Reveillon, le 21 février 1814.
«Monseigneur, je viens de recevoir la lettre que vous m'avez fait
l'honneur de inscrire hier matin. Je ferai mes efforts pour me conformer
aux instructions qu'elle renferme. _Mais Sa Majesté doit juger de ce
qu'il est possible de faire avec deux mille quatre cents hommes
d'infanterie formés de quarante-sept bataillons, et neuf cents chevaux,
le tout usé par cinquante-trois jours de marche d'hiver_ et plus de...
_combats_ où ce qu'il y avait de meilleur _a péri_. J'avais espéré que
Sa Majesté daignerait _penser à moi en distribuant les nouvelles
troupes_.
«Mes rapports n'annoncent aucune force ennemie sur Étoges; il ne s'est
montré que quelques patrouilles en avant de Montmirail. D'autres
patrouilles viennent sur Montmirail de Dannery. L'ennemi n'a personne à
Sézanne, mais il a des troupes légères dans les villages en arrière; mes
patrouilles entrent plusieurs fois par jour dans Sézanne.
«Je ne me rends point à Sézanne, parce que l'ennemi paraît occuper en
force Épernay et semblerait annoncer un mouvement en suivant la Marne.
Le général Vincent a informé le général Ledru à la Ferté-sous-Jouarre,
que quatre cents cavaliers prussiens étaient venus s'établir à Piroit,
s'annonçant comme l'avant-garde d'York. Je ne crois guère à ce
mouvement, qui exigerait plus de forces qu'il n'en peut rester à
l'ennemi sur ce point; mais je ne puis me dispenser de l'observer, afin
que, s'il l'exécutait, je puisse me porter à temps sur la
Ferté-sous-Jouarre, ce que je puis faire d'ici en une marche et demie,
et en exigerait deux de Sézanne.»