»Paris, le 16 janvier 1814.
«Monsieur le duc de Raguse, je viens de faire connaître à M. le maréchal
duc de Bellune que l'Empereur a été surpris qu'il ait abandonné
Saint-Nicolas et Nancy sans se battre et sans défendre la Meurthe, quand
vous avez votre corps d'armée en avant de Metz et que vous faites
occuper Pont-à-Mousson; je lui mande que le duc de Trévise est en avant
de Langres où il arrête l'ennemi; que l'on ne doit pas supposer qu'il
ait devant lui autant de forces qu'il l'annonce, puisque l'ennemi a une
grande partie de ses troupes dans l'Alsace et devant nos places, devant
Gênes et sur Bourg-en-Bresse, pour menacer Lyon. Je préviens le duc de
Bellune que la Meurthe et la Moselle forment une barrière qu'il doit
défendre, et que l'essentiel est de retarder la marche de l'ennemi
autant qu'il sera possible, et de pouvoir attendre jusqu'au 15 février;
nous aurons alors une grande armée. Concertez-vous avec le duc de
Bellune et le prince de la Moskowa.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»