire à l'attraction des atomes séparés, puisque nous

ne saurions admettre d'action à distance. La transformation d'une des

formes de l'énergie en l'autre, démontrée par la loi de la

conservation de la force confirme en même temps la constante

réciprocité d'action entre les deux parties essentielles de la

substance, l'_éther_ et la _masse_.

=Force et énergie.=--La grande loi fondamentale de la nature, que nous

plaçons sous le nom de loi de substance en tête de toutes les

considérations d'ordre physique, a été désignée originellement, par R.

MEYER qui la formula (1842) et par HELMHOLZ qui la développa (1847),

sous le nom de _loi de la conservation de la force_. Dix ans

auparavant, déjà, un autre naturaliste allemand, FR. MOHR, de Bonn, en

avait clairement exposé l'essentiel (1837). Plus tard, la physique

moderne sépara l'ancienne notion de _force_ de celle d'_énergie_, dont

elle ne se séparait pas à l'origine. Aussi cette même loi est-elle

ordinairement désignée aujourd'hui du nom de loi de la _constance de

l'énergie_. Pour l'étude générale, dont je dois me contenter ici et

pour le grand principe de la «conservation de la substance», cette

distinction subtile n'entre pas en ligne de compte. Le lecteur que

cette question intéresserait en trouverait une explication très

claire, par exemple, dans le travail remarquable du physicien anglais

TYNDALL, sur «la loi fondamentale de la nature»[45]. La portée

universelle de cette grande loi cosmologique y est bien mise en

lumière, de même que son application aux problèmes les plus

importants, dans les domaines les plus différents. Nous nous

contenterons de relever ici le fait important qu'aujourd'hui le

«principe de l'énergie» et la certitude de l'unité des forces

naturelles qui s'y rattache, ainsi que leur origine commune, sont

reconnus par tous les physiciens compétents et considérés comme le

progrès le plus important de la physique au XIXe siècle. Nous savons

aujourd'hui que la chaleur est une forme de _mouvement_ au même titre

que le son, l'électricité au même titre que la lumière et le chimisme

au même titre que le magnétisme. Nous pouvons, par des procédés

appropriés, transformer une de ces forces en l'autre et nous

convaincre ainsi, en mesurant avec exactitude, que jamais il ne se

perd la plus petite particule de leur somme totale.

[45] JOHN TYNDALL: _Fragments d'histoire naturelle_.

=Force de tension et force vive= (_énergie potentielle et énergie

actuelle_).--La somme totale de la force ou énergie dans l'univers

reste constante, quels que soient les phénomènes qui nous frappent;

elle est éternelle et infinie comme la matière, à laquelle elle est

liée indissolublement. Tout le jeu de la nature consiste en

l'alternance du repos apparent avec le mouvement; mais les corps

immobiles possèdent une quantité indestructible de force, tout comme

les corps en mouvement. Dans le mouvement lui-même, la force de

tension des premiers se transforme en la force vive des seconds. «Le

principe de la conservation de la force concernant aussi bien la

répulsion que l'attraction, énonce l'affirmation que la valeur

mécanique des forces de tension et des forces vives dans le monde

matériel, est une quantité constante. En un mot, le capital de force

de l'univers se compose de deux parties qui, d'après un rapport de

valeur déterminé, peuvent se transformer l'une en l'autre. La

diminution de l'une entraîne l'augmentation de l'autre; la valeur

totale de la somme reste cependant immuable». La _force de tension_ ou

_énergie potentielle_ et la _force vive_ ou _énergie actuelle_ se

transforment continuellement l'une en l'autre, sans que la somme

totale infinie de force, dans l'univers infini, éprouve jamais la

moindre perte.

=Unité des forces de la nature.=--Après que la physique moderne eût

posé la loi de substance à propos des rapports très simples des corps

inorganiques, la physiologie en démontra la valeur générale dans le

domaine tout entier de la nature organique. Elle montra que toutes les

fonctions vitales de l'organisme--sans exception!--reposent sur un

continuel _échange de forces_ et sur l'«échange de matériaux» qui s'y

rattache, aussi bien que les processus les plus simples de ce qu'on

appelle la «nature inanimée». Non seulement la croissance et la

nutrition des plantes et des animaux, mais encore leurs fonctions de

sensation et de mouvement, leur activité sensorielle et leur vie

psychique,--ont pour base la transformation de la force de tension en

force vive et inversement. Cette loi suprême régit encore les

phénomènes les plus parfaits du système nerveux qu'on désigne, chez

les animaux supérieurs et chez l'homme, sous le nom de _vie

intellectuelle_.

=Toute-puissance de la loi de substance.=--Notre ferme conviction

moniste, que la loi fondamentale cosmologique vaut universellement

dans la _nature entière_, est de la plus haute importance. Car non

seulement elle démontre _positivement_ l'unité foncière du Cosmos et

l'enchaînement causal de tous les phénomènes que nous pouvons

connaître, mais elle réalise, en outre, _négativement_, le suprême

progrès intellectuel, la chute définitive des _trois dogmes centraux

de la métaphysique_: «Dieu, la liberté et l'immortalité». En tant que

la loi de substance nous démontre que partout les phénomènes ont des

causes mécaniques, elle se rattache à la _loi générale de causalité_.

Les énigmes de l'Univers · 第 67 / 160 题