LE MARÉCHAL MARMONT A NAPOLÉON

Fontaine-Denis, le 7 février 1814.

«Sire, j'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de

m'écrire à trois heures après midi. Quelque diligence que nous ayons

faite, je n'ai pu arriver ici qu'à plus de huit heures du soir,

c'est-à-dire à trois lieues de Sézanne.

«La masse de mes troupes est encore à deux lieues en arrière. J'ai

envoyé une forte reconnaissance sur Barbonne pour avoir des

renseignements. Elle n'est pas encore rentrée. A son retour, j'aurai

l'honneur de vous faire mon rapport, qu'un de mes aides de camp, qui a

un cheval à Villemeux, vous portera en toute diligence. Les habitants

des villages que j'ai parcourus assurent qu'il a passé hier beaucoup de

troupes, infanterie et cavalerie, à Sézanne, se portant dans la

direction de la Ferté. Ce qu'il y a de certain, c'est que, de midi à

quatre heures, on a entendu une forte canonnade de ce côté. Les rapports

sont unanimes à cet égard. Les troupes qui sont en arrière partiront

deux heures avant le jour pour me rejoindre, et je partirai à la pointe

du jour pour Sézanne.

«Le chemin, jusqu'à une grande lieue et demie en avant de Villemeux, est

une chaussée. Ensuite il est fort mauvais, cependant praticable, surtout

le jour, car les plus grandes difficultés que nous ayons éprouvées ont

été de le reconnaître à cause de l'obscurité. On marche toujours dans

des bruyères, et on peut changer de direction à chaque instant. Après

Barbonne, on trouve la chaussée.

«Nous avons trouvé à Villemeux des postes de Cosaques qui se sont

repliés devant nous.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (6/9) · 第 104 / 213 题