Séjour à Fontainebleau.--Abdication de l'Empereur.--Dévouement de
Montholon.
Je fis avertir le maréchal que j'étais à Fontainebleau. La capitulation
de Paris venait d'être signée par le maréchal Marmont. Les alliés
avaient fait leur entrée dans Paris. J'avais couru toute la matinée;
j'avais cherché exprès à causer avec le vieux soutien des aigles. Il
n'eût fallu qu'un mot de l'Empereur pour ramener ses soldats contre
Paris, sans calculer le nombre ni la distance. Dans cette extrémité, il
y avait moins de découragement qu'au commencement de la campagne; on
pouvait encore sauver la France et l'Empereur; une grande résolution
bien certainement était dans le coeur de Napoléon, et Napoléon eût été
bien fort encore à la tête de cinquante mille hommes animés par le
désespoir.
On a prétendu que Ney avait durement conseillé l'abdication; il est plus
tard convenu avec moi de son vote pour ce parti, mais niant la dureté
des termes qu'on lui avait attribués dans cette circonstance. C'était
déjà trop; car, avec sa valeur intrépide, il me semblait que Ney eût dû
être de l'avis des grenadiers. Je ne donne pas cela comme un calcul,
mais comme un élan naturel; et je suis persuadée que les hasards d'une
bravoure si exaltée pouvaient encore être heureux. Quarante-huit heures
se passèrent dans l'incertitude du succès de la négociation du duc de
Vicence, de ce véritable ami de l'Empereur, de ce sage conseiller trop
peu écouté. Je vis Ney deux ou trois fois avant le retour de
l'_ultimatum_; il était préoccupé, mais point inquiet: il n'avait pas
désespéré de la fortune de Napoléon. Je lui contais tout ce que
j'entendais dire, et à Fontainebleau aucun ordre de partir ne vint
attrister la joie de le voir. J'eus même un moment l'orgueil de me
croire utile, et il fut assez aimable pour dire que je lui étais
nécessaire, que je ne devais partir que lorsqu'il me le demanderait; il
m'avait quittée sur les neuf heures du soir. On venait de nous annoncer
que les cocardes blanches et les lis avaient été arborés à Paris, qu'on
criait _vivent les Bourbons!_; Les plus grands malheurs furent un moment
à craindre, car les troupes n'étaient pas disposées à répéter ces cris,
pas même à les supporter. Je rencontrai deux soldats qui tenaient une
des proclamations qu'on osait encore distribuer en cachette: elle
portait que les alliés ne traiteraient plus avec Napoléon Bonaparte, ni
avec personne de sa famille. Les commentaires sur un pareil texte se
ressentaient du fanatisme tout militaire. «Ils n'étaient pas si fiers
que cela à Tilsitt, ces empereurs par la grâce de Dieu, et qui peuvent
dire qu'ils le sont restés alors par la bonté de Napoléon, avec qui ils
ne veulent plus traiter aujourd'hui. Ah! ils ne veulent pas... Mais nous
ne sommes pas morts tous... Que ce Napoléon nous fasse seulement signe
de la main, qu'il nous dise en avant, et Russes, Prussiens, Autrichiens,
tous ces héros que nous avons battus trente ans, laisseront leurs os en
France pour l'engraisser.» Je rapportai à Ney ces énergiques propos; il
me dit: «Ils pourraient bien avoir raison; il serait cruel d'en venir
là, mais cela vaudrait mieux encore que de passer sous le joug.» Il le
pensait; car la vérité, la franchise, dictaient toujours les discours du
maréchal; oui, toujours. Michel Ney ne trahit jamais sa pensée; je le
dirai jusqu'à mon dernier soupir. Plus tard, à l'époque sanglante que je
vais bientôt retracer, je répéterai que Michel Ney fut toujours sincère.
Une ame si grande, un si héroïque courage, ne s'allient point avec la
perfidie qui se joue des sermens. Époux et père, il écouta les
trompeuses promesses d'une paix glorieusement gagnée: il était homme et
soldat français. On lui offrit la prospérité future de sa patrie, sa
grandeur et sa gloire sous les drapeaux qu'il illustra si long-temps.
Pouvait-il préférer à cette alternative une guerre de Français à
Français? Après la scène des grenadiers, il me dit: «Je veux dire tout à
l'Empereur; mais je ne yeux pas, Ida, qu'il sache nos relations. Comment
arranger cela? car, je ne vous le cache pas, j'ai un projet pour vous.
«--De me faire décorer, peut-être?...
«--Vous riez; et quand cela serait?
«--Monsieur le maréchal, vous battez la campagne; avez-vous oublié ma
profession de foi à Eylau.
«--Comment?--Serait-ce sous le rapport de services particuliers?--Mon
ami, on ne mérite pas pour cela la croix d'honneur.» Il me regarda avec
émotion, pressa fortement ma main contre sa poitrine. «En voilà, une
décoration, m'écriai-je avec cet enthousiasme qui le séduisit si souvent
dans un bivac comme dans un salon, en voilà une; c'est votre main placée
sur votre noble coeur. Michel, les croix sont des constellations qui
brillent sur le temple de Mémoire; mais mon sexe n'y doit jamais
prétendre. Ce brevet de force et d'héroïsme ne conviendrait dans notre
sexe qu'à ces admirables soeurs de charité, dont nos grenadiers sentent
l'appui; pour elles, au moins, la croix serait l'honorable récompense
des dangers réels bravés pour secourir et consoler, sinon pour combattre
et vaincre.
«--Ida, chère et bonne Ida, que vous dites toujours bien; ah! que je
voudrais que l'Empereur vous entendît.»
Je me gardai bien, comme on pense, de lui dire que l'Empereur me
connaissait, car les explications eussent été un peu loin. Il est bien
probable que la scène, commencée par l'attendrissement, eût fini par une
colère semblable à celle qui m'avait fait si belle réception au Dniéper.
On vint chez moi pour prévenir le maréchal de se rendre près de
l'Empereur. Ney me quitta fort contrarié. «Comment a-t-on su que j'étais
ici, disait-il; tout se sait donc?...»
Tout était fini à Paris. Le duc de Vicence, si dévoué, avait lutté
vainement: il devait succomber. Son attachement reconnaissant avait trop
à faire de combattre un quatuor anti-impérial, dont le prince de
Bénévent était le chef. Quoique j'eusse le coeur navré, je ne pus
m'empêcher de sourire en repassant les phrases diverses qui avaient fini
par conduire M. de Talleyrand au... royalisme... Émigré sous la terreur,
citoyen ministre sous la république, sous le directoire et le consulat,
prince sous l'empire et par l'Empereur, que pourra-t-il encore devenir,
et surtout quels services l'ancien évêque d'Autun fera-t-il valoir près
du frère de Louis XVI?
«Il s'en tirera, disait Ney; c'est l'essence de la politique.»
L'événement a prouvé que Ney, sans être fin diplomate, savait très bien
les juger. Une personne, intimement attachée à l'impératrice Joséphine,
et que je trouvai en Belgique en 1816, connaissait encore mieux cet
homme extraordinaire, que je crois pourtant avoir bien connu et bien
jugé. Je regrette que ce qui me reste à retracer ne me permette pas les
détails que cette personne me donna et qui sont d'une nature assez
intime; mais cette digression me mènerait trop loin, les faits pourront
trouver leur place ailleurs.
L'arrivée de M. de Montholon, accouru de Paris pour se dévouer au
malheur, causa un vif sentiment de joie à l'Empereur; le dévouement de
cet homme aimable, si brave, si loyalement attaché à une cause de
gloire, devint l'heureuse compensation de plus d'une ingratitude. En
1809, lorsque je fis mon premier voyage à Florence, une personne très
spirituelle et distinguée, qui avait beaucoup connu le général
Montholon, m'avait dit: Savoir vivre et instruction, voilà ce qu'avec
beaucoup d'affabilité on trouve chez M. de Montholon, qui venait alors
d'être nommé chambellan. J'étais d'accord avec madame Hé...al sur le
brillant mérite de M. de Montholon, mais lorsqu'il vint à Fontainebleau
pour s'attacher à la fortune de l'Empereur, il conquit une place plus
haute dans mon admiration. Enfin l'acte qui déclara Napoléon déchu du
trône, l'armée déliée du serment de fidélité, parut. «Ils ont beau
faire, criaient nos braves, ce serment est _gravé là_;» et ils
frappaient leurs larges poitrines. «Et voilà, à son service, de quoi le
prouver,» et ils mettaient la main sur le sabre. L'agitation était
bouillonnante; on n'entendait que ce cri: «À Paris! marchons sur Paris!»
Aussitôt l'Empereur parut; à son aspect tout rentra dans l'ordre. Oui,
je le répéterai jusqu'à mon dernier soupir, ce fut un grand, un noble
spectacle que celui de Napoléon et de son armée à Fontainebleau, de
cette France armée et encore debout au milieu de la France humiliée et
soumise. Je courais au milieu des groupes; je voyais, j'entendais tout,
et tout était admirable de courage et de dévouement.
Ce jour même, au moment où j'allais rentrer pour écrire à Regnault,
j'aperçus la dame allemande que j'avais vue souvent chez lui; je crus
voir qu'elle voulait m'éviter. Je voulus qu'elle sût que je l'avais
remarquée. Je me persuadais qu'elle avait fait comme la plupart des
fonctionnaires civils et militaires, des employés et des courtisans, qui
n'avaient pas même attendu le départ de celui qu'ils avaient si
long-temps déifié, pour endosser les livrées du pouvoir nouveau. Je me
trompais complétement; cette dame venait apporter d'importantes
nouvelles; elle cherchait le général Fezenzac. «L'Empereur, disait-elle,
avait gagné la cause de la régence. Alexandre avait cédé à l'éloquence
d'un homme honoré de son estime. Hélas! le duc de Vicence avait tout
obtenu; mais le général Dessoles a tout gâté; il déteste l'Empereur, et
il paraît qu'un ennemi plaide toujours mieux qu'un ami. Alexandre n'a
pas été fâché de satisfaire son orgueil en humiliant Napoléon: il ne
réussira que trop; car si vous saviez combien de gens j'ai déjà vus à
Paris, qui étaient plus que dévoués encore, au 1er avril, à la dynastie
de Napoléon, et qui ont voulu me persuader, à moi qui sais tant de
peccadilles politiques, qu'ils ont toujours chéri les princes légitimes
et attendu leur retour!
«--Du moins, lui répondis-je, si l'Empereur peut oublier toutes les
ingratitudes à l'aspect de ses aigles que baise encore avec fureur son
armée! Jamais peut-être les soldats ne l'ont exalté autant que depuis
qu'il est déchu du trône.»
Cette dame, dont toutes les minutes avaient toujours un but, s'était
chargée d'un billet de Regnault pour moi[11]. Il me demandait sur les
maréchaux des détails que j'aurais pu lui donner, mais que je ne crus
pas du tout de ma compétence. Que fera Ney? de quel avis restera-t-il?
Voilà les phrases que je me rappelle parfaitement. J'aurais voulu
répondre, mais c'eût été accepter la mission, et je n'en voulus jamais
que de mon coeur et de ma très indépendante volonté. La dame allemande,
dévouée aux hauts intérêts politiques, voulut me prouver que j'avais
tort; mais je lui prouvai le contraire en deux mots, et il n'en fut plus
question. Lorsque je la revis sur les terres de l'exil, elle me dit:
«Ah! vous aviez raison; que n'ai-je pensé comme vous, je n'aurais pas
mérité le mépris de l'homme pour qui j'aurais donné ma vie!» Son
touchant repentir lui valut alors tout mon intérêt, et je m'applaudirai
toujours d'avoir pu lui en donner d'utiles preuves. Il était question
dans la lettre de Regnault du général Dessoles, cet ami fidèle du
général Moreau. N'ayant jamais eu de relations intimes avec ce général,
et me le rappelant même à peine, je répondis simplement de souvenir:
Certes Dessoles a trop aimé Moreau pour pouvoir beaucoup aimer
Napoléon.» La nuit, le duc de Vicence arriva à Fontainebleau; personne
ne dormait dans ce moment-là. Ma belle Allemande partit pour Essonne. Le
résultat de l'arrivée du duc de Vicence fut la nomination de deux
nouveaux plénipotentiaires, dont l'un était Ney, et l'autre Marmont.
Avec quelle joie on apprit cette nomination qui adjoignait deux braves à
l'ami le plus fidèle! Cependant il prit une inspiration à l'Empereur qui
prouva encore mieux toute sa confiance et sa sécurité dans ses
maréchaux: Macdonald venait d'arriver de Troyes avec son corps d'armée,
et cela fit changer la nomination. Ce fut la grande facilité de
communiquer de Paris avec l'armée qui influa beaucoup dans ces critiques
momens. L'Empereur, instruit de tout, craignait les intrigues, les
trahisons; il ne craignait pas assez d'autres sentimens moins coupables,
mais non moins funestes à sa fortune, le découragement et le besoin du
repos pour les chefs. Macdonald fut nommé avec Ney, pour aller à Paris.
Je vis Ney une minute; il disait qu'on avait eu une peine incroyable à
en finir pour les formes; que l'étiquette avait survécu à l'adversité;
que Napoléon y avait mis une taquinerie de détails insupportable. Je
trouvai cette susceptibilité très naturelle dans un homme abattu. Je le
dis au maréchal. Il me répondit en souriant:«Je crois qu'il ne nous a
donné notre mission que pour la forme; il fomente quelque projet; qui
sait comment tout finira?
«--Par chasser les Cosaques et compagnie, j'espère...
«--_Ainsi soit-il_,» répondit-il, et il me quitta.
Trois heures après, en rôdant près du château, j'aperçus Auv...,
capitaine de la garde; il me parut si joyeux que je ne pus m'empêcher de
lui en demander la cause. «Nous ne resterons pas ici les bras croisés,
me dit-il; l'Empereur a paru céder, mais nous savons le dessous des
cartes. Pendant qu'on perdra du temps là-bas à griffonner et à bavarder,
nous l'emploirons bien. Dans une heure les ordres parleront. Tout est
organisé, le plan de campagne est facile: vaincre ou mourir! Nous voyons
bien la mine de quelques supérieurs, mais ils n'oseront répudier tant
d'années de gloire. Qui d'entre eux oserait devenir infidèle au camarade
d'Austerlitz?» En me disant cela, je vis, au ton seul, que celui qui
parlait était à cette bataille; je le lui dis. «Oui, j'y ai gagné ma
croix et mon grade, et ma vie est à celui qui nous fit vaincre...» Un
mot énergique à l'appui, et un geste qui indiquait un attendrissement
qui dans ces yeux-là n'était pas faiblesse, me firent attacher beaucoup
de prix aux nouvelles que le capitaine Auv... continua de me donner.
Mais toutes ces espérances de l'armée la plus brave, la plus dévouée,
allaient s'évanouir. Ney était parti le 4; les troupes venaient de
recevoir un ordre de marche pour Moulignon. J'étais décidée à suivre le
premier bataillon; dans le même moment, je reçois un petit chiffon de
papier d'une paysanne; il contenait ces mots écrits au crayon: «_J'ai
été à Chevilly, on y est charmé de l'élève de Bonaparte_.» Je voulus
payer la paysanne; impossible de la retrouver. Ma tête tourna; j'aurais
préféré une canonnade à l'effroi qui s'empara de moi. Que dire? qui
nommer? comment justifier cet envoi et qu'en penser moi-même? Abominable
intrigante! fut ma première réflexion; l'autre, la nécessité de
consulter Ney: il va jurer, crier; n'importe, il faut qu'il le sache, et
me voilà à cheval sur la route de Chevilly.
«Ce billet, disais-je, n'est et ne peut venir que d'une dame allemande
que le gouvernement emploie depuis 1804; elle était à Fontainebleau il y
a trois jours; Regnault la sait par coeur et en répond.» Au moment où
j'arrivais en vue du château, je vis à une grande distance les
plénipotentiaires au grand train de poste filer sur Paris. Galopper
après ne m'eût pas effrayée; mais Ney n'était pas seul, et je savais
trop comment il aurait reçu un trait de zèle qui dévoilait ce qu'il
avait tant à coeur de cacher; zèle qui de plus exigeait encore des
préambules justificatifs. Je me contentai de garder l'avis; je ne voulus
plus risquer de m'arrêter à Chevilly, que j'avais dépassé d'une lieue,
et retournai à Fontainebleau où j'arrivai fort tard. Tout y était à la
guerre; tout ceux que je vis, et j'ose en appeler au témoignage du brave
général Gourgaud, l'Empereur ne songeait point à tenir l'abdication. Il
était bien résolu à tenter encore le sort des combats, son élément
véritable, et il pouvait se promettre la victoire peut-être, car ce qui
restait de l'armée valait quatre fois son nombre. Le 5 avril, à six
heures du matin, je courais déjà sur la route de Paris. J'y rencontrai
un officier, ami intime du colonel Fabvier; il était pâle à faire peur.
Il me conta ce qui s'était passé au corps d'armée de Marmont. Cet
officier était comme fou; il disait des choses que je ne veux ni dois
répéter; je décris ce que j'ai vu, mais n'écris point l'histoire ni
toutes ses cruelles vérités. Lorsque l'Empereur envoya le général
Gourgaud à Essonne pour inviter le maréchal Marmont et le général Souham
à dîner, il savait qu'ils n'étaient plus disposés à la guerre; Ney
m'avait dit déjà: «Cette course sur Paris a tout gâté, tout perdu.»
On ne peut se figurer l'agitation furibonde des troupes de
Fontainebleau. À la nouvelle de l'armistice de Versailles, beaucoup
d'officiers coururent risque de la vie, les soldats ne comprenant pas la
haute politique comme les dignitaires.
Paris ne fut sauvé que par la magnanimité de Napoléon, qui eut encore
pitié de sa capitale qui l'abandonnait. L'Empereur avait donné des
ordres au général Belliard, que je vis partir pour Essonne. Il avait été
fait un ordre du jour par le maréchal Marmont, dont j'ai retenu quelques
passages que les soldats répétaient les uns aux autres avec un accent
impossible à décrire: _L'espace de terrain garanti à Buonaparte,
circonscrit au choix des alliés_. Le 6, au soir, Ney me fit dire de
partir pour Paris. Je n'en fis rien; il devait, rester encore... Mais je
me cachai mieux et de façon à savoir tout ce qui se passait au palais.
Un hasard heureux de mes relations multipliées à l'infini dans tous les
pays avec des personnes de toutes les classes, me fit rencontrer à
Fontainebleau, sous les livrées de la domesticité, au dernier domicile
impérial de Napoléon, une ame généreuse et noble, dont le dévouement et
la courageuse fidélité honoreraient les classes les plus élevées de la
société; Henriette n'était que simple servante de basse-cour; elle est
aujourd'hui retournée dans son pays, près de ses vieux parens dont elle
est le soutien; je ne puis me refuser de placer, au milieu de ces
tristes vérités, quelques détails moins sombres d'une vie obscure, mais
vouée depuis son aurore à toutes les plus touchantes vertus qui puissent
honorer notre sexe.