LE MINISTRE DE LA GUERRE AU MARÉCHAL MARMONT.

«Paris, le 28 mars 1814, six heures et demie du soir.

«J'ai l'honneur d'informer Votre Excellence que l'ennemi, qui est

parvenu à enlever hier la position de Meaux, se porte en forces sur

Paris, et qu'il est déjà sur Claye.

«Il est donc de la plus haute importance, monsieur le maréchal, que vous

vous rendiez en toute hâte avec vos troupes, et monsieur le duc de

Trévise avec les siennes, vers Paris, c'est-à-dire plus près de la

capitale.

«Je prie Votre Excellence de se mettre en marche sans aucun délai; et

dans le cas où, d'après les renseignements que vous pourriez avoir, vous

croiriez ne pas pouvoir vous diriger par Brie-Comte-Robert sans y

trouver des forces ennemies supérieures aux vôtres, vous vous dirigeriez

de Nangis droit sur Corbeil, pour y passer la Seine, et de là gagner les

abords de Paris.

«J'écris dans le même sens à M. le duc de Trévise, afin que vous

combiniez ensemble votre mouvement, qui exige la plus grande célérité.

«Le général Souham, à qui j'écris aussi, gardera la ligne de la Seine,

entre Montereau et Nogent, avec ses troupes, pour la communication avec

l'Empereur.

«Je vous prie, monsieur le maréchal, de me faire connaître, par le

retour du courrier, la direction que vous aurez prise, ainsi que le

moment auquel vous serez rendu près Paris.

«DUC DE FELTRE.»

«_P. S._ Nous avons reçu à quatre heures des nouvelles de l'Empereur du

26, de Saint-Dizier. Sa Majesté y avait battu complètement deux

divisions commandées par le général Wintzingerode, qui avait pris

retraite sur Bar-sur-Ornain. On avait fait deux mille prisonniers, etc.

«Le général Compans était à Ville-Parisis, à trois heures, avec presque

toutes les troupes ennemies sur les bras.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (6/9) · 第 160 / 213 题