FABLE XVIII.

Le Parricide.

Un fils avait tué son père.

Ce crime affreux n'arrive guère

Chez les tigres, les ours; mais l'homme le commet.

Ce parricide eut l'art de cacher son forfait,

Nul ne le soupçonna: farouche et solitaire,

Il fuyait les humains, il vivait dans les bois,

Espérant échapper aux remords comme aux lois.

Certain jour on le vit détruire, à coups de pierre,

Un malheureux nid de moineaux.

Eh! que vous ont fait ces oiseaux?

Lui demande un passant: pourquoi tant de colère?

Ce qu'ils m'ont fait? répond le criminel:

Ces oisillons menteurs, que confonde le ciel,

Me reprochent d'avoir assassiné mon père.

Le passant le regarde: il se trouble, il pâlit,

Sur son front son crime se lit:

Conduit devant le juge, il l'avoue et l'expie.

O des vertus dernière amie,

Toi qu'on voudrait en vain éviter ou tromper,

Conscience terrible, on ne peut t'échapper!

Fables de Florian · 第 75 / 135 题