«Pour le corps d'armée d'Anvers;
«Pour le duc de Tarente;
«Pour le duc de Raguse;
«Pour le duc de Bellune;
«Pour le prince de la Moskowa;
«Pour le duc de Trévise.
«L'ennemi opère par trois masses:
«1° Il ne paraît pas que celle qui déboucherait par Bréda, et que
commande le général Bulow, puisse opérer avec plus de neuf à dix mille
hommes.
«Le général Maison est en mesure de la contenir et de la battre.
«2° Le général Blücher commande toute l'armée de Silésie, c'est-à-dire
la division Saint-Priest, la division Langeron, celle d'York et celle de
Sacken.
«Obligé de laisser vingt à vingt-cinq mille hommes sur Mayence et sur le
Rhin, il ne peut pas opérer avec plus de trente mille hommes.--Il se
porte sur la Sarre, et dès lors il devra masquer Sarrelouis. S'il passe
la Sarre, et qu'il se porte sur la Moselle, il devra masquer Luxembourg,
Thionville, Marsal et Metz. Son corps sera à peine suffisant pour toutes
ces opérations.
«Le duc de Raguse doit l'observer, le contenir, manoeuvrer entre les
places; et, si, par une chance qui n'est pas présumable, il était obligé
de repasser la Moselle, il jetterait la division Durutte dans Metz et
préviendrait toujours l'ennemi sur le grand chemin de Paris.
«Dans cette supposition, le duc de Tarente, qui réunit son corps sur la
Meuse, observerait le flanc droit de l'ennemi, défendrait Liége et la
Meuse, et suivrait toujours le flanc droit de l'ennemi, de manière à ne
pas cesser de couvrir les débouchés de Paris.
«Si, au contraire, Blücher, après avoir tâté la Sarre, se porte sur la
basse Meuse pour menacer la Belgique, le duc de Tarente défendra la
Meuse et le duc de Raguse suivra le flanc gauche de l'ennemi pour
observer ses mouvements, le contenir, le retarder, lui faire le plus de
mal possible.
«3° L'armée du prince de Schwarzenberg a besoin de vingt mille hommes
pour son opération de Besançon et vingt mille hommes pour contenir la
Suisse, et de vingt à vingt-cinq mille hommes pour masquer les places
d'Alsace: elle doit être contenue par le corps du duc de Trévise à
Langres, par le corps du prince de la Moskowa sur Nancy à Épinal, et par
celui du duc de Bellune sur les Vosges. Ces trois maréchaux doivent
correspondre entre eux. On doit se réemparer des gorges des Vosges, les
barricader, et y réunir les gardes nationales, les gardes champêtres,
les gardes forestiers et les volontaires. Et, si enfin l'ennemi
pénétrait en force dans l'intérieur, les troupes doivent lui barrer le
chemin et couvrir toujours la route de la capitale, en avant de laquelle
l'Empereur réunit une armée de cent mille hommes.
«Telle est l'instruction générale pour les opérations.
«Les maréchaux peuvent faire des proclamations pour repousser les
invectives des généraux ennemis. Ils doivent faire connaître que deux
cent mille hommes de gardes nationales se sont formés en Bretagne, en
Normandie et en Picardie, et dans les environs de Paris, et qu'ils
s'avancent sur Châlons, indépendamment d'une armée de réserve de ligne
de plus de cent mille hommes; que, la paix étant faite avec le roi
Ferdinand et les insurgés d'Espagne, nos troupes d'Aragon et de
Catalogne sont en pleine marche sur Lyon, et celles de Bayonne sur
Paris; enfin prédire aux ennemis que le territoire sacré qu'ils ont
violé les consumera.
«Le prince vice-connétable, major général,
«ALEXANDRE.»