M. Fiodor ouvrit ses lèvres rouges, dans un rire muet:

--Je ne redoute pas le vin non plus, fit-il, quelle blague! J’ai

seulement bavardé un peu trop: je regrette de vous avoir ennuyé. A

présent, je m’en vais voir la bagnole; il faut que je fasse le train de

six heures trente, ce soir: une arrivée.

--Qui donc? Je n’ai pas d’ordre, ni Francine non plus.

--Ça viendra, ne vous agitez pas, restez tranquille, mon vieux. Vous

devriez plutôt me plaindre: j’ai un démontage embêtant, je vais barboter

dans la graisse. Et puis, tenez, voulez-vous que je les donne, moi, les

ordres? Hé bien, mettez des draps à la chambre--comment diable

l’appelez-vous?...--la chambre canari, c’est ça, oui!... Quelle idée?

Enfin la chambre dont le cabinet s’ouvre sur la bibliothèque, la chambre

des travailleurs, quoi!

--Je comprends, dit le valet de chambre, je vous vois venir. Il n’y a

pas de travailleurs ici. Vous ne pouvez parler que de deux types,

puisque l’Auvergnat est mort: Mazenet ou M. Cénabre.

--Vous avez gagné: c’est l’abbé Cénabre. Je dois même le conduire en

passant jusqu’à Dorville. Et entre nous, mon vieux, pourquoi Mazenet

tout court, pourquoi M. Cénabre?

--Je ne sais pas, fit l’autre en rougissant. Une idée. Ça m’est venu

comme ça. Oh! vous êtes trop malin. Vous allez chercher des choses...

M. Fiodor s’étira, les bras levés au plafond, avec un petit gémissement

de plaisir, et s’approcha brusquement de la fenêtre encore dans l’ombre.

Le reflet de la pelouse inondée de soleil faisait paraître un peu plus

pâles ses joues rasées, son front triste. L’immense jardin épanoui se

peignit une seconde au fond de son regard dormant. Puis un gros bourdon

vint heurter la vitre, comme une balle.

--Voyez-les, dit-il, de sa voix redevenue si douce. Voyez-les, ami,

là-bas; elles sortent de la charmille, toutes les deux. La vieille dame

écoute sûrement les oiseaux, et elle se dépêche de les aimer, car jamais

son vieux cœur dur ne s’est ému pour personne, en vérité...

Sérieusement, que pensez-vous de cette maison et de ces maîtres, vous,

François?

--Ce que je pense? Mais rien. Que voulez-vous que je pense? C’est une

maison mieux tenue que bien d’autres. Des savants, des académiciens, de

gros propriétaires solides, presque pas de femmes, ça va.

--Je vous déclare qu’elle est rongée par les insectes, poursuivit M.

Fiodor, sur le même ton de confidence. Oui, je le répète, et que vous y

verrez des choses épatantes.

--C’est déjà rigolo de vous y voir, remarqua le valet de chambre, en

rougissant de nouveau.

* * * * *

--François! dit Mlle Chantal.

Elle avait seulement passé la tête dans l’entrebâillement de la porte,

et ne montrait que ses cheveux cendrés, son regard lumineux, la tache

plus vive de ses dents.

--Je voulais vous prier d’aller chercher Francine, dit-elle encore, mais

elle est sans doute auprès de grand’mère? Il s’agit simplement de tenir

prête pour ce soir la chambre canari. C’est tout. Fiodor vous aura

prévenu, peut-être?

Elle s’était avancée en parlant jusqu’à la table, une main posée sur le

rebord, et elle interrogeait le beau Russe de ses yeux tranquilles.

--Je regrette, mademoiselle, fit-il sèchement. Ce n’est pas mon service.

Je n’ai pas d’ordres.

--Mon Dieu! s’écria-t-elle, on va sans ordres! Et puis, je suis sûre que

vous avez fait pour le mieux, il en est toujours ainsi. Est-ce vrai,

François? Ne le saviez-vous pas déjà?

--Mademoiselle a deviné juste, parfaitement, répondit aussitôt le valet

de chambre avec un petit rire sournois. Je sais que monsieur l’abbé

Cénabre arrive au train de dix-huit heures trente.

--Bien! n’en parlons plus! Voilà donc cette affaire réglée. Vous

trouverez les draps sur l’armoire de la lingerie, le nécessaire de

toilette et les savons. Mais ces savons, quelle horreur! Ils empestent.

--Francine les a choisis elle-même, à Falaise, l’autre jour. Je lui en

ai fait l’observation. Oh! j’ai l’habitude du service, Mademoiselle peut

croire. Mais le dernier envoi de Guerlain nous est arrivé hier: la

caisse n’est pas ouverte encore. Je vais la déclouer et vérifier tout de

suite.

Il disparut si vite (sans doute à dessein) que Mlle Chantal ne put

retenir un geste de surprise, ou peut-être d’effroi. D’ailleurs elle

reposa presque instantanément sur la table sa petite main toujours

calme.

--Je dois dire, commença l’étrange chauffeur, sans qu’une seule ride

remuât dans son visage muet, je dois vous rendre compte que...

--Vous ne me devez aucun compte, Fiodor, interrompit-elle. Mon père est

satisfait, cela suffit. Avez-vous à vous plaindre de quelqu’un?

--Non pas, dit l’homme. Daignez seulement remarquer que je ne puis sans

votre permission m’exposer à vous offenser par un excès de franchise,

une franchise maladroite.

Elle secoua doucement la tête:

--Il n’y a pas de franchise maladroite, fit-elle. Aucune franchise ne

m’offense.

Il reçut dans le sien ce regard si pur, à peine tremblant. Il essaya de

le soutenir, et ne réussit qu’une sorte de grimace à la fois douloureuse

et cruelle.

--Je ne puis quitter cette maison, murmura-t-il, et cependant il m’est

impossible aussi de supporter plus longtemps votre mépris.

Un flot de sang vint aux joues de mademoiselle Chantal.

--Et moi, dit-elle sans daigner dissimuler l’altération de sa voix, je

n’ai rien fait pour mériter d’entendre des paroles telles que celles-ci.

Non, je n’ai rien fait. Mon Dieu! comprenez du moins que votre ton seul

est une humiliation bien cruelle, et que je la souffre injustement.

N’avez-vous pas honte d’abuser ainsi d’un secret prétendu, qui

d’ailleurs est à vous comme un bien volé? Allez-vous-en! Allez-vous-en!

Il fit un geste d’insouciance:

--Où irais-je? répliqua-t-il, de sa voix au chant puéril, qui

contrastait si étrangement avec l’expression têtue et rusée de ses

traits. Où voulez-vous que j’aille? S’il me reste une chance de

retrouver jamais mon âme, cette chance est ici. Vous ferez ce miracle

quand vous voudrez. Tout est possible à ces saintes mains.

--Ces saintes mains! murmura-t-elle en s’efforçant bravement de sourire,

bien que ses yeux fussent pleins de larmes.

Tout à coup, elle rougit fortement de nouveau, et un sentiment qui

ressemblait sans doute autant à la colère qu’à la honte gonfla ses

lèvres.

--Vous n’avez rien dit! Non, il n’est pas possible que vous ayez osé

parler. Si vous l’aviez fait, vous ne prendriez plus autant de plaisir à

me tourmenter.

--A qui aurais-je parlé? Qui donc ici saurait comprendre? Et daignez

encore me permettre: vous disiez tout à l’heure «aucune franchise ne

m’offense», je l’ai cru. Mes paroles peuvent vous déplaire, mais j’agis

avec simplicité. Ce que j’ai vu, je l’ai vu. Qu’importe si j’étais digne

de le voir ou non? Suis-je déjà réprouvé en ce monde, pour n’avoir pas

même le droit d’admirer les œuvres de Dieu? Nous autres Russes, nous

sommes des enfants.

--Dieu sait, fit-elle à voix basse, Dieu sait le mal que vous faites en

prononçant exprès son nom, à cause de moi. Les œuvres de Dieu! S’il

reste un peu de sa grâce dans votre âme baptisée, le remords devrait

maintenant vous fermer la bouche. D’ailleurs, il s’agit bien des œuvres

de Dieu! Il n’y a qu’une pauvre malade, que vous avez surprise un jour

par hasard, et que vous épiez depuis sans cesse, avec une infernale

malice, oui!... ou du moins une curiosité bien cruelle. Je ne crains pas

tant d’être ridicule! Je ferais bon marché de tout cela. Mais on a

besoin de moi ici, comprenez-vous? Je suis encore pour mon père le bon

sens, la raison, une alliée sûre. Je le sais si facile à effrayer, si

craintif! Il me croirait tout à fait folle, et il n’aurait pas tort,

sans doute... Mais vous! Vous! Quel intérêt pouvez-vous prendre à des...

des...

--Des miracles, dit-il. De vrais miracles, qui tombent de vous comme des

fleurs. Je suis un homme vil, et je ne crois nullement en Dieu. Pourquoi

néanmoins vous ai-je trouvée, cette première nuit, sans vous chercher,

pourquoi moi plutôt qu’un autre? Oui: n’importe quel autre aurait pu

aussi bien pousser la porte. Pourquoi moi? Et si les mots de sainte et

d’extase ont un sens, vous étiez cette sainte en extase.

Elle secoua la tête, découragée, mais sans colère.

--Quelle confiance puis-je avoir en vous? Les sottises que vous taisez

encore aujourd’hui, vous les direz demain, par intérêt, par vanité, ou

par le seul goût de nuire. Quelle lâcheté me pousse à vous disputer ce

misérable secret? Mieux vaudrait tout avouer, dès maintenant, si j’avais

plus de courage. Ma pauvre maman souffrait de ces crises nerveuses,

m’a-t-on dit, de celles-là, ou d’autres, qu’importe. Alors? Mais voilà,

je n’ai pas de courage, la moindre épreuve me lasse.

Elle essaya des deux mains ses yeux ruisselants de larmes, dans un geste

enfantin.

--Et puis quoi, je ne peux plus, reprit-elle, non, je ne peux plus vivre

dans cette perpétuelle contrainte. Je n’ose même plus respirer

librement. De jouer à mon insu, malgré moi, cette absurde comédie,

quelle horreur! Je ne suis pas une petite fille, je sens très bien ce

qu’un tel abus de confiance a de déshonorant pour un homme. Si vous

étiez celui que vous prétendez être, ne seriez-vous pas déjà loin d’ici?

Il la vit pâlir si fort à ces derniers mots que la compassion l’emporta

en lui un moment, et il détourna son regard par une sorte de pudeur.

--Humiliez-moi, dit-il. Évidemment, je suis un homme vil, sans mœurs,

mais je suis aussi un homme malheureux. Vous avez pitié de tout, vous

souriez à tout, même aux feuilles des arbres, même aux mouches. Et

cependant vous n’avez jamais pour moi que des paroles de mépris.

--Non pas de mépris, s’écria-t-elle. De pitié. Parce que je vous connais

menteur, et il n’y a rien que Dieu déteste autant. Oui, monsieur, je

n’ai ni expérience ni esprit, mais je sais que vous haïssez votre âme,

et que vous la tueriez, si vous pouviez.

--Elle est, en effet, un fardeau assez lourd, répliqua-t-il froidement.

Ce que j’ai vu ici depuis trois semaines m’aide néanmoins à la porter.

Il vous plaît de dire que je vous espionne. Daignez plutôt convenir que,

sans moi, ce que vous désirez tant cacher serait peut-être déjà connu.

Hier encore...

--Ce n’est pas vrai! fit-elle d’une voix tremblante. Vous voulez

seulement me faire peur.

--C’est assez, c’est bien, je me tais. J’ajouterai simplement ceci: je

ne suis après tout, dans votre maison, qu’un serviteur comme un autre.

Que votre père me chasse: un mot de vous y suffira. Les prétextes ne

manquent pas.

Elle le força de nouveau à baisser les yeux.

--Je ne suis pas capable de cela, dit-elle tristement, vous le savez.

D’ailleurs, mon père n’est pas homme à chasser qui que ce soit... Et

puis... Et puis, qui donc sans moi penserait à son repos? Le plus petit

ennui est encore trop gros pour lui. Cela aussi, vous le savez.

Son regard s’adoucit tout à coup, et il y vit monter avec surprise, ou

presque avec terreur, une malice indéfinissable, aussi étrangère que le

mot d’une langue inconnue.

--Vous vous lasserez d’attendre des miracles, dit-elle, vous vous

lasserez même d’en inventer... Vous vous lasserez de tout, même de la

peine des autres. Il me semble que le mal est beaucoup moins compliqué

que vous ne voulez croire. Ailleurs, ici, toujours, partout, il n’y eut

qu’un seul péché.

--Quel péché?

--Tenter Dieu, fit-elle. Et à quoi bon? Je pense que vous êtes bien

maladroit... Dieu regarde qui lui plaît. S’il ne vous regarde pas

encore, à quoi bon? A quoi bon le tenter?

--Je... en vérité... Je... Je n’y avais pas songé.

Il essayait de rire, bien que la même grimace douloureuse tirât

drôlement sa joue. Mais le calme était revenu sur le visage de Mlle

Chantal, et ses yeux brillaient d’une eau si pure qu’elle paraissait

n’avoir jamais été émue.

* * * * *

D’ailleurs la cuisinière entrait au même instant, portant sous son bras

une botte énorme de carottes, encore tachées de belle terre brune.

--Ah! non, s’écria la jeune fille en riant. Ah! non, Fernande. Plus de

carottes à la crème, c’est fini. Monsieur les exècre.

--J’ai pourtant présenté le menu à Monsieur, dit la rusée Normande,

aussi rose et dorée que ses carottes.

--Et il a approuvé sans lire, oh! je sais. Ma pauvre fille, faisons

notre deuil, vous et moi, de la cuisine à la crème. Il faut respecter le

goût d’autrui. Ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre peut-être?

une cuisinière de l’ancienne école!... Et d’abord, entre nous, Fernande,

n’est-ce pas?... la manière normande est parfois... un peu--comment

dirais-je--un peu naïve, un peu molle. On nous reproche d’abuser des

recettes de ménagère, cela sent sa fermière, voyez-vous. On se régale

avec ça, on ne mange pas.

--On ne mange pas... Qu’est-ce que ça peut bien faire à Monsieur, je

vous demande? Il casse une biscotte du bout des dents, puis la noie dans

un litre d’eau minérale. Et vous-même, mademoiselle! Est-il croyable

qu’une personne aussi raffinée prenne si peu son plaisir à table? Depuis

deux mois, vous vous nourrissez comme un oiseau.

--C’est que je suis plus gourmande qu’on ne pense, voilà tout.

--Gourmande! Et ces filets de sole au chambertin, vendredi dernier? Les

fameux filets de sole au chambertin! J’en ai eu les oreilles rebattues

toute une matinée. Attention à ci, attention à ça. Et puis, à peine y

avez-vous goûté... Hé bien! voulez­vous que je vous dise,

mademoiselle?...

--Ne dites rien. Mon père tient maintenant beaucoup à la réputation de

sa table, et il a bien raison. Mon Dieu, Fernande, il ne faut rien

mépriser, il faut toujours faire de son mieux. Avez-vous remarqué

combien nous sommes, combien les hommes surtout sont tristes, dès qu’ils

se taisent, dès qu’ils sont seuls? Jadis, lorsque j’étais petite,

imaginez, ma pauvre Fernande!--je pleurais quelquefois de les voir si

malheureux... Et c’est vrai qu’ils sont très malheureux, pensez donc!

Nous avons tant de désirs, et des joies de rien du tout! Alors, une

cuisinière qui a de l’amour-propre, et sait son métier, n’est pas

inutile, non! Nos bons dîners ne valent sûrement pas un sermon, mais

est-ce que cela nous regarde? A chacun son devoir d’état. Et le nôtre,

aujourd’hui, n’est pas si aisé. Onze convives ce soir, ma pauvre

Fernande, un vendredi! N’importe. Monsieur sera content, vous verrez.

Voilà notre menu: je n’y changerai plus une virgule. D’abord le potage

de carême...

--Celui-là!

--Chut! vous réussirez mieux cette fois. Et il ne faudra pas oublier les

croûtons au parmesan. Ne laissez pas refroidir tout à fait la pâte,

prenez garde, sinon elle est trop cassante et ne se taille plus: c’est

hideux! Vous devez aussi mouiller de vin blanc le beurre où cuiront vos

laitances de carpe et vos foies de raie. Assez pour le potage. Après

quoi nous aurons l’alose grillée à l’oseille, et le pâté de saumon, ce

dernier en l’honneur de Mgr Espelette, qui en raffole.

La cuisinière releva méthodiquement les manches de sa chemisette de

coton au-dessus de ses coudes et, sans quitter sa jeune maîtresse de ses

yeux vairons, elle dit simplement:

--On ne m’ôtera pas de l’idée que Mademoiselle se moque bien de ces

choses-là. Elle fait semblant.

--Semblant de quoi, Fernande?

--C’est mon idée, répéta la grosse femme en secouant la tête. D’ailleurs

la maison ne sera bientôt plus habitable, non... Que Monsieur ait le

droit de choisir son personnel, d’accord. Seulement, pourquoi s’en

va-t-il le recruter--tout de même!--dans les bureaux parisiens, plutôt

que par ici, comme feu son père? Je suis d’expérience, Mademoiselle peut

croire. J’ai été veuve deux fois, je connais la vie. Mais je ne connais

rien à ces gens-là. Tenez, celui qui sort d’ici, par exemple, hé bien!

c’est un fou, mademoiselle, un vrai fou: on devrait l’enfermer. Oh! les

belles phrases ne m’en imposent plus, pensez donc! à mon âge.

Naturellement, ils se taisent, moi présente, ils font les innocents.

J’ai l’oreille fine. On verra ici des choses extraordinaires,

mademoiselle, des choses comme on n’en voit pas dans les livres.

--Allons, Fernande, je vous en prie! dit-elle d’une voix étranglée.

Elle n’avait pu retenir un geste trop brusque d’énervement ou

d’angoisse, et restait debout, très pâle, le regard sombre, et presque

dur.

--Vous m’avez fait peur, murmura-t-elle. Je ne sais ce que j’ai. C’est

vous qui êtes folle, Fernande!

Mais la cuisinière l’observa un moment sans répondre, la tête penchée,

avec une curiosité ingénue, paysanne.

--Vous venez de me rappeler votre mère, fit-elle enfin. J’aurais juré la

voir, dans les derniers temps, pauvre Madame, si impressionnable,

bouleversée d’un rien, et toujours sa triste petite main sur son

cœur--une sainte. Votre grand’mère était haute et forte femme en ce

temps-là... Oh! la santé, on a beau dire, il n’y a que ça. La santé

vient à bout de tout.

--Vous m’appellerez pour le déjeuner, conclut Mlle Chantal. (Sa voix

tremblait encore.) Vous m’appellerez à onze heures juste.

Et elle referma la porte sans bruit.

La joie · 第 10 / 23 题