CHAPITRE LXIV.

_Bon soir la Compagnie._

Un nouvel ordre de choses, et de nouveaux événemens se présentent devant

moi.--

Laissons mes culottes entre les mains du tailleur, et le tailleur

accroupi, prêtant l'oreille aux dissertations de mon père qu'il ne

comprend point.--

Laissons mon père debout devant lui, appuyé sur sa canne, son traité du

lati-clave à la main, et lui désignant l'endroit précis de la ceinture,

où il avoit résolu de faire attacher mes bretelles.--

Laissons ma mère, la plus insouciante des femmes (je dirai presque la

plus philosophe) sans souci sur mes culottes, comme sur toutes les

choses de la vie, indifférente sur les moyens, et ne s'occupant que des

résultats.--

Laissons le docteur Slop figurer dans le monde à mes dépens, et bâtir sa

fortune et sa réputation sur un accident qui n'existe pas.--

Laissons le jeune Lefèvre à Marseille, et donnons-lui le temps de se

guérir et de revenir à mon oncle Tobie.--

Laissons enfin le pauvre Tristram Shandy... Mais pour celui-là il n'y a

pas moyen; souffrez, messieurs, qu'il vous accompagne jusqu'à la fin du

voyage.--

Oeuvres complètes, tome 3 · 第 73 / 120 题