LE MARÉCHAL MARMONT A NAPOLÉON.

«Fontaine-Denis, le 7 février 1811.

«Sire, je reçois à l'instant des rapports positifs et circonstanciés de

Barbonne, où nos soldats sont entrés après avoir chassé des lanciers

ennemis. L'avant-garde a été jusqu'à une demi-lieue. On n'a trouvé que

de la cavalerie, qui s'est repliée. Les habitants assurent, et un, entre

autres, parti à six heures du soir de Sézanne, qu'il n'y a dans cette

ville que sept à huit cents lanciers prussiens et point d'infanterie,

quoiqu'il y ait eu hier assez de troupes qui se soient postées en avant

dans la direction de la Ferté; mais toutes étaient de la cavalerie, à ce

qu'on assure. L'opinion des habitants de Barbonne est que la canonnade

qu'on a entendue est à peu près dans la direction d'Épernay. Le bruit du

canon a diminué, ce qui annonce qu'il s'est éloigné d'une manière

sensible.

«Tels sont, Sire, les rapports que j'ai reçus et d'après lesquels il

semblerait que les forces de l'ennemi ne sont pas encore au delà de

Sézanne. Au surplus, j'y serai demain matin de bonne heure, et j'aurai

l'honneur de vous écrire une demi-heure après mon arrivée. De Sézanne il

y a différentes directions qui rendent ce point extrêmement important.

Arrivé là, je serai en mesure d'exécuter tous les ordres que Votre

Majesté voudra me donner. J'enverrai de fortes reconnaissances sur

Montmirail, Épernay et la Ferté.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (6/9) · 第 105 / 213 题