differença que existe entre a theoria historica e positiva do socialismo
e o socialismo utupista das seitas? Ao mesmo tempo que sae da historia
como uma natural evolução, perde elle para logo o caracter
contradictorio, problematico e, para tudo dizer, assustador, com que a
principio se apresentou no mundo. Alarga tambem o seu horisonte, deixa
de abraçar sómente uma ordem parcial de phenomenos sociaes, para
abranger todo o movimento renovador da humanidade contemporanea, na
philosophia, na sociedade, no estado e nas consciencias. Filho legitimo
da historia, deixa tambem de a contradizer no que ella tem de essencial,
a familia, a propriedade, a herança, bases da sociedade, duplamente
consagradas pela razão e pela pratica e veneração das gerações. Não
propõe uma construcção arbitraria e artificial da sociedade, mas
pretende sómente ajudal-a no seu desenvolvimento organico, segundo uma
theoria estudada nella mesma, nos seus antecedentes. É, numa palavra,
verdadeiramente conservador o socialismo, por isso mesmo que é
verdadeiramente progressista. E se eu tivesse algum direito de em nome
delle dar um conselho aos homens e aos partidos que, por se julgarem
conservadores, entendem ter obrigação de combater uma philosophia
social, que não conhecem, ou diria a esses illudidos: Fazei-vos
socialistas, se quereis realmente merecer o nome de conservadores, que
por ora não tendes sufficientemente justificado: passae para este lado,
que é onde estão os representantes da verdadeira tradição da humanidade,
tradição não de entenebrecimento e oppressão, de odio e lucta
systematica, mas de luz e liberdade, de paz e conciliação: ou, senão,
examinae pelo menos antes de condemnar, informae-vos antes de
amaldiçoar, aliás teremos de dizer que sois só conservadores da vossa
propria ignorancia e obsecada paixão.
Mas eu nao tenho direito de dar conselhos a quem não m'os pede nem me
julga auctorisado a dal-os. Depois, talvez este meu candido appello,
para a conciliação e a tolerancia, seja ainda uma daquellas muitas
utopias que só merecem um sorriso de desdenhosa compaixão dos homens
_praticos_ encanecidos no trato das coisas reaes do mundo... Talvez!
Paciencia. Veremos o que o tempo _praticamente_ responde a tudo isto.
Fevereiro-Março, 1873.
Le Portugal contemporain--Oliveira Martins
En dehors de la littérature proprement dite, le Portugal ne possède
aujourd'hui qu'un seul écrivain réellement supérieur: c'est M. Oliveira
Martins, l'auteur de la _Bibliotheca das Sciencias sociaes_. Définir son
genre et le classer d'un mot me semble chose presque impossible, par la
simple raison que ce mot n'existe pas encore: _socialiste_ a un sens en
même temps étroit et vague; _sociologiste_ serait un barbarisme. Si,
depuis les Grecs on a toujours écrit l'histoire, disserté sur la
politique et plus ou moins observé l'économie et les moeurs des
nations, ce n'est que depuis un demi-siècle à peine qu'on a été amené à
étudier scientifiquement la Société, en la considérant comme un tout
naturel et réel, dont les phénomènes sont susceptibles d'être ramenés à
des relations générales et fixes, c'est-à-dire à des lois. De là la
constitution d'un nouveau et dernier groupe de sciences, qui est venu
s'ajouter à celles qui existaient déjà: le groupe des sciences morales.
M. Oliveira Martins (_socialiste_ ou _sociologiste_, comme on voudra)
s'occupe donc de sciences sociales, et, quoique jeune encore, mérite,
par la profondeur de ses recherches, l'originalité et l'ampleur de
ses vues et la fermeté de sa méthode, d'être rangé parmi les mâitres et
promoteurs de ces études nouvelles. En outre, son estyle, par ses
qualités de vigueur, de vie et d'élévation, quoique trop souvent
incorrect et déparé parfois par le mauvais goût, fait de l'auteur de la
_Bibliotheca das Sciencias_ un écrivain de premier ordre.
Les premiers ouvrages de M. Oliveira Martins (_Theoria do Socialismo_ et
_Portugal e o socialismo_), parus à Lisbonne vers 1873 et 1874,
appelèrent sur les lèvres du petit nombre de personnes en état de les
juger un _Tu Marcellus cris!_ prophétique. Touffus d'idées hardies, mais
encore mal définies, et auxquelles manquait une base solide de
connaissances positives, obscurs et confus par le style, ces deux livres
dénonçaient pourtant les maîtresses qualités qui font le penseur et
l'écrivain d'ordre supérieur.
En effet, le germe des doctrines exposées plus tard dans la
_Bibliotheca_ s'y trouvait déjà formulé dès la première page dans ces
mots: "La théorie du socialisme c'est l'évolution.", Depuis, la pensée
laborieuse de notre auteur n'a fait qu'approfondir et développer cette
idée, en l'étayant de solides études économiques, politiques et
historiques.
Laissant là la manière sèche et étroite des économistes et leur méthode
tout abstraite, M. Oliveira Martins conçoit la société comme un tout
vivant, un être collectif qui, comme l'homme lui-même, est à la fois
naturel et rationnel, sujet dans son développement à la double action
des lois de la nature, auxquelles se rattache la sociabilité elle-même
dans ses formes primordiales, et des principes juridiques et moraux qui
sont le domaine propre et exclusif de l'humanité. La lutte,
l'équilibre, la pénétration et l'opposition de ces deux éléments
constituent, aux yeux de nôtre auteur, l'être même de la société, dont
le développement, changeant et variable comme celui de toute chose
vivante, peut présenter des aspects très dissemblables et impropres:
rien n'y est absolu, rien n'y est nécessaire, hormis les lois générales
de la nature et l'essence rationnelle et morale de l'homme. La méthode
des sciences sociales ne peut donc pas être abstraite: elle doit être,
avant tout, historique.
C'est à ce point de vue, et non pas seulement en naturaliste et
économiste, mais encore en juriste et moraliste, que M. Oliveira Martins
s'est placé pour étudier dans sa _Bibliotheca_ l'ensemble des
phénomènes,--travail, distribution, propriété, classes, gouvernement,
juridiction, culte, etc.,--qui constituent le vaste domaine, encore
imparfaitement jalonné, des sciences sociales. La _Bibliotheca_ comprend
déjà 12 volumes. En outre, M. Oliveira Martins a publié un Mémoire sur
la _Circulation fiduciaire_ et diverses brochures se rattachant toutes
aux questions sociales. L'espace nous manque pour donner même une courte
analyse de chacun des volumes déjà parus de la _Bibliotheca_, et il faut
que je me borne à l'exposition sommaire que je viens de faire des idées
culminantes et de la méthode de l'auteur. Mais je dois au moins appeller
l'attention des personnes compétentes sur deux de ces volumes (_Quadro
das instituições primitivas_ et _O Regime das riquezas_), qui, par leur
grande originalité de vues et de forme, mériteraient bien d'être
traduits en français ou en allemand.
La fécondité de la méthode historique de l'auteur y devient évidente. A
l'encontre des économistes orthodoxes, qui dessèchent la réalité humaine
dans leurs formules et prétendent réduire la vie de la société à une
espèce d'algèbre inflexible, M. Oliveira Martins, plongeant en pleine
réalité, nous montre l'origine variable et les formes multiples des
institutions sociales assujeties dans leur développement non à des lois
purement naturelles, comme le prétendent les économistes, mais avant
tout à des raisons intimes et _humaines_. Jamais les fatalités
naturelles n'y étouffent complètement l'être moral de l'humanité, et,
même dans ses formes premières et plus rudes, la société apparaît comme
le domaine de la liberté. La concurrence y joue un grand rôle, sans
doute, mais contrecarré ou endigué par des forces juridiques et morales.
La pure mécanique sociale, telle que la rêvent les économistes, n'y
triomphe jamais non plus que cet individualisme abstrait qui serait
plutôt l'idéal de la sauvagerie que celui de la civilisation. Celle-ci,
loin de marcher de plus en plus dans le sens des fameuses "lois
naturelles", tend au contraire à s'en affranchir, et la société, dont
l'idéal est la justice et non la nécessité, va graduellement se
rapprochant de ce type de raison et de liberté qui est l'être même de
l'homme.
On voit, par ce rapide aperçu, que M. Oliveira Martins se rattache à
l'école appelé en Allemagne des _Katheder-Socialisten_: il doit beaucoup
aussi à ce puissant penseur, si mal compris encore aujourd'hui, P.-J.
Proudhon. Mais, socialiste doublé d'un historien, il projette sur toutes
ces questions une lumière qui les fait voir sous des aspects
nouveaux en dehors du terrain forcément étroit des écoles et des
discussions, et dans les larges perspectives de la réalité. Là est, à
mon avis, sa principale originalité.
Je voudrais être bref; mais je dois pourtant dire encore quelque chose
des deux ouvrages (_Historia de Portugal_ et _Portugal contemporaneo_),
qui M. Oliveira Martins a consacrés à l'histoire de notre pays, et qui
se rattachent à la _Bibliotheca_, plutôt qu'ils n'en font partie. A
première vue, ces livres semblent ne devoir interesser que les seuls
Portugais; on verra qu'ils ont une portée bien plus générale.
Le Portugal contemporain est une énigme que personne en Europe ne
comprend et dont, même chez nous, bien peu de gens savent le mot. On
cite généralement le Portugal comme un modèle des petits pays libres et
sages: pas de révolutions ni de luttes de classes; la paix, le
fonctionnement régulier du régime parlamentaire; on l'oppose souvent à
l'Espagne, périodiquement convulsionée. Et pourtant ce pays modèle
est--la Turquie exceptée--le plus mal administré qui soit en Europe.
Après 50 ans de paix, sa dette publique est une des plus écrasantes et
elle s'accroît tous les jours, car le budget portugais se solde
régulièrement en déficit. L'esprit publique est nul en dépit d'une
multitude de journaux ordinairement éphémères et tous plus insignifiants
les uns que les autres, et la politique est devenue l'apanage, de haut
en bas et de droite à gauche, d'une classe de gens à peu près ignares et
tenus généralement en estime médiocre. Quant à l'armée, le moins qu'on
en puisse dire est qu'elle est aussi fantastique que coûteuse,
tandis que l'instruction populaire est lamentable et que l'enseignement
supérieur (a l'excepction de deux ou trois écoles spéciales) est
souverainemente pedantesque ou vide[1]. Le seul sentiment
national un peu perceptible est une espèce de haine sourde et
instinctive contre l'Espagne, qu'on ne connaît pas, et, dans les classes
cultivées, l'admiration béate de tout ce qui est français, qu'on suige à
tort et à travers, dans les lois, les moeurs, la litterature et la
langue même, qui va s'adultérant de plus en plus.
Voilà, on en conviendra, pour une nation réputée "le modèle des petits
pays sages et libres", des aspects singulièrement imprévus!
La raison de ce remarquable phénomène de pathologie sociale est que
Portugal est la seule nation en Europe _qui soit réellement vieille et
caduque_. On peut lui appliquer les constitutions, les lois, les
règlements et les phrases qu'on voudra; rien n'y fait, car il n'y a pas
de stimulants pour la décrepitude. Elle acceptera les libertés comme les
coups, les constitutions comme les épidemies, avec le calme indifférent
de l'insensibilité et de l'inconscience. De là sa paix profonde et son
étonnante sagesse; de là aussi un irrémédiable affaissement. Les
contradictions sans nombre qui présente notre état social, politique
et intellectuel, et qui déroutent l'observateur (pas un voyageur en
Portugal n'a compris ce pays), n'ont pas d'autre raison. Les mots ne
répondent plus aux choses, et les meilleurs lois ne sont que de petits
chiffons de papier emportés de France. C'est un système de mensonge naïf
et inconscient. La réalité, c'est cet affaissement irrémédiable d'un
organisme national arrivé à l'extrême limite de ses forces vitales.
L'étiologie historique de ce cas remarquable a été faite, pour la
première fois, et supérieurement, par M. Oliveira Martins, dans son
_Historia de Portugal_, tandis que son _Portugal Contemporaneo_ fait
toucher du doigt les contradictions incurables de la situation actuelle,
issue, non de la raison consciente e d'un effort viril de toute la
nation, mais des illusions plus au moins généreuses d'un petit nombre de
révolutionnaires et de l'atonie des masses, sur lesquelles on faisait
cette expérience doctrinaire: _in anima vili_. On y apprend à connaître
le _quid_ spécial de la Révolution portugaise de 1834, la fatalité qui y
menait et qui changeant tout à coup d'aspect, allait présider aux
convulsions d'abord, puis aux mécomptes, aux désillusions, aux compromis
lâches, et finalement au marasme actuel. Le _Portugal Contemporaneo_ est
l'histoire cruelle de cet avortement. L'auteur y fait, pièces en main et
pas a pas, le procès de ce libéralisme bourgeois, en même temps abstrait
et utilitaire qui, après 50 ans de domination incontestée, aboutit à une
situation inextricable et de la débâcle imminente. Comme description
détaillée d'un cas de pathologie sociale, ce livre, qui, sous d'autres
rapports, n'interesse que les Portugais, peut offrir un intérêt
spécial à toux ceux qui s'occupent, en hommes de science et en
philosophes, des choses de la société.
Les causes premières de cette maladie profonde à laquelle succombe
actuellement la nation portugaise ont été mises en lumière par M.
Oliveira Martins, dans son _Historia de Portugal_.
Em 1580, après la catastrophe d'Alcacer-Kibir, le Portugal était
réellement mort. L'oeuvre féconde et glorieuse de sa vie historique
était accomplie; mais l'ouvrier héroïque gisait exténué. L'application
en grand, pendant trois quarts de siècle, d'un faux système
d'exploitation coloniale avait ruiné le pays et troublé profondement sa
constitution sociale: le jésuitisme, d'un autre côté, avait épaissi ou
perverti son intelligence, brisé son ressort moral, faussé son libre
génie, et, en étouffant tous les germes de l'esprit moderne que la
Renaissance avait si abondamment semés, paralysé tout développement
ulterieur et tué l'avenir. Philippe II, en réunissant le Portugal à la
couronne d'Espagne, n'a donc fait que cueillir un fruit mûr. L'histoire
du Portugal aurait dû finir à cette époque-là. La restauration nationale
de 1640 a été un fait en grande partie artificiel, possible seulement
par l'abbatement de l'Espagne, qui avait perdu sa force d'attraction.
Le nouveau Portugal, qui commence à cette date-là, n'a rien de l'autre,
rien de sa force noble, de son hardi génie. Ce n'est qu'un triste
bâtard, un être malingre et malvenu, le produit artificiel de la
diplomatie, que son grand ami, l'Anglais hérétique, protège, rudoye,
amuse et exploite. De sa seule force, il ne tiendrait pas debout: il
est donc juste qu'il paye celui qui le soutient. Il le payera des
restes de son noble héritage, de ses colonies, qui s'en iront l'une
après l'autre grossir l'empire de la nouvelle reine des mers; il le
payera encore en traités de commerce, qui le ruineront au profit de son
loyal protecteur. Cela s'appella la glorieuse restauration portugaise de
1640--oeuvre néfaste entre toutes, qui démembra l'Espagne et compromit
pour des siècles, peut-être pour toujours, l'avenir de la peninsule
ibérique.
Mais, à côté de l'Anglais hérétique, le jésuite aussi avait travaillé à
cette oeuvre glorieuse: il reçut sa paye. On lui abandonna
complètement l'éducation, l'âme de la nation. Le Portugal a été, pendant
deux siècles, plus encore que le Paraguay, le véritable paradis des
jésuites. Leur produit spécial, leur oeuvre de prédilection, le cagot,
y arriva à la plus merveilleuse perfection. Le cagotisme a été
véritablement le trait, le signe particulier du nouveau Portugal: c'est
par là qu'il acquit une physionomie. Comme état de psychologie
collective, il survécut à la destruction des jésuites, il a traversé les
révolutions: il s'est accommodé du libéralisme, et, chose surprenante,
de l'incrédulité elle-même! Il dure toujours, et la situation trouble,
maladive, énigmatique d'aujourd'hui est avant tout son oeuvre.
Voilà, aussi brièvement que possible, la vérité sur le Portugal moderne.
Cette vérité n'était pas inconnue avant les livres de M. Oliveira
Martins: on la pressentait plus au moins, en tâtonnant à travers le
brouillard d'illusions séculaires et officielles: quelques-uns même
avaient osé la formuler. Mais, seuls, les livres de M. Oliveira
Martins l'on déduite historiquement, c'est-à-dire, en présentant
nettement les faits et en les ramenant à leurs causes. Dans ces livres
si vivants, si incisifs, la forme est narrative et pittoresque, le fond
est philosophique. C'est de la très ferme étiologie historique. En
suivant l'histoire à travers la variété animée des scènes et des
personnages, le lecteur s'aperçoit tout-à-coup qu'on lui a fait une
démonstration en règle. Ce n'est pas là une des moindres originalités de
la manière de M. Oliveira Martins.
Du reste, pour nous autres, tout est original dans ces livres, l'idée
comme la forme, le point de vue critique comme la manière réaliste. Le
Portugal, depuis sa Révolution, n'avait encore eu qu'un seul homme
supérieurement doué et fortement préparé pour le travail de l'histoire:
A. Herculano. Mais, outre que Herculano ne s'est jamais occupé que de
l'histoire anterieure à 1580 (qu'on peut considerer comme l'histoire
d'une autre nation) il était trop dogmatique dans ses vues et trop raide
et guindé dans son estyle, pour qu'on puisse trouver dans ses livres la
vie et la philosophie, c'est-à-dire l'âme et la forme de l'histoire. Son
oeuvre puissant d'effort et de savoir, souvent éloquente, a suivi
toutefois une direction trop particulière.
Pour les autres qui se sont occupés de l'histoire moderne du Portugal,
Rebello da Silva, en dépit de son admirable talent litteraire, n'a été
qu'un médiocre rhéteur: Pinheiro Chagas n'est qu'un compilateur dénué de
toute critique et même de toute idée. Ceux qui ont osé affronter les
livres de M. Theophilo Braga ont eu quelquefois la consolation d'y
rencontrer l'ombre d'une idée neuve et juste et quelques aperçus hardis
ou ingénieux, trop vite noyés dans le fatras babylonien d'une
érudition en délire. Les ouvrages historiques de M. Oliveira Martins
restent donc originaux au premier chef et sans précédents dans nôtre
litterature. Dans les litteratures étrangères, ils se rattachent surtout
à Michelet et Carlyle--avec moins d'imagination et d'intention poétique,
mais avec plus de fermeté et de largeur dans les vues.
Vous allez croire maintenant que l'homme audacieux qui a osé dire à son
pays les vérités les plus cruelles et les plus humiliantes pour sa
vanité, doit être chez nous une espèce de paria, un lépreux tenu à
distance par le monde officiel, quelque chose comme Proudhon l'a été en
France sa vie durant?
Rassurez-vous. M. Oliveira Martins est membre de l'Académie Royale de
Lisbonne et de l'Institut universitaire de Coimbra.
Il a vu un de ses livres, et non pas des moins sévères (_A circulação
fiduciaria_), couronné par cette même Académie Royale. Le monde officiel
le fête, le choye, l'aime de tout son coeur. Les ministres sont très
heureux quand il veut bien se charger de quelque travail qui demande
beaucoup de savoir et beaucoup de désinteressement. Je ne sache pas non
plus que ces terribles livres aient eu de contradicteurs. En un mot, il
ne tiendrait qu'a lui d'être l'homme du jour dans le pays qu'il a si
malmené.
Etonnant, n'est-ce pas?--Pour qui sait comprendre, ce simple fait en dit
plus long que de gros volumes!
1884.
[1] Un seul fait suffira. A l'Ecole des hautes études litteraires
(_curso superior de lettras_) de Lisbonne, la chaire de litterature
ancienne est occupé par un monsieur qui ne ne sait pas un mot de
grec--et, chose plus curieuse encore, parmi les membres du jury de
concours qui l'a reçu (composé de professeurs du dit _Curso
superior_ et de membres délégués de l'Académie royale de Lisbonne),
_pas un seul non plus ne connaissait le grec_!
Oliveira Martins e o partido progressista
CARTA A SEBASTIÃO D'ARRUDA DA COSTA BOTELHO
Villa do Conde, 1 de agosto de 1885
_Meu Sebastião_
.......................................................................
Mando-te esses numeros da _Provincia_ para veres o caracter imponente,
que teve a manifestação do Porto e o tom a que o O. Martins tem sabido
levantar o Progressismo, que tão desafinado andava. Verás tambem que
elle não renegou, nem se desdiz. A bandeira que desfralda é a do
Socialismo, como até aqui. Convencido como está, e estão todos os que
sabem observar os factos, da incapacidade actual, (e que o será ainda
por muito tempo), do partido republicano para fundar seja o que fôr e
vendo ao mesmo tempo a imminencia de uma crise pavorosa, o O. Martins
fez acto verdadeiro de patriotismo, procurando aquelles elementos, que
bem dirigidos e transformados, poderão por ventura fornecer ainda um
ponto de apoio no meio do naufragio. Um homem como O. Martins, não dá um
passo destes, nem toma posição de tamanha responsabilidade, sem ter
visto bem as cousas e estudado o melhor caminho. Tem sido approvado por
muita da melhor gente. O O. Martins é o unico homem politico superior
que temos, pois reune a um elevado caracter um saber vasto e não só
theorico mas technico e um poder de trabalho incomparavel. Quando um tal
homem dá um passo, como elle deu, o dever da gente seria, ainda quando o
não approve, é não o estorvar na sua tentativa, reconhecendo a pureza
das suas intenções. Os republicanos, porém, cobriram-n'o de insultos e
imputações as mais baixas--e no dia seguinte o que fizeram? foram
alliar-se com os regeneradores, para combater o movimento por elle
iniciado, movimento que pode falhar, mas que é sem duvida sério e
exprime o sentir nacional, pelo menos neste ponto de querer acabar com
essa alliança da burocracia com a finança, que é a fatalidade do partido
regenerador, origem da corrupção politica e de um systematico
desgoverno. Destruir essa oligarchia burocratico-financeira, que nos
domina e desmoralisa, ha tantos annos, e impedir por meio de leis
convenientes que ella possa de futuro tornar a formar-se, parece-me
coisa muito mais importante do que uma simples alteração no caracter do
poder executivo, cousa que deve ficar para depois, pois só as reformas
economicas e financeiras tornarão aquella outra puramente politica, não
só possivel, mas fecunda e duradoura. Isto tanto mais, quanto está
imminente a bancarrota e uma tremenda crise social; a proclamação da
Republica, não só não remediaria esses grandes males, (pois que
influencia póde ter uma reforma só politica nos elementos
financeiros e economicos?) mas traria mais uma complicação e
elemento de desordem, como ainda em 1873 se viu em Hespanha. Convém,
pelo contrario, addiar essa questão, visto que não é urgente, e não
complicar com ella a outra, urgentissima. É de boa politica, como é de
boa logica, dividir as questões para as resolver, e começar por
aquellas, que resolvidas, podem facilitar a resolução das outras.
Impedir que tudo venha a baixo parece ser a cousa mais urgente. Depois
reformar a constituição economica, de modo a impedir que um tal estado
de cousas possa vir a repetir-se. E só depois organisar a constituição
politica, tanto no que toca ao legislativo, como ao executivo, de modo a
dar estabilidade e duração aos progressos realisados. Pódes crêr que
estas são hoje, como sempre foram, as aspirações do O. Martins, que
continúa sendo tão bom socialista e republicano como era dantes. Eu, por
mim, approvo-o inteiramente na marcha que vae seguindo, e desejava que
toda a gente séria lhe désse o apoio indispensavel, ainda aos maiores
politicos, para fazerem qualquer cousa. Se todos começarem a
hostilisal-o, é claro que nada poderá fazer. Virá a terra, e com elle a
ultima esperança deste pobre Portugal. Então teremos o diluvio.
Adeus, meu Sebastião. Do teu de c.
_A. de Q._
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