CHAPITRE CXXVII.

Séjour à Fontainebleau.--Abdication de l'Empereur.--Dévouement de

Montholon.

Je fis avertir le maréchal que j'étais à Fontainebleau. La capitulation

de Paris venait d'être signée par le maréchal Marmont. Les alliés

avaient fait leur entrée dans Paris. J'avais couru toute la matinée;

j'avais cherché exprès à causer avec le vieux soutien des aigles. Il

n'eût fallu qu'un mot de l'Empereur pour ramener ses soldats contre

Paris, sans calculer le nombre ni la distance. Dans cette extrémité, il

y avait moins de découragement qu'au commencement de la campagne; on

pouvait encore sauver la France et l'Empereur; une grande résolution

bien certainement était dans le coeur de Napoléon, et Napoléon eût été

bien fort encore à la tête de cinquante mille hommes animés par le

désespoir.

On a prétendu que Ney avait durement conseillé l'abdication; il est plus

tard convenu avec moi de son vote pour ce parti, mais niant la dureté

des termes qu'on lui avait attribués dans cette circonstance. C'était

déjà trop; car, avec sa valeur intrépide, il me semblait que Ney eût dû

être de l'avis des grenadiers. Je ne donne pas cela comme un calcul,

mais comme un élan naturel; et je suis persuadée que les hasards d'une

bravoure si exaltée pouvaient encore être heureux. Quarante-huit heures

se passèrent dans l'incertitude du succès de la négociation du duc de

Vicence, de ce véritable ami de l'Empereur, de ce sage conseiller trop

peu écouté. Je vis Ney deux ou trois fois avant le retour de

l'_ultimatum_; il était préoccupé, mais point inquiet: il n'avait pas

désespéré de la fortune de Napoléon. Je lui contais tout ce que

j'entendais dire, et à Fontainebleau aucun ordre de partir ne vint

attrister la joie de le voir. J'eus même un moment l'orgueil de me

croire utile, et il fut assez aimable pour dire que je lui étais

nécessaire, que je ne devais partir que lorsqu'il me le demanderait; il

m'avait quittée sur les neuf heures du soir. On venait de nous annoncer

que les cocardes blanches et les lis avaient été arborés à Paris, qu'on

criait _vivent les Bourbons!_; Les plus grands malheurs furent un moment

à craindre, car les troupes n'étaient pas disposées à répéter ces cris,

pas même à les supporter. Je rencontrai deux soldats qui tenaient une

des proclamations qu'on osait encore distribuer en cachette: elle

portait que les alliés ne traiteraient plus avec Napoléon Bonaparte, ni

avec personne de sa famille. Les commentaires sur un pareil texte se

ressentaient du fanatisme tout militaire. «Ils n'étaient pas si fiers

que cela à Tilsitt, ces empereurs par la grâce de Dieu, et qui peuvent

dire qu'ils le sont restés alors par la bonté de Napoléon, avec qui ils

ne veulent plus traiter aujourd'hui. Ah! ils ne veulent pas... Mais nous

ne sommes pas morts tous... Que ce Napoléon nous fasse seulement signe

de la main, qu'il nous dise en avant, et Russes, Prussiens, Autrichiens,

tous ces héros que nous avons battus trente ans, laisseront leurs os en

France pour l'engraisser.» Je rapportai à Ney ces énergiques propos; il

me dit: «Ils pourraient bien avoir raison; il serait cruel d'en venir

là, mais cela vaudrait mieux encore que de passer sous le joug.» Il le

pensait; car la vérité, la franchise, dictaient toujours les discours du

maréchal; oui, toujours. Michel Ney ne trahit jamais sa pensée; je le

dirai jusqu'à mon dernier soupir. Plus tard, à l'époque sanglante que je

vais bientôt retracer, je répéterai que Michel Ney fut toujours sincère.

Une ame si grande, un si héroïque courage, ne s'allient point avec la

perfidie qui se joue des sermens. Époux et père, il écouta les

trompeuses promesses d'une paix glorieusement gagnée: il était homme et

soldat français. On lui offrit la prospérité future de sa patrie, sa

grandeur et sa gloire sous les drapeaux qu'il illustra si long-temps.

Pouvait-il préférer à cette alternative une guerre de Français à

Français? Après la scène des grenadiers, il me dit: «Je veux dire tout à

l'Empereur; mais je ne yeux pas, Ida, qu'il sache nos relations. Comment

arranger cela? car, je ne vous le cache pas, j'ai un projet pour vous.

«--De me faire décorer, peut-être?...

«--Vous riez; et quand cela serait?

«--Monsieur le maréchal, vous battez la campagne; avez-vous oublié ma

profession de foi à Eylau.

«--Comment?--Serait-ce sous le rapport de services particuliers?--Mon

ami, on ne mérite pas pour cela la croix d'honneur.» Il me regarda avec

émotion, pressa fortement ma main contre sa poitrine. «En voilà, une

décoration, m'écriai-je avec cet enthousiasme qui le séduisit si souvent

dans un bivac comme dans un salon, en voilà une; c'est votre main placée

sur votre noble coeur. Michel, les croix sont des constellations qui

brillent sur le temple de Mémoire; mais mon sexe n'y doit jamais

prétendre. Ce brevet de force et d'héroïsme ne conviendrait dans notre

sexe qu'à ces admirables soeurs de charité, dont nos grenadiers sentent

l'appui; pour elles, au moins, la croix serait l'honorable récompense

des dangers réels bravés pour secourir et consoler, sinon pour combattre

et vaincre.

«--Ida, chère et bonne Ida, que vous dites toujours bien; ah! que je

voudrais que l'Empereur vous entendît.»

Je me gardai bien, comme on pense, de lui dire que l'Empereur me

connaissait, car les explications eussent été un peu loin. Il est bien

probable que la scène, commencée par l'attendrissement, eût fini par une

colère semblable à celle qui m'avait fait si belle réception au Dniéper.

On vint chez moi pour prévenir le maréchal de se rendre près de

l'Empereur. Ney me quitta fort contrarié. «Comment a-t-on su que j'étais

ici, disait-il; tout se sait donc?...»

Tout était fini à Paris. Le duc de Vicence, si dévoué, avait lutté

vainement: il devait succomber. Son attachement reconnaissant avait trop

à faire de combattre un quatuor anti-impérial, dont le prince de

Bénévent était le chef. Quoique j'eusse le coeur navré, je ne pus

m'empêcher de sourire en repassant les phrases diverses qui avaient fini

par conduire M. de Talleyrand au... royalisme... Émigré sous la terreur,

citoyen ministre sous la république, sous le directoire et le consulat,

prince sous l'empire et par l'Empereur, que pourra-t-il encore devenir,

et surtout quels services l'ancien évêque d'Autun fera-t-il valoir près

du frère de Louis XVI?

«Il s'en tirera, disait Ney; c'est l'essence de la politique.»

L'événement a prouvé que Ney, sans être fin diplomate, savait très bien

les juger. Une personne, intimement attachée à l'impératrice Joséphine,

et que je trouvai en Belgique en 1816, connaissait encore mieux cet

homme extraordinaire, que je crois pourtant avoir bien connu et bien

jugé. Je regrette que ce qui me reste à retracer ne me permette pas les

détails que cette personne me donna et qui sont d'une nature assez

intime; mais cette digression me mènerait trop loin, les faits pourront

trouver leur place ailleurs.

L'arrivée de M. de Montholon, accouru de Paris pour se dévouer au

malheur, causa un vif sentiment de joie à l'Empereur; le dévouement de

cet homme aimable, si brave, si loyalement attaché à une cause de

gloire, devint l'heureuse compensation de plus d'une ingratitude. En

1809, lorsque je fis mon premier voyage à Florence, une personne très

spirituelle et distinguée, qui avait beaucoup connu le général

Montholon, m'avait dit: Savoir vivre et instruction, voilà ce qu'avec

beaucoup d'affabilité on trouve chez M. de Montholon, qui venait alors

d'être nommé chambellan. J'étais d'accord avec madame Hé...al sur le

brillant mérite de M. de Montholon, mais lorsqu'il vint à Fontainebleau

pour s'attacher à la fortune de l'Empereur, il conquit une place plus

haute dans mon admiration. Enfin l'acte qui déclara Napoléon déchu du

trône, l'armée déliée du serment de fidélité, parut. «Ils ont beau

faire, criaient nos braves, ce serment est _gravé là_;» et ils

frappaient leurs larges poitrines. «Et voilà, à son service, de quoi le

prouver,» et ils mettaient la main sur le sabre. L'agitation était

bouillonnante; on n'entendait que ce cri: «À Paris! marchons sur Paris!»

Aussitôt l'Empereur parut; à son aspect tout rentra dans l'ordre. Oui,

je le répéterai jusqu'à mon dernier soupir, ce fut un grand, un noble

spectacle que celui de Napoléon et de son armée à Fontainebleau, de

cette France armée et encore debout au milieu de la France humiliée et

soumise. Je courais au milieu des groupes; je voyais, j'entendais tout,

et tout était admirable de courage et de dévouement.

Ce jour même, au moment où j'allais rentrer pour écrire à Regnault,

j'aperçus la dame allemande que j'avais vue souvent chez lui; je crus

voir qu'elle voulait m'éviter. Je voulus qu'elle sût que je l'avais

remarquée. Je me persuadais qu'elle avait fait comme la plupart des

fonctionnaires civils et militaires, des employés et des courtisans, qui

n'avaient pas même attendu le départ de celui qu'ils avaient si

long-temps déifié, pour endosser les livrées du pouvoir nouveau. Je me

trompais complétement; cette dame venait apporter d'importantes

nouvelles; elle cherchait le général Fezenzac. «L'Empereur, disait-elle,

avait gagné la cause de la régence. Alexandre avait cédé à l'éloquence

d'un homme honoré de son estime. Hélas! le duc de Vicence avait tout

obtenu; mais le général Dessoles a tout gâté; il déteste l'Empereur, et

il paraît qu'un ennemi plaide toujours mieux qu'un ami. Alexandre n'a

pas été fâché de satisfaire son orgueil en humiliant Napoléon: il ne

réussira que trop; car si vous saviez combien de gens j'ai déjà vus à

Paris, qui étaient plus que dévoués encore, au 1er avril, à la dynastie

de Napoléon, et qui ont voulu me persuader, à moi qui sais tant de

peccadilles politiques, qu'ils ont toujours chéri les princes légitimes

et attendu leur retour!

«--Du moins, lui répondis-je, si l'Empereur peut oublier toutes les

ingratitudes à l'aspect de ses aigles que baise encore avec fureur son

armée! Jamais peut-être les soldats ne l'ont exalté autant que depuis

qu'il est déchu du trône.»

Cette dame, dont toutes les minutes avaient toujours un but, s'était

chargée d'un billet de Regnault pour moi[11]. Il me demandait sur les

maréchaux des détails que j'aurais pu lui donner, mais que je ne crus

pas du tout de ma compétence. Que fera Ney? de quel avis restera-t-il?

Voilà les phrases que je me rappelle parfaitement. J'aurais voulu

répondre, mais c'eût été accepter la mission, et je n'en voulus jamais

que de mon coeur et de ma très indépendante volonté. La dame allemande,

dévouée aux hauts intérêts politiques, voulut me prouver que j'avais

tort; mais je lui prouvai le contraire en deux mots, et il n'en fut plus

question. Lorsque je la revis sur les terres de l'exil, elle me dit:

«Ah! vous aviez raison; que n'ai-je pensé comme vous, je n'aurais pas

mérité le mépris de l'homme pour qui j'aurais donné ma vie!» Son

touchant repentir lui valut alors tout mon intérêt, et je m'applaudirai

toujours d'avoir pu lui en donner d'utiles preuves. Il était question

dans la lettre de Regnault du général Dessoles, cet ami fidèle du

général Moreau. N'ayant jamais eu de relations intimes avec ce général,

et me le rappelant même à peine, je répondis simplement de souvenir:

Certes Dessoles a trop aimé Moreau pour pouvoir beaucoup aimer

Napoléon.» La nuit, le duc de Vicence arriva à Fontainebleau; personne

ne dormait dans ce moment-là. Ma belle Allemande partit pour Essonne. Le

résultat de l'arrivée du duc de Vicence fut la nomination de deux

nouveaux plénipotentiaires, dont l'un était Ney, et l'autre Marmont.

Avec quelle joie on apprit cette nomination qui adjoignait deux braves à

l'ami le plus fidèle! Cependant il prit une inspiration à l'Empereur qui

prouva encore mieux toute sa confiance et sa sécurité dans ses

maréchaux: Macdonald venait d'arriver de Troyes avec son corps d'armée,

et cela fit changer la nomination. Ce fut la grande facilité de

communiquer de Paris avec l'armée qui influa beaucoup dans ces critiques

momens. L'Empereur, instruit de tout, craignait les intrigues, les

trahisons; il ne craignait pas assez d'autres sentimens moins coupables,

mais non moins funestes à sa fortune, le découragement et le besoin du

repos pour les chefs. Macdonald fut nommé avec Ney, pour aller à Paris.

Je vis Ney une minute; il disait qu'on avait eu une peine incroyable à

en finir pour les formes; que l'étiquette avait survécu à l'adversité;

que Napoléon y avait mis une taquinerie de détails insupportable. Je

trouvai cette susceptibilité très naturelle dans un homme abattu. Je le

dis au maréchal. Il me répondit en souriant:«Je crois qu'il ne nous a

donné notre mission que pour la forme; il fomente quelque projet; qui

sait comment tout finira?

«--Par chasser les Cosaques et compagnie, j'espère...

«--_Ainsi soit-il_,» répondit-il, et il me quitta.

Trois heures après, en rôdant près du château, j'aperçus Auv...,

capitaine de la garde; il me parut si joyeux que je ne pus m'empêcher de

lui en demander la cause. «Nous ne resterons pas ici les bras croisés,

me dit-il; l'Empereur a paru céder, mais nous savons le dessous des

cartes. Pendant qu'on perdra du temps là-bas à griffonner et à bavarder,

nous l'emploirons bien. Dans une heure les ordres parleront. Tout est

organisé, le plan de campagne est facile: vaincre ou mourir! Nous voyons

bien la mine de quelques supérieurs, mais ils n'oseront répudier tant

d'années de gloire. Qui d'entre eux oserait devenir infidèle au camarade

d'Austerlitz?» En me disant cela, je vis, au ton seul, que celui qui

parlait était à cette bataille; je le lui dis. «Oui, j'y ai gagné ma

croix et mon grade, et ma vie est à celui qui nous fit vaincre...» Un

mot énergique à l'appui, et un geste qui indiquait un attendrissement

qui dans ces yeux-là n'était pas faiblesse, me firent attacher beaucoup

de prix aux nouvelles que le capitaine Auv... continua de me donner.

Mais toutes ces espérances de l'armée la plus brave, la plus dévouée,

allaient s'évanouir. Ney était parti le 4; les troupes venaient de

recevoir un ordre de marche pour Moulignon. J'étais décidée à suivre le

premier bataillon; dans le même moment, je reçois un petit chiffon de

papier d'une paysanne; il contenait ces mots écrits au crayon: «_J'ai

été à Chevilly, on y est charmé de l'élève de Bonaparte_.» Je voulus

payer la paysanne; impossible de la retrouver. Ma tête tourna; j'aurais

préféré une canonnade à l'effroi qui s'empara de moi. Que dire? qui

nommer? comment justifier cet envoi et qu'en penser moi-même? Abominable

intrigante! fut ma première réflexion; l'autre, la nécessité de

consulter Ney: il va jurer, crier; n'importe, il faut qu'il le sache, et

me voilà à cheval sur la route de Chevilly.

«Ce billet, disais-je, n'est et ne peut venir que d'une dame allemande

que le gouvernement emploie depuis 1804; elle était à Fontainebleau il y

a trois jours; Regnault la sait par coeur et en répond.» Au moment où

j'arrivais en vue du château, je vis à une grande distance les

plénipotentiaires au grand train de poste filer sur Paris. Galopper

après ne m'eût pas effrayée; mais Ney n'était pas seul, et je savais

trop comment il aurait reçu un trait de zèle qui dévoilait ce qu'il

avait tant à coeur de cacher; zèle qui de plus exigeait encore des

préambules justificatifs. Je me contentai de garder l'avis; je ne voulus

plus risquer de m'arrêter à Chevilly, que j'avais dépassé d'une lieue,

et retournai à Fontainebleau où j'arrivai fort tard. Tout y était à la

guerre; tout ceux que je vis, et j'ose en appeler au témoignage du brave

général Gourgaud, l'Empereur ne songeait point à tenir l'abdication. Il

était bien résolu à tenter encore le sort des combats, son élément

véritable, et il pouvait se promettre la victoire peut-être, car ce qui

restait de l'armée valait quatre fois son nombre. Le 5 avril, à six

heures du matin, je courais déjà sur la route de Paris. J'y rencontrai

un officier, ami intime du colonel Fabvier; il était pâle à faire peur.

Il me conta ce qui s'était passé au corps d'armée de Marmont. Cet

officier était comme fou; il disait des choses que je ne veux ni dois

répéter; je décris ce que j'ai vu, mais n'écris point l'histoire ni

toutes ses cruelles vérités. Lorsque l'Empereur envoya le général

Gourgaud à Essonne pour inviter le maréchal Marmont et le général Souham

à dîner, il savait qu'ils n'étaient plus disposés à la guerre; Ney

m'avait dit déjà: «Cette course sur Paris a tout gâté, tout perdu.»

On ne peut se figurer l'agitation furibonde des troupes de

Fontainebleau. À la nouvelle de l'armistice de Versailles, beaucoup

d'officiers coururent risque de la vie, les soldats ne comprenant pas la

haute politique comme les dignitaires.

Paris ne fut sauvé que par la magnanimité de Napoléon, qui eut encore

pitié de sa capitale qui l'abandonnait. L'Empereur avait donné des

ordres au général Belliard, que je vis partir pour Essonne. Il avait été

fait un ordre du jour par le maréchal Marmont, dont j'ai retenu quelques

passages que les soldats répétaient les uns aux autres avec un accent

impossible à décrire: _L'espace de terrain garanti à Buonaparte,

circonscrit au choix des alliés_. Le 6, au soir, Ney me fit dire de

partir pour Paris. Je n'en fis rien; il devait, rester encore... Mais je

me cachai mieux et de façon à savoir tout ce qui se passait au palais.

Un hasard heureux de mes relations multipliées à l'infini dans tous les

pays avec des personnes de toutes les classes, me fit rencontrer à

Fontainebleau, sous les livrées de la domesticité, au dernier domicile

impérial de Napoléon, une ame généreuse et noble, dont le dévouement et

la courageuse fidélité honoreraient les classes les plus élevées de la

société; Henriette n'était que simple servante de basse-cour; elle est

aujourd'hui retournée dans son pays, près de ses vieux parens dont elle

est le soutien; je ne puis me refuser de placer, au milieu de ces

tristes vérités, quelques détails moins sombres d'une vie obscure, mais

vouée depuis son aurore à toutes les plus touchantes vertus qui puissent

honorer notre sexe.

Mémoires d'une contemporaine. Tome 5 Souvenirs d'une femme sur les principaux personnages de la République, du Consulat, de l'Empire, etc... · 第 14 / 38 题