LE DUC DE TRÉVISE AU MARÉCHAL MARMONT.

«Nangis, le 28 mars 1814.

«Mon cher maréchal, je croyais vous trouver ici, ainsi que nous en

étions convenus hier.

«Votre aide de camp vous remettra copie d'une lettre que je viens de

recevoir du ministre de la guerre. Je regrette que nous ne soyons pas

restés aujourd'hui à Provins: nous aurions pu nous jeter, en cas

d'événement, sur Nogent, sur Bray ou sur Montereau.

«Je prends le parti de rester à Nangis aujourd'hui si l'ennemi n'occupe

pas Rozoy en forces; dans ce dernier cas, je me porterai sur

Brie-Comte-Robert, et, finalement, sur Bonneuil, ayant ma gauche à la

Marne, ma droite à la Seine, pour couvrir Charenton. Cette position ne

m'offre point de chance fâcheuse si le pont de Saint-Maur est

suffisamment gardé, et je serai prévenu à temps si l'ennemi forçait le

passage de Meaux ou celui de Lagny.

«Je vous engage à faire réoccuper le pont de Nogent par les troupes du

général Souham.

«J'ai dû marcher très-lentement et faire de fréquentes haltes, à la

pointe du jour, pour rallier mille à douze cents hommes de vos troupes,

qui étaient restés en arrière. Je les ai fait passer devant les miennes.

«Je vous prie, mon cher maréchal, de me donner de vos nouvelles, et

d'agréer l'assurance de ma haute considération et de mon attachement.

«Le maréchal duc DE TRÉVISE.»

«_P. S._ dans le cas où je ne pourrais pas rester ici ce soir, je

prendrais position à Guignes.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (6/9) · 第 158 / 213 题