Napoléon se prépare à marcher sur Wilna. -- Ses

dispositions à Kowno pour s'assurer la possession de

cette ville et y faire aboutir sa ligne de navigation.

-- Mouvement des divers corps de l'armée française. --

En approchant de Wilna, on rencontre M. de Balachoff,

envoyé par l'empereur Alexandre pour faire une

dernière tentative de rapprochement. -- Motifs qui

ont provoqué cette démarche. -- L'empereur Alexandre

et son état-major. -- Opinions régnantes en Russie

sur la manière de conduire cette guerre. -- Système

de retraite à l'intérieur proposé par le général

Pfuhl. -- Sentiment des généraux Barclay de Tolly et

Bagration à l'égard de ce système. -- En apprenant

l'arrivée des Français, Alexandre se décide à se

retirer sur la Dwina au camp de Drissa, et à diriger

le prince Bagration avec la seconde armée russe sur

le Dniéper. -- Entrée des Français dans Wilna. --

Orages d'été pendant la marche de l'armée sur Wilna.

-- Premières souffrances. -- Beaucoup d'hommes

prennent dès le commencement de la campagne l'habitude

du maraudage. -- La difficulté des marches et des

approvisionnements décide Napoléon à faire un séjour

à Wilna. -- Inconvénients de ce séjour. -- Tandis que

Napoléon s'arrête pour rallier les hommes débandés et

donner à ses convois le temps d'arriver, il envoie

le maréchal Davout sur sa droite, afin de poursuivre

le prince Bagration, séparé de la principale armée

russe. -- Organisation du gouvernement lithuanien.

-- Création de magasins, construction de fours,

établissement d'une police sur les routes. -- Entrevue

de Napoléon avec M. de Balachoff. -- Langage fâcheux

tenu à ce personnage. -- Opérations du maréchal Davout

sur la droite de Napoléon. -- Danger auquel sont

exposées plusieurs colonnes russes séparées du corps

principal de leur armée. -- La colonne du général

Doctoroff parvient à se sauver, les autres sont

rejetées sur le prince Bagration. -- Marche hardie

du maréchal Davout sur Minsk. -- S'apercevant qu'il

est en présence de l'armée de Bagration, deux ou

trois fois plus forte que les troupes qu'il commande,

ce maréchal demande des renforts. -- Napoléon, qui

médite le projet de se jeter sur Barclay de Tolly

avec la plus grande partie de ses forces, refuse au

maréchal Davout les secours nécessaires, et croit y

suppléer en pressant la réunion du roi Jérôme avec

ce maréchal. -- Marche du roi Jérôme de Grodno sur

Neswij. -- Ses lenteurs involontaires. -- Napoléon,

mécontent, le place sous les ordres du maréchal

Davout. -- Ce prince, blessé, quitte l'armée. --

Perte de plusieurs jours pendant lesquels Bagration

réussit à se sauver. -- Le maréchal Davout court

à sa poursuite. -- Beau combat de Mohilew. --

Bagration, quoique battu, parvient à se retirer au

delà du Dniéper. -- Occupations de Napoléon pendant

les mouvements du maréchal Davout. -- Après avoir

organisé ses moyens de subsistance, et laissé à Wilna

une grande partie de ses convois d'artillerie et de

vivres, il se dispose à marcher contre la principale

armée russe de Barclay de Tolly. -- Insurrection de

la Pologne. -- Accueil fait aux députés polonais. --

Langage réservé de Napoléon à leur égard, et motifs de

cette réserve. -- Départ de Napoléon pour Gloubokoé.

-- Beau plan consistant, après avoir jeté Davout et

Jérôme sur Bagration, à se porter sur Barclay de

Tolly par un mouvement de gauche à droite, afin de

déborder les Russes et de les tourner. -- Marche de

tous les corps de l'armée française défilant devant

le camp de Drissa pour se porter sur Polotsk et

Witebsk. -- Les Russes au camp de Drissa. -- Révolte

de leur état-major contre le plan de campagne attribué

au général Pfuhl, et contrainte exercée à l'égard

de l'empereur Alexandre pour l'obliger à quitter

l'armée. -- Celui-ci se décide à se rendre à Moscou.

-- Barclay de Tolly évacue le camp de Drissa, et se

porte à Witebsk en marchant derrière la Dwina, dans

l'intention de se rejoindre à Bagration. -- Napoléon

s'efforce de le prévenir à Witebsk. -- Brillante

suite de combats en avant d'Ostrowno, et au delà.

-- Bravoure audacieuse de l'armée française, et

opiniâtreté de l'armée russe. -- Un moment on espère

une bataille, mais les Russes se dérobent pour prendre

position entre Witebsk et Smolensk, et rallier le

prince Bagration. -- Accablement produit par des

chaleurs excessives, fatigue des troupes, nouvelle

perte d'hommes et de chevaux. -- Napoléon, prévenu

à Smolensk, et désespérant d'empêcher la réunion de

Bagration avec Barclay de Tolly, se décide à une

nouvelle halte d'une quinzaine de jours, pour rallier

les hommes restés en arrière, amener ses convois

d'artillerie, et laisser passer les grandes chaleurs.

-- Son établissement à Witebsk. -- Ses cantonnements

autour de cette ville. -- Ses soins pour son armée,

déjà réduite de 400 mille hommes à 256 mille, depuis

le passage du Niémen. -- Opérations à l'aile gauche.

-- Les maréchaux Macdonald et Oudinot, chargés d'agir

sur la Dwina, doivent, l'un bloquer Riga, l'autre

prendre Polotsk. -- Avantages remportés les 29 juillet

et 1er août par le maréchal Oudinot sur le comte

de Wittgenstein. -- Napoléon, pour procurer quelque

repos aux Bavarois ruinés par la dyssenterie, et pour

renforcer le maréchal Oudinot, les envoie à Polotsk.

-- Opérations à l'aile droite. -- Napoléon, après

avoir été rejoint par le maréchal Davout et par une

partie des troupes du roi Jérôme, charge le général

Reynier avec les Saxons, et le prince de Schwarzenberg

avec les Autrichiens, de garder le cours inférieur du

Dniéper, et de tenir tête au général russe Tormazoff,

qui occupe la Volhynie avec 40 mille hommes. --

Après avoir ordonné ces dispositions et accordé un

peu de repos à ses soldats, Napoléon recommence les

opérations offensives contre la grande armée russe,

composée désormais des troupes réunies de Barclay

de Tolly et de Bagration. -- Belle marche de gauche

à droite, devant l'armée ennemie, pour passer le

Dniéper au-dessous de Smolensk, surprendre cette

ville, tourner les Russes, et les acculer sur la

Dwina. -- Pendant que Napoléon opérait contre les

Russes, ceux-ci songeaient à prendre l'initiative.

-- Déconcertés par les mouvements de Napoléon, et

apercevant le danger de Smolensk, ils se rabattent

sur cette ville pour la secourir. -- Marche des

Français sur Smolensk. -- Brillant combat de Krasnoé.

-- Arrivée des Français devant Smolensk. -- Immense

réunion d'hommes autour de cette malheureuse ville.

-- Attaque et prise de Smolensk par Ney et Davout. --

Retraite des Russes sur Dorogobouge. -- Rencontre du

maréchal Ney avec une partie de l'arrière-garde russe.

-- Combat sanglant de Valoutina. -- Mort du général

Gudin. -- Chagrin de Napoléon en voyant échouer l'une

après l'autre les plus belles combinaisons qu'il eût

jamais imaginées. -- Difficultés des lieux, et peu de

faveur de la fortune dans cette campagne. -- Grande

question de savoir s'il faut s'arrêter à Smolensk

pour hiverner en Lithuanie, ou marcher en avant pour

prévenir les dangers politiques qui pourraient naître

d'une guerre prolongée. -- Raisons pour et contre.

-- Tandis qu'il délibère, Napoléon apprend que le

général Saint-Cyr, remplaçant le maréchal Oudinot

blessé, a gagné le 18 août une bataille sur l'armée de

Wittgenstein à Polotsk; que les généraux Schwarzenberg

et Reynier, après diverses alternatives, ont gagné à

Gorodeczna le 12 août une autre bataille sur l'armée

de Volhynie; que le maréchal Davout et Murat, mis à

la poursuite de la grande armée russe, ont trouvé

cette armée en position au delà de Dorogobouge, avec

apparence de vouloir combattre. -- À cette dernière

nouvelle, Napoléon part de Smolensk avec le reste

de l'armée, afin de tout terminer dans une grande

bataille. -- Son arrivée à Dorogobouge. -- Retraite

de l'armée russe, dont les chefs divisés flottent

entre l'idée de combattre, et l'idée de se retirer en

détruisant tout sur leur chemin. -- Leur marche sur

Wiasma. -- Napoléon jugeant qu'ils vont enfin livrer

bataille, et espérant décider du sort de la guerre en

une journée, se met à les poursuivre, et résout ainsi

la grave question qui tenait son esprit en suspens.

-- Ordres sur ses ailes et ses derrières pendant

la marche qu'il projette. -- Le 9e corps, sous le

maréchal Victor, amené de Berlin à Wilna pour couvrir

les derrières de l'armée; le 11e, sous le maréchal

Augereau, chargé de remplacer le 9e à Berlin. --

Marche de la grande armée sur Wiasma. -- Aspect de

la Russie. -- Nombreux incendies allumés par la main

des Russes sur toute la route de Smolensk à Moscou. --

Exaltation de l'esprit public en Russie, et irritation

soit dans l'armée, soit dans le peuple, contre le

plan qui consiste à se retirer en détruisant tout sur

les pas des Français. -- Impopularité de Barclay de

Tolly, accusé d'être l'auteur ou l'exécuteur de ce

système, et envoi du vieux général Kutusof pour le

remplacer. -- Caractère de Kutusof et son arrivée à

l'armée. -- Quoique penchant pour le système défensif,

il se décide à livrer bataille en avant de Moscou.

-- Choix du champ de bataille de Borodino au bord de

la Moskowa. -- Marche de l'armée française de Wiasma

sur Ghjat. -- Quelques jours de mauvais temps font

hésiter Napoléon entre le projet de rétrograder et le

projet de poursuivre l'armée russe. -- Le retour du

beau temps le décide, malgré l'avis des principaux

chefs de l'armée, à continuer sa marche offensive.

-- Arrivée le 5 septembre dans la vaste plaine de

Borodino. -- Prise de la redoute de Schwardino le

5 septembre au soir. -- Repos le 6 septembre. --

Préparatifs de la grande bataille. -- Proposition

du maréchal Davout de tourner l'armée russe par sa

gauche. -- Motifs qui décident le rejet de cette

proposition. -- Plan d'attaque directe consistant à

enlever de vive force les redoutes sur lesquelles

les Russes sont appuyés. -- Esprit militaire des

Français, esprit religieux des Russes. -- Mémorable

bataille de la Moskowa, livrée le 7 septembre 1812.

-- Environ 60 mille hommes hors de combat du côté

des Russes, et 30 mille du côté des Français. --

Spectacle horrible. -- Pourquoi la bataille, quoique

meurtrière pour les Russes et complétement perdue pour

eux, n'est cependant pas décisive. -- Les Russes se

retirent sur Moscou. -- Les Français les poursuivent.

-- Conseil de guerre tenu par les généraux russes

pour savoir s'il faut livrer une nouvelle bataille,

ou abandonner Moscou aux Français. -- Kutusof se

décide à évacuer Moscou en traversant la ville, et

en se retirant sur la route de Riazan. -- Désespoir

du gouverneur Rostopchin, et ses préparatifs secrets

d'incendie. -- Arrivée des Français devant Moscou. --

Superbe aspect de cette capitale, et enthousiasme de

nos soldats en l'apercevant des hauteurs de Worobiewo.

-- Entrée dans Moscou le 14 septembre. -- Silence et

solitude. -- Quelques apparences de feu dans la nuit

du 15 au 16. -- Affreux incendie de cette capitale. --

Napoléon obligé de sortir du Kremlin pour se retirer

au château de Petrowskoié. -- Douleur que lui cause

le désastre de Moscou. -- Il y voit une résolution

désespérée qui exclut toute idée de paix. -- Après

cinq jours l'incendie est apaisé. -- Aspect de Moscou

après l'incendie. -- Les quatre cinquièmes de la ville

détruits. -- Immense quantité de vivres trouvée dans

les caves, et formation de magasins pour l'armée. --

Pensées qui agitent Napoléon à Moscou. -- Il sent le

danger de s'y arrêter, et voudrait, par une marche

oblique au nord, se réunir aux maréchaux Victor,

Saint-Cyr et Macdonald, en avant de la Dwina, de

manière à résoudre le double problème de se rapprocher

de la Pologne, et de menacer Saint-Pétersbourg. --

Mauvais accueil que cette conception profonde reçoit

de la part de ses lieutenants, et objections fondées

sur l'état de l'armée, réduite à cent mille hommes. --

Pendant que Napoléon hésite, il s'aperçoit que l'armée

russe s'est dérobée, et est venue prendre position

sur son flanc droit, vers la route de Kalouga. --

Murat envoyé à sa poursuite. -- Les Russes établis à

Taroutino. -- Napoléon, embarrassé de sa position,

envoie le général Lauriston à Kutusof pour essayer de

négocier. -- Finesse de Kutusof feignant d'agréer ces

ouvertures, et acceptation d'un armistice tacite. 1 à 426

LIVRE QUARANTE-CINQUIÈME.

LA BÉRÉZINA.

État des esprits à Saint-Pétersbourg. -- Entrevue de

l'empereur Alexandre à Abo avec le prince royal de

Suède. -- Plan d'agir sur les derrières de l'armée

française témérairement engagée jusqu'à Moscou. --

Renfort des troupes de Finlande envoyé au comte de

Wittgenstein, et réunion de l'armée de Moldavie à

l'armée de Volhynie sous l'amiral Tchitchakoff. --

Ordres aux généraux russes de se porter sur les

deux armées françaises qui gardent la Dwina et le

Dniéper, afin de fermer toute retraite à Napoléon.

-- Injonction au général Kutusof de repousser toute

négociation, et de recommencer les hostilités le

plus tôt possible. -- Pendant ce temps, Napoléon,

sans beaucoup espérer la paix, est retenu à Moscou

par sa répugnance pour un mouvement rétrograde, qui

l'affaiblirait aux yeux de l'Europe, et rendrait

toute négociation impossible. -- Il penche pour le

projet de laisser une force considérable à Moscou,

en allant avec le reste de l'armée s'établir dans

la riche province de Kalouga, d'où il tendrait la

main au maréchal Victor, amené de Smolensk à Jelnia.

-- Pendant que Napoléon est dans cette incertitude,

Kutusof ayant procuré à son armée du repos et des

renforts, surprend Murat à Winkowo. -- Combat brillant

dans lequel Murat répare son incurie par sa bravoure.

-- Napoléon irrité marche sur les Russes afin de

les punir de cette surprise, et quitte Moscou en y

laissant Mortier avec 10 mille hommes pour occuper

cette capitale. -- Départ le 19 octobre de Moscou,

après y être resté trente-cinq jours. -- Sortie

de cette capitale. -- Singulier aspect de l'armée

traînant après elle une immense quantité de bagages.

-- Arrivée sur les bords de la Pakra. -- Parvenu en

cet endroit, Napoléon conçoit tout à coup le projet de

dérober sa marche à l'armée russe, et, à la confusion

de celle-ci, de passer de la vieille sur la nouvelle

route de Kalouga, d'atteindre ainsi Kalouga sans coup

férir, et sans avoir un grand nombre de blessés à

transporter. -- Ordres pour ce mouvement, qui entraîne

l'évacuation définitive de Moscou. -- L'armée russe,

avertie à temps, se porte à Malo-Jaroslawetz, sur la

nouvelle route de Kalouga. -- Bataille sanglante et

glorieuse de Malo-Jaroslawetz, livrée par l'armée

d'Italie à une partie de l'armée russe. -- Napoléon,

se flattant de percer sur Kalouga, voudrait persister

dans son projet, mais la crainte d'une nouvelle

bataille, l'impossibilité de traîner avec lui neuf

ou dix mille blessés, les instances de tous ses

lieutenants, le décident à reprendre la route de

Smolensk, que l'armée avait déjà suivie pour venir à

Moscou. -- Résolution fatale. -- Premières pluies et

difficultés de la route. -- Commencement de tristesse

dans l'armée. -- Marche difficile sur Mojaïsk et

Borodino. -- Disette résultant de la consommation des

vivres apportés de Moscou. -- L'armée traverse le

champ de bataille de la Moskowa. -- Douloureux aspect

de ce champ de bataille. -- Les Russes se mettent à

notre poursuite. -- Difficultés que rencontre notre

arrière-garde confiée au maréchal Davout. -- Surprises

nocturnes des Cosaques. -- Ruine de notre cavalerie.

-- Danger que le prince Eugène et le maréchal Davout

courent au défilé de Czarewo-Zaimitché. -- Soldats

qui ne peuvent suivre l'armée faute de vivres et de

forces pour marcher. -- Formation vers l'arrière-garde

d'une foule d'hommes débandés. -- Mouvement des Russes

pour prévenir l'armée française à Wiasma, tandis

qu'une forte arrière-garde sous Miloradovitch doit

la harceler, et enlever ses traînards. -- Combat du

maréchal Davout à Wiasma, pris en tête et en queue

par les Russes. -- Ce maréchal se sauve d'un grand

péril, grâce à son énergie et au secours du maréchal

Ney. -- Le 1er corps, épuisé par les fatigues et les

peines qu'il a eu à supporter, est remplacé par le

3e corps sous le maréchal Ney, chargé désormais de

couvrir la retraite. -- Froids subits et commencement

de cruelles souffrances. -- Perte des chevaux, qui

ne peuvent tenir sur la glace, et abandon d'une

partie des voitures de l'artillerie. -- Arrivée à

Dorogobouge. -- Tristesse de Napoléon, et son inaction

pendant la retraite. -- Nouvelles qu'il reçoit du

mouvement des Russes sur sa ligne de communication,

et de la conspiration de Malet à Paris. -- Origine et

détail de cette conspiration. -- Marche précipitée

de Napoléon sur Smolensk. -- Désastre du prince

Eugène au passage du Vop, pendant la marche de ce

prince sur Witebsk. -- Il rejoint la grande armée à

Smolensk. -- Napoléon, apprenant à Smolensk que le

maréchal Saint-Cyr a été obligé d'évacuer Polotsk,

que le prince de Schwarzenberg et le général Reynier

se sont laissé tromper par l'amiral Tchitchakoff,

lequel s'avance sur Minsk, se hâte d'arriver sur la

Bérézina, afin d'échapper au péril d'être enveloppé.

-- Départ successif de son armée en trois colonnes, et

rencontre avec l'armée russe à Krasnoé. -- Trois jours

de bataille autour de Krasnoé, et séparation du corps

de Ney. -- Marche extraordinaire de celui-ci pour

rejoindre l'armée. -- Arrivée de Napoléon à Orscha. --

Il apprend que Tchitchakoff et Wittgenstein sont près

de se réunir sur la Bérézina, et de lui couper toute

retraite. -- Il s'empresse de se porter sur le bord

de cette rivière. -- Grave délibération sur le choix

du point de passage. -- Au moment où l'on désespérait

d'en trouver un, le général Corbineau arrive

miraculeusement, poursuivi par les Russes, et découvre

à Studianka un point où il est possible de passer la

Bérézina. -- Tous les efforts de l'armée dirigés sur

ce point. -- Admirable dévouement du général Éblé et

du corps des pontonniers. -- L'armée emploie trois

jours à traverser la Bérézina, et pendant ces trois

jours combat l'armée qui veut l'arrêter en tête pour

l'empêcher de passer, et l'armée qui l'attaque en

queue afin de la jeter dans la Bérézina. -- Vigueur

de Napoléon, dont le génie tout entier s'est réveillé

devant ce grand péril. -- Lutte héroïque et scène

épouvantable auprès des ponts. -- L'armée, sauvée par

miracle, se porte à Smorgoni. -- Arrivé à cet endroit,

Napoléon, après avoir délibéré sur les avantages et

les inconvénients de son départ, se décide à quitter

l'armée clandestinement pour retourner à Paris. -- Il

part le 5 décembre dans un traîneau, accompagné de

M. de Caulaincourt, du maréchal Duroc, du comte de

Lobau, et du général Lefebvre-Desnoëttes. -- Après son

départ, la désorganisation et la subite augmentation

du froid achèvent la ruine de l'armée. -- Évacuation

de Wilna et arrivée des états-majors à Koenigsberg

sans un soldat. -- Caractères et résultats de la

campagne de 1812. -- Véritables causes de cet immense

désastre. 427 à 679

FIN DE LA TABLE DU QUATORZIÈME VOLUME.

Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 14 / 20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française · 第 50 / 50 段